Roman historique·Romans

La sage-femme des Appalaches – Patricia Harman

Quand tu tombes par hasard sur des tas de livres intéressants Noz, tu es obligée de les acheter, n’est-ce pas?

Ce que ça raconte :

Patience Murphy, la trentaine, est seule, au milieu des Appalaches, pour exercer son métier de sage-femme. Métier qu’elle a appris sur le tas, et qui l’aide, autant que faire se peut, à survivre après ses multiples vie. Parce qu’on est en 1929. Et l’Amérique s’est effondrée.

Ce que j’en pense :

Vous aviez adoré « Call the midwife »? Vous adorerez cette histoire transposée à l’Amérique profonde de 1929. Ponctuée de récit de naissance pour les curieux, nous suivons Patience, qui se retrouve, alors même qu’elle essaie d’échapper à tout ça, en plein cœur de la société de ces années là. Le racisme, la pauvreté, la prohibition, les révoltes ouvrières, l’accès aux soins déplorables, tout est là.

Cette femme seule a tout vécu, ou presque, et s’en est relevée, toujours. Comme bien du monde autour d’elle. Certains lisent des livres de développement personnel pour retrouver du courage, moi je préfère ce genre de livres, avec des héroïnes qui, même après avoir vécu le pire, se relèvent. Un peu abîmées, parfois même presque détruites, mais elles se relèvent, et reprennent leur avancée dans le monde.

Pour ajouter à cette histoire très intéressante, l’autrice est elle-même sage-femme, un petit plus quant au réalisme. (Bon, à part au moment de la mise bas de chiots, mais après tout, elle est sage-femme pour femme, pas vétérinaire…).

J’ajouterai tout de même un petit bémol, moi qui suis un peu pinailleuse parfois (oui, je sais). La traduction. Pas mauvaise, je suppose que le récit original est tellement agréable à lire que la traduction s’en ressent, mais pourquoi choisir de traduire « castor oil » par « huile de castor », alors qu’en France nous disons préférentiellement « huile de ricin »?

Voilà, c’était ma contrariété du jour, ce qui vous laisse imaginer à quel point j’ai apprécié cette lecture, si je ne trouve que ça à redire!

Et vous,

Pinailleur, ou peu importe? (Vous ne devez pas l’être tant que ça étant donné le nombre de faute d’orthographe qui peut m’échapper les jours de fatigue et de non relecture!)

Informations :

Parution : août 2018

Éditions : charleston

544 pages

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Roman historique·Romance·Romans·Service presse

La prisonnière de la mer – Elisa Sebbel

Je vous ai déjà fait part de mon inculture totale côté histoire de France. Mais alors là, vous allez voir que ça dépasse même les frontières françaises…

Ce que ça raconte :

1809. 5000 prisonniers espérant être rapatriés en France après les batailles napoléoniennes se retrouvent exilés sur l’île de Cabréra au large de l’Espagne. 5000 hommes, et 21 femmes. Dont Héloïse, 18 ans, veuve, une des quelques cantinières prisonnières. Comment s’en sortir au milieu de ces hommes, et de cette île isolée?

Ce que j’en pense :

Au premier abord, je me suis dit que j’allais être perdue : je ne connais pas l’histoire Napoléonienne, mise à part le coin de la Bérézina parce que j’y suis déjà allée. Mais après avoir lu les premières pages, peu importe. Je voulais savoir ce qu’il allait advenir d’Héloïse et de ses compagnons. Quitte à passer quelques heures sur Google pour me mettre à jour sur l’histoire!

Parce que oui, cette petite histoire d’Héloïse recoupe la grande Histoire de ces guerres, de ces traités non respectés quant aux prisonniers et surtout aux prisonnières de guerre. C’est un livre fouillé. Cohérent. Parce que l’autrice a elle-même découvert cette histoire de femmes, parce que l’on sent que c’est devenu un intérêt essentiel pour elle que de savoir où, pourquoi et comment. Et l’on se retrouve embarquée là dedans, à vivre au rythme de cette vie insulaire et violente. Bien sûr, si vous n’êtes pas comme moi, vous pouvez vous contenter de vous plonger dans l’histoire fantastique de cette femme forte, courageuse et pleine de ressources malgré son jeune âge.

Mais si vous êtes comme moi je vous préviens : bien sûr vous allez adorer l’histoire d’Héloïse, vous allez vous inquiéter pour elle, vous interroger, souffrir avec elle par moment aussi. Mais il y aura tout le reste : les recherches sur la vie au début du XIXème siècle. L’existence des cantinières. La vie au combat. Le concordat. La médecine de l’époque. Et même les récitations de prière de l’époque.

Je vous préviens donc, c’est un de ces livres avec plusieurs niveaux. Soit vous vous intéressez uniquement à la petite histoire, soit vous allez passer autant de temps à lire qu’à chercher. Mais qu’est-ce que c’est intéressant!

Maintenant j’attend la suite de l’histoire avec impatience, j’ai encore toute une culture à compléter!

Et vous,

Vous aimez vous perdre dans la culture après avoir lu un roman?

