Romans·Service presse

L’âme du violon – Marie Charvet

Pour une fois, un livre que j’étais impatiente de lire dès que la maison d’édition en a parlé!

Ce que ça raconte :

Giuseppe est luthier pour le maître Maggini, en Italie il y a fort longtemps. Lazlo est fils du voyage, musicien, vers 1920. Lucie est artiste en difficulté, de nos jours. Et Charles est un PDG à qui tout réussi mais qui a perdu l’étincelle que lui procurait la musique. Et il y a le violon…

Ce que j’en pense :

Beaucoup ont encensé « la tresse »de Laëtitia Colombani, ces derniers temps, ce livre est un peu construit de la même manière. En plus complet, parce que je trouvais que l’autre était vraiment…léger.

L’ennui est que j’ai eu un peu de mal à me situer sur quelques chapitres, entre ces personnages et époques différentes. Mais c’est parce que je l’ai lu en plusieurs fois, ce qui m’arrivent rarement comme vous avez pu le remarquer. Une fois que j’étais dedans, j’avais très envie de savoir ce qui allait arriver aux différents personnages, et puis, surtout, quel était réellement le lien entre tous. Étrangement, ce lien devient totalement secondaire au fil de l’histoire, on est heureux d’avoir une réponse à nos questions, mais ça n’est pas une grande révélation, juste la dernière pièce du puzzle qui permet de se dire « ah, tiens? Il est fini! », et c’est bien agréable.

En revanche, alors que ça m’arrive rarement, je trouve qu’on ressent que ce livre est un premier roman. Je ne dirais pas que l’autrice utilise de grosses ficelles ni qu’il y a de grandes maladresses, absolument pas, il est bien écrit. Mais on sent aussi une marge de progression, et je pense que le second sera encore meilleur. C’est une bonne nouvelle, parce qu’écrire un chef d’œuvre du premier coup tue parfois l’ambition dans l’œuf. Là, un premier roman maîtrisé, c’est la porte ouverte à d’autres histoires, et je n’attend que ça!

Et vous,

Vous y faites attention, à ces histoires de premier roman?

Informations :

Parution : 3 avril 2019

Éditions : Grasset

Nombre de pages : 272p.

Merci Grasset et Netgalley!

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développement personnel·Romans

Félix et la source invisible – Eric-Emmanuel Schmitt

Autant prévenir tout de suite je ne suis pas très au fait de cet auteur dont je n’avais lu jusqu’à présent qu' »Oscar et la dame rose ».

Ce que ça raconte :

Félix, 12 ans, vit heureux avec sa mère, propriétaire d’un café à Paris. Jusqu’à ce que celle-ci s’absente d’elle-même. Comment la faire redevenir elle? Grâce aux marabouts? Ou faudra-t-il retourner sur ces racines africaines?

Ce que j’en pense :

D’après ce que j’ai lu, ce livre fait partie d’une série de courts romans qui explorent la spiritualité. Celui ci se consacre donc à l’animisme.

J’ai donc eu du mal sachant ça à savoir par quel bout prendre ce livre. C’est un gentil roman, très agréable à lire, à lire très vite d’ailleurs puisqu’il ne recèle aucune difficulté ni dans l’écriture ni dans l’histoire. C’est d’ailleurs pour ça que je l’avais choisi après avoir lu l’extrait publié dans le magazine « Lire », il paraissait être agréable et plein d’humour. C’est le cas. Peut être très caricatural parfois, sur les personnages, sur le déroulement, mais je dirais que c’est voulu, une sorte de conte philosophique qui met l’histoire à son service

Le problème c’est la dimension « réflexion sur la spiritualité ». Bien sûr c’est intéressant de se pencher sur cet animisme, sur la présence d’une âme dans toute chose, mais j’aurai aimé un peu plus. J’ai aimé rire au début, j’ai aimé ces « marabouts ficelles » qui te détroussent te faisant croire qu’ils peuvent tout et n’importe quoi, et surtout n’importe quoi. Mais tout le passage en Afrique est tellement court, comme si l’histoire s’arrêtait alors qu’elle commençait à peine. Mais ça aussi, j’ai bien l’impression que c’est un choix de l’auteur. Je ne pourrais donc pas le lui reproché si c’est une démarche de cycle.

Malgré tout voilà, je vous le conseille, à condition de ne pas chercher à l’intérieur ce qu’il n’est pas : ça n’est pas un roman ardu, intense, rempli de recherche et de référence difficilement accessibles. C’est un aimable roman agréable, qui, si vous le souhaitez, peut vous amener à vous poser quelques questions sur votre vision des choses. Si vous le souhaitez seulement, vous ne l’abimerez pas à ne pas le faire!

Et vous,

Vous avez lu des livres de ce cycle? Un à conseiller plus que d’autres?

Informations :

Parution : 2 janvier 2019

Éditions : Albin Michel

Nombre de pages : 234p.

Romans·Service presse

Le rêve de l’Okapi – Mariana Leky

L’okapi, une bestiole