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Une éducation – Tara Westover

Merci à Netgalley et JCLattès de m’avoir permis de lire ce livre!

Ce que ça raconte :

Tara grandit dans l’Idaho, avec un père mormon, pas très net, convaincu que la fin du monde toute proche et que l’école est à la solde du gouvernement, pour les manipuler. Et toute sa famille se retrouve dans cette réalité alternative, pas d’école, pas de médecin, pas de livres autres qu’approuvé par Dieu, des habits décents et la place de la femme au second plan. Théoriquement.

Mais Tara va, petit à petit, réussir à dépasser ces limites pour acquérir une éducation. Une autre. Jusqu’à de très grandes écoles.

Tara s’en est sortie, elle nous raconte son histoire, mais à quel prix…

Ce que j’en pense :

Magistral. Je ressors de ce livre plus qu’impressionnée par la force de vie de cette femme. Par son intelligence aussi. L’intelligence formelle, celle qui lui a permis d’avoir des diplômes en ne partant de rien ou presque, mais aussi l’intelligence de son récit.

Cette façon de réussir à nous faire comprendre ce que c’est que de vivre dans cette réalité différente. Parce que son père crée cette réalité alternative, et il y emmène des tas de gens. C’est intrigant, et inquiétant sur la nature humaine.

Quand j’étais jeune j’avais adoré la petite maison dans la prairie (la suite de livres, pas la série…), j’adorais découvrir la vie de cette famille de débrouillard, leurs joies, leurs peines. Ici c’est la petite décharge dans la montagne (le père est ferrailleur), sous fond de fondamentalisme. On n’appelle pas le docteur Baker, on donne des teintures mères, de l’homéopathie dans un flacon passé cinquante fois entre deux doigts. On transforme le monde et les souvenirs à l’aune de ce qui devrait être LA Vérité.

C’est ce qui est le plus magistral dans ce livre : l’auteur se sert de ses souvenirs pour écrire, mais elle précise souvent que ce sont ses souvenirs, qu’aucun d’entre eux n’est strictement identique aux souvenirs des autres, ou à ce qui s’est passé exactement. C’est juste l’influence de l’esprit, et de l’état d’esprit sur la réalité. Elle a un recul sur sa vie, ses ressentis, fascinant.

De même, elle montre extrêmement bien le paradoxe qu’elle vit entre ces deux mondes. Comment accéder au monde moderne sans renier sa famille? Comment prendre de la latitude par rapport aux folies de ses parents sans oublier l’amour qu’il y a probablement eu? Au début de l’année dernière était sorti le livre « les loyautés » de Delphine de Vigan. Lisez celui ci, c’en est une illustration encore plus poussé.

Alors si vous avez aimé « la vraie vie » en cette fin d’année 2018, si vous avez envie de plonger dans un monde différent mais pas forcément si loin, si vous croyez que rien n’oblige à rester limiter à sa classe sociale, ce livre est pour vous. Sauf qu’au contraire de bien des livres qui racontent tout ça, ici, c’est la vraie vie. Celle de Tara Westover, sans école sans vaccin sans docteur, avec juste le Dieu de ses parents, la ferraille, la violence et la réalité alternative…

Et vous,

Ça vous tente les témoignages du genre, ou vous préférez le romanesque pur?

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On regrettera plus tard – Agnès Ledig

Après avoir lu « Juste après le bonheur » de cette auteur, j’étais hyper contrariée. Un des événements du livre m’avait totalement bloqué, douloureusement bloquée. Alors là j’étais un peu frileuse, mais on ne peut pas écrire deux fois exactement le même livre, non?

Ce que ça raconte :

Valentine est une institutrice solitaire. Eric lui voyage en roulotte avec sa fille depuis 7 ans. A la faveur d’un orage violent, Éric frappe chez Valentine. Et c’est là que tout change. Rester, partir, garder, renvoyer? Comment choisir de bousculer sa vie quand tout fonctionne à peu près depuis si longtemps?

Ce que j’en pense :

Si vous avez adoré, passez vite votre chemin. Parce que moi, je n’ai vraiment pas aimé. Alors je suis allée au bout parce que ça se lit vite (et aussi parce qu’alors que j’étais en train de me dire d’arrêter j’ai lu un avis qui disait que la fin était très émouvante). Mais je n’aurai peut être pas du.

L’écriture est simple, avec l’impression parfois qu’il faut remplir, ou faire de faux effets de style. Inutile, gardons ce genre de livres pour ce qu’ils sont, pas un exercice de style mais un roman!