Informations :

Parution : 30 janvier 2019

Éditions : Mazarine

304 pages

Un énorme merci à Elisa Sebbel et aux Éditions Mazarine!

Romans·Service presse

Malgré nous – Claire Norton

 » Attention roman addictif ». C’est presque inquiétant, non?

Ce que ça raconte :

Maxime, Julien et Théo se découvrent en colonie, en 1988. Un terrible incendie se déclare, et grâce à la présence d’esprit de Théo, ils s’en sortent. C’est là que débute une amitié indestructible. Quelques années plus tard, dans leur vie d’adulte, ils sont toujours là. Et encore plus lorsque la femme de Théo disparaît. Mais a-t-elle vraiment disparu?

Ce que j’en pense :

Je n’aime pas trop d’habitude lorsque le bandeau de la couverture me force à ressentir quelque chose pour un livre. Je suis encore libre de mes ressentis, non? Mais il se trouve que dans ce cas, c’est vrai, je l’ai trouvé addictif. Ce qui commence comme une banale histoire d’amitié se transforme en grande histoire mystérieuse. On sait bien qu’il y a un truc, on le sent bien venir, mais on veut en être sûr. Jusqu’au point où l’on ne lâche plus ce livre avant la fin.

Je dois tout de même vous l’avouer, j’ai pensé au truc avec le héros de l’histoire. Mais ça ne m’a pas empêchée de continuer pour savoir comment les choses allaient se résoudre. Et je n’en ai pas été déçue, vous pouvez donc sereinement vous lancer dans ce livre du début à la fin.

Et puis, c’est un parfait livre d’été, un peu de suspens, d’émotion, d’humour, une belle histoire d’amitié (parfois un peu trop…), et un sujet abordé très correctement : le burn-out. Parce que malgré le fait que ce soit une histoire d’amitié, ce point de départ de l’histoire est vraiment très bien abordé, en dehors même de tout considération romanesque. C’est un petit plus pour ce livre très agréable, auquel je ne pensais pas particulièrement accrocher au premier abord. Je vous l’ai dit, je n’aime pas qu’on me force la main!

Et vous,

Les obligations générées par les bandeaux sur les livres, vous en pensez quoi?

Informations :

Parution : 6 juin 2019

Editions : Robert Laffont

408 pages

Merci aux éditions Robert Laffont et à Netgalley!

Romans

Rien d’autre sur Terre – Connor O’Callaghan

J’avais repéré ce livre dans un magazine Lire, il y a déjà quelques mois. Mais le temps de m’y mettre…

Ce que ça raconte :

Une fillette de 12 ans frappe à la porte d’un prêtre. Après sa mère, et sa tante, voilà que son père a disparu. Mais que se passe-t-il vraiment dans ce petit coin d’Irlande?

Ce que j’en pense :

Un texte étrange. Une écriture étrange. Une histoire étrange. Et pourtant, on y tombe tellement profondément qu’on veut savoir, nous aussi, ce qu’il en est. Pour cette fillette, pour cette famille, pour cette ville, pour ce prêtre aussi.

C’est un livre de sensation, plus qu’un livre de récit. Tout nous sera dit, mais rien aussi peut-être. Tout sera vécu, mais dans quelle réalité? Ce roman, mi-enquête mi-tranche de vie me rappelle sur beaucoup de points « Lolita », de Nabokov. Je ne peux même pas vous dire pourquoi, peut-être les souvenirs que j’ai du début de ce livre qui se colle dans l’ambiance à celui-ci. Je ne parle absolument pas de l’histoire, juste la sensation moite et collante que j’en retire. Ce flou, et cette poésie.

Vous ne saurez rien ou peut-être tout, mais un peu comme de la sueur sur votre peau, vous resterez un moment avec ce livre qui vous colle. Ce genre de livre qui, parce qu’il dit tout et rien, vous entraine à construire le reste dans votre esprit dès les dernières lignes lues…

Et vous,

Vous aimez quand un livre vous suit un instant voire un long moment après sa lecture?

Informations :

Parution : septembre 2018

Éditions : Sabine Wespierser

272 pages

Romans

Dans la forêt – Jean Hegland

Parfois y’a des modes sur Instagram, tu te dis qu’elles sont sur vendues. Et puis parfois, y’a des modes comme celle de lire ce livre là…

Ce que ça raconte :

Les Etats-Unis se retrouve à l’état de rien : plus d’électricité, de travail, de police, d’hôpitaux, de ravitaillement. Nell et Eva, 17 et 18 ans, se retrouvent seules, dans leur maison au milieu de la forêt, et vont devoir apprendre à traverser ce désastre…

Ce que j’en pense :

Deux sentiments opposés m’ont suivi tout le long de cette lecture : « Mon Dieu ça pourrait nous arriver » et « on pourrait s’en sortir, il faut que je me renseigne sur le goût des glands ».

Parce que c’est ça ce livre. Tellement bien écrit qu’on se plonge dedans sans attendre, et même sans savoir vraiment où l’on va. Tellement bien raconté que ce futur proche – publié en 1996, on doit pas en être loin 20 ans plus tard – ressemble à ce qu’on pourrait craindre. Imaginez que j’en suis à m’inquiéter lors de micro coupures d’électricité… Mais tellement bien documenté qu’on se prend à se penser survivaliste, maîtrisant la nature et les éléments.