Les personnages ne me sont pas sympathiques. Mais alors pas du tout. A part la petite histoire de Suzanne (on fait un saut arrière dans les années 40 pendant quelques chapitres), je n’avais pas vraiment envie d’en savoir plus. Mais ça c’est très personnel, c’est comme dans la vie, nous ne nous apprécions pas tous. Après, en dehors du fait qu’ils ne me soient pas sympathiques, je leur reproche aussi leur manque de profondeur. Tout le long du livre l’autrice revient encore et encore sur les mêmes traits de personnalités. J’aurais préféré que ça arrive petit à petit, que ça se complète, mais pas du tout.

Ensuite, je n’ai pas du tout compris l’intérêt d’un autre personnage, Gaël, le meilleur ami de l’héroïne. Je ne comprends pas ce qu’il apporte à l’histoire, je ne comprends pas cette vision de l’adultère. 300 pages de « elle m’aime plus je l’aime peut-être mais j’aime ma femme et je ne sais pas quoi faaaiiirrreee » (ceci est un bruit de sanglot de lamentations). Mais bon, je suppose que quand on s’attache aux personnages on trouve ça plus sympa?

Enfin, j’ai détesté les grands moments donneurs de leçons. 4 pages sur « les instits ça bosse ça passe pas son temps en vacances », des paragraphes sur « les psy c’est bien », le moment « si t’as du mal dans ta vie c’est sûrement à cause de tes ancêtres », etc. Théoriquement quand je lis un roman c’est pas pour lire des laïus sur des sujets du genre, je veux m’évader, vivre autre chose.

Je vous avais prévenu de fuir si vous aviez aimé, toutes mes excuses!

Et vous,

Vous l’avez lu? Et sa suite? Si oui, vous pouvez me faire un résumé de celle ci, voir si je loupe vraiment quelque chose…

Témoignage

Comme à la guerre – Julien Blanc-Gras

Un livre que j’avais repéré sur instagram, et donc je remercie grandement Netgalley et Stock de m’avoir permis de le lire et donner mon avis!

Ce que ça raconte :

Paris et le monde s’arrête : des terroristes ont tué des dessinateurs. Mais l’auteur lui, voit le monde commencer, avec son fils, de quelques mois. Alors il raconte, la vie d’un nouveau parent, la vie d’un parisien qui mois après mois, voire années après années, apprivoise cette nouvelle vie avec son risque d’attentats, et en parallèle, il nous raconte ses grands-pères, qui ont vécu la guerre 39-45. Mais à la guerre comme à la guerre, la vie continue toujours, non?

Ce que j’en pense :

On pourrait résumer ce livre en quelques mots : « avoir un gosse c’est cool, la guerre c’est nul et les terroristes sont des cons ».

Et donc voilà pourquoi moi j’écris pas de livres…

Plus sérieusement, j’ai beaucoup apprécié ce témoignage, plein d’humour et c’est pas facile de faire de l’humour avec plein de morts. Et pas morbide, juste une façon de continuer à prendre de la distance. Je m’y suis beaucoup retrouvée. Bien sûr dans les moments où il parle de son fils, mais aussi comment il affronte, comment la France affronte cette nouvelle donnée dans sa vie.

Alors oui c’est un témoignage, ça pourrait être un billet de blog géant, si on retire les passages sur ses grands pères. Mais d’un autre côté, si les réseaux sociaux fonctionnent si bien, c’est aussi parce qu’on est content de lire ce qu’on vit un peu, écrit par d’autres non? Et quand l’autre est talentueux, autant se faire plaisir!

Je ne connaissais pas cet auteur, mais maintenant que c’est le cas, j’ai noté quelques autres écrits qu’il a produit à feuilleter!

Et vous,

Vous le connaissiez? Un voyageur plein d’humour de ce que j’en ai compris?

Romans

Jamais deux sans toi – Jojo Moyes

J’avais lu « avant toi », comme tout le monde je crois, et j’avais trouvé ça plutôt sympa (mais triste) (mais sympa)(mais super triste quand même…), alors pourquoi pas en tenter un autre?

Ce que ça raconte :

Jess est dans la difficulté. Sa fille est un génie des maths à qui il manque un peu d’argent pour aller dans une école qui lui conviendrait, son fils, enfin beau fils, est différent et se fait taper dessus, et elle galère avec ses deux boulots, donc un de femme de ménage.

Ménage qu’elle fait chez Ed, qui pourrait avoir tout réussi. Jusqu’à ce qu’une erreur le conduise devant les tribunaux.

Ces deux là vont se retrouver à traverser l’Angleterre pour trouver une solution à leur problème. Et si cette solution n’était pas si loin?

Ce que j’en pense :

Quel excellent moment j’ai passé avec cette drôle de famille! Des moments de rire, des moments d’émotions, des moments de colère (mais quel empafé cet ex! Je n’en dirais pas plus, mais quand vous l’aurez lu vous comprendrez…)

C’est un roman sympathique, exactement ce que l’on attend si on veut partir ailleurs pendant quelques heures, si on veut des personnages attachants, si on veut un monde plus sympa. J’ai du mal à vous en dire plus, parce que bien sûr on ne goûtera pas dans ce livre à chaque mot employé, à une syntaxe surprenante, bien sûr les personnages sont un peu caricaturaux parfois, bien sûr il n’y aura pas d’énormes révélations pendant la lecture, mais est ce vraiment ce que l’on souhaite à chaque lecture. Parfois on veut juste un bon roman pas trop surprenant, qui contient exactement ce qu’il dit contenir. Et bien c’est ça. Et qu’est ce que c’est agréable!

Bien plus qu »avant toi », le livre le plus connu de cette autrice. Oh il était très bien celui là aussi, mais on en sortait pas forcément avec le sourire, n’est ce pas?

Et vous,

Vous préférez la surprise dans la lecture, ou parfois, consommer exactement ce qu’on vous a vendu, comme moi ça vous repose?

Romans

Auprès de moi toujours – Kazuo Ishiguro

Celui là est depuis quelques temps dans mon kindle, et j’avoue que je l’ai commencé sans avoir aucune idée du sujet du livre. J’aime bien me faire des petites blagues du genre, ah ah…

Ce que ça raconte :

Kathy est une accompagnante. Et elle va nous accompagner dans son histoire, à Heilsham d’abord, ce « pensionnat » réservé aux enfants particuliers, et puis dans la suite de sa vie, avec ses deux camarades Ruth et Tommie, sur le chemin de la suite de leur vie, consacrée aux dons. Mais quel don?

Ce que j’en pense :

Ne connaissant pas le sujet du livre, j’ai du m’adapter immédiatement à l’univers. Un univers semblable au nôtre à bien des niveaux, l’Angleterre, un pensionnat, des élèves, des professeurs, mais dissemblable aussi : ces élèves sont spéciaux, on les forme pour quelque chose de spécial. Je n’en dirais pas plus parce que j’ai beaucoup aimé découvrir peu à peu le fin mot de l’histoire. C’est une sorte de dystopie voyez-vous, mais qui avance cachée, que l’on découvre comme le personnage principal qui nous raconte son histoire.

L’écriture est très sympathique. Au début, n’ayant lu que le nom de l’auteur et étant bourrée de préjugés (oui, j’ai honte), je croyais que j’allais y retrouver une écriture « japonaise ». Non pas parce que c’est un style en temps que tel, mais parce que souvent le fait décrire dans une langue donne un style particulier, et le fait de traduire ensuite aussi ( ça n’est pas pour rien que certains auteurs anglophones écrivent en anglais par exemple.) Mais pas du tout, l’auteur est arrivé en Angleterre très jeune, et il a une écriture plus anglaise. Ca se lit tout seul, Kathy nous raconte son histoire et peu à peu on veut en savoir plus, qu’elle nous raconte plus vite, qu’elle réponde à nos questions. Cela la rend vivante, c’est un livre vivant.

Pour l’histoire, bien sûr il faut être capable de rentrer dans cette époque un tout petit peu différente de la nôtre, mais on s’y fait bien. Et puis ce « tout petit peu » différent est assez raisonnable, vous verrez, qui sait, risque-t-on d’y être un jour?

J’ai donc vraiment apprécié ce livre que je lisais sans aucun a priori (à part le nom de l’auteur oui bon d’accord), et je vous conseille d’aller y passer quelques heures. Ca ne rends pas plus heureux de le lire, mais cette évasion est vraiment curieuse!

Et vous,

Vous l’avez lu? Si oui vous allez peut être pouvoir m’aider. Ce livre m’en rappelle un autre, ou un film je ne sais pas, mais je n’arrive pas à remettre l’esprit dessus. Si vous aussi cela vous a fait penser à quelque chose dites le moi! ( Ne me parlez pas du film du même nom adapté avec Keira Knightley, ça c’est sûr je ne l’ai pas vu…)

 

Romans

Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives

Mon second cadeau de Noël, que j’avais repéré il y a quelque temps. Et bien le père Noël a eu la main heureuse!