On a beaucoup parlé l’an dernier de « My absolute Darling » de Gabriel Tallent. Sur certains points, ces livres se ressemblent. L’ode à la nature, la découverte de la bassesse du genre humain, par exemple. Mais celui là est tellement plus. C’est aussi une ode à la force des femmes.

Lisez-le dès que possible, si vous ne l’avez pas encore fait. Mais méfiez-vous, vous pourriez vous mettre ensuite à préparer des bocaux de tout et n’importe quoi, et à entasser les sacs de riz. Voire à rêver d’une vraie liberté…

Et vous,

Il y a des livres qui vous font vous questionner sur votre vie actuelle?

Informations :

Parution : janvier 2017

Éditions : Gallmeister

304 pages

Romans

Caresse de rouge – Eric Fottorino

Parce qu’on me l’avait conseillé après que j’ai lu « 17 ans », et que souvent les conseils sont bons…

Ce que ça raconte :

Un père. Qui raconte sa paternité, étrange, et puis la disparition.

Ce que j’en pense :

Un journaliste, écrivain, qui avait si joliment écrit sa mère, je n’en attendais que du bien. Et là, rien. Néant. Une écriture plate, simple, une histoire sans relief, un ennui qui se profilait. Et puis pour rajouter à tout ça, un drame, énorme drame, celui que je déteste le plus dans les livres, et qui m’oblige à prendre une distance émotionnelle totale pour me protéger. J’ai cru que j’allais devoir fermer ce livre inutile. 100 premières pages de ce style sur un livre de 200, aucun intérêt.

Et puis, petit à petit, apparaît un léger retournement de situation. Minime, puis de plus en plus gros, puis de plus en plus inquiétant, intrigant. Ca m’a rappelé « Sueurs froides », de Boileau Narcejac, où tu te rends compte que ce récit tout simple sans intérêt est en fait un récit magistral où en quelques instants, alors même que le livre s’approche de la fin, tout se met en place, tout évolue, tout change de sens. Plus rien n’importe, que ce soit les phrases courtes, le vocabulaire simpliste, la platitude du ton, plus rien n’importe que l’histoire.

Une belle réussite que ce livre, où rien n’est joué d’avance. A condition de s’accrocher les 100 premières pages!

Et vous,

Des livres qui vous ont déçus puis réjouis dans le même temps? Que vous vous félicitez de ne pas avoir refermés sans autre cérémonie?

 

Informations :

Parution : Août 2005

Editions : Folio

196 pages

Romans·Service presse

En théorie tout va bien – Sarah Bussy

Parce que les poissons sur la couverture sont intrigants, il fallait que j’en sache plus, ne croyez vous pas?

Ce que ça raconte :

L’enfance dans les années 90, l’adolescence dans les années 2000, et l’âge adulte, enfin, accrochées par un secret de famille, destructeur, comme beaucoup. Cassis traverse ce monde en tenant tant bien que mal le cap entre son père, sa mère, son frère, et cet énorme secret, trop tôt ou trop tard dévoilé…

Ce que j’en pense :

J’ai une tendresse particulière pour ce roman. Parce qu’il fait partie de ces romans où l’on se demande ce qui est de la réalité et ce qui est de la fiction. Parce que parfois presque on oublie que l’autrice nous raconte une histoire, qui n’est pas forcément son histoire. Et pour un premier roman, conserver l’anicroche dans le fond de l’histoire et jamais dans la forme, c’est une belle réussite.

Cette écriture, c’est un de trois points qui m’a totalement convaincue. Maîtrisée, mature, soutenue, et pourtant pas étrange lorsque les personnages s’expriment. Il n’y a pas ce raté régulier de l’auteur qui tente de faire parler un enfant comme aucun enfant ne parle. Et puis parfois il y a ces éclats, ces quelques mots, ces toutes petites phrases qui vous retourne le cœur et le cerveau.

Le deuxième point, c’est l’époque. J’ai lu que l’autrice avait à peu près mon âge, et je crois qu’elle se sert de nos souvenirs de jeunesse pour écrire. Parce que tout ça, c’est moi. Il ne manquait plus que les fiches starclub et Cassis c’était mes 8 ans, mes 13 ans, mes 17 ans etc. Peut être que c’est ainsi que l’on se rend compte qu’on vieillit : quand on lit avec tendresse et nostalgie la vie qu’on a presque vécue?

Et enfin, ce secret de famille. Central. Principal. Qui modifie tout, du début à la fin, qu’il soit caché ou révélé. Et cette sensation amère de l’échec. Il est des livres que l’on lit le sourire aux lèvres, d’autres les larmes au coin des yeux. Celui ci se lit avec le rictus de l’amertume, les sourcils de l’espoir. Un livre aigre doux. Et c’est tellement rare qu’il faut le lire, rien que pour ça.

Et vous,

Vous êtes sensible aux ambiances de lecture?

Informations :

Parution : 29 mai 2019

Éditions : Jc Lattès

250 pages

Merci JC Lattès et Netgalley!