Ce que ça raconte :

Mère célibataire d’un fils de deux ans, elle explose. Le quotidien est trop lourd, la maternité est tellement lourde aussi. Alors, parfois, elle part, quand le petit dort, 20 minutes, la nuit, dans les rues de Lyon. Mais 20 minutes, c’est court, pourquoi pas plus?

Ce que j’en pense :

Cette tranche de vie résonne tellement avec chaque mère. Bien sûr toutes les mères ne se sauvent pas la nuit en laissant l’enfant si petit dormir. Mais laquelle n’a jamais pensé à 20 minutes sans rien, sans personne à qui penser? Ces quelques minutes, ces quelques heures où l’on ne pensera pas à l’enfant, à son repas à ses jouets à ranger aux visites médicales à la crèche au bain au course aux impôts à l’argent?

On parle beaucoup de la charge mentale en ce moment, et du burn out maternel. Ce livre en est l’illustration parfaite. Pourquoi alors lire un livre qui raconte ce qui se vit déjà? Parce qu’il est bien écrit. Parce que ça reste romancé, et parce que même si des détails créent l’illusion du réel, on plonge quand même dans cette autre vie.

Je vous avoue que j’ai passé le livre à me dire « ah oui parfois c’est tellement ça! » (Mention pour les passages où l’auteure écrit des messages de forum.), et le reste du temps à me dire « j’aimerai tellement aider cette femme » (mon syndrome de j’aimerai bien sauver le monde entier voyez vous).

Alors je ne l’aiderai pas, c’est un personnage de Roman qui a sa propre vie, mais si vous avez envie de plonger quelques heures dans ce livre, et vous interroger vous aussi sur la solitude de la maternité, allez y. Peut être tiendrez vous jusqu’à l’aube à sa place?

Et vous,

Vous aimez lire des livres qui vous font penser à votre vie? (Nb : en partie hein, perso je ne pars pas la nuit sans les enfants. De toute façon j’habite à la campagne et j’ai peur du noir 😅)

Romans

A ce stade de la nuit – Maylis de Kerangal

Parce que j’ai eu du mal avec « Réparer les vivants » mais que je ne voulais pas rester sur une mauvaise impression d’une auteure que beaucoup adorent, j’en ai tenter un autre…

Ce que ça raconte :

Elle entend à la radio les informations sur le naufrage de Lampedusa. 300 morts, migrants, noyés. Et son esprit vagabonde à travers le mot Lampedusa, à travers ses souvenirs, à travers son ressenti.

Ce que j’en pense :

Je crois que l’esprit de Maylis de Kerangal et le mien ne se rencontreront jamais. J’ai tout à fait compris l’intérêt du livre, ce qu’elle cherchait à y mettre. Mais je passe à travers, comme j’étais passée à travers réparer les vivants.

Déjà il faut dire que ce livre est une commande pour les rencontres littéraires en pays de Savoie. D’où la taille extrêmement réduite de ce livre, 80 pages tout au plus. Heureusement pour moi, parce que ça a été… compliqué. Pourtant on n’y retrouve pas ce que je reprochais à « réparer les vivants », à savoir cette suite de virgule point virgule comme si le point coûtait trop cher, ces mots accolés les uns aux autres pas toujours très clairement. Ici les phrases sont construites de façon cohérentes, c’est plutôt les idées qui partent dans tous les sens. J’ai bien compris que c’était le propos du livre, mais le mien de cerveau n’a pas ce cheminement du tout!

J’ai pourtant apprécié tout les débuts de chapitre. Tout les stades de cette nuit. Mais je n’ai pas compris où l’auteure voulait nous emmener. Je ne suis pas partie. Je suis restée bloquée à Lampedusa, me rappelant la catastrophe, et peu m’importe Burt Lancaster, peu m’importe ses voyages dans les îles éoliennes.

Cette commande était à l’origine à tirage limité. Elle aurait dû se limiter à m’éviter soigneusement, j’ai l’impression d’avoir gâché un moment que je ne peux pas apprécier. Je ne lirais plus d’autres livres de cette auteure, vraiment, elle et moi sommes trop dissemblables. Mais je comprends que d’autres puissent apprécier…

Et vous,

Il y a des auteurs que vous jugez inaccessibles pour vous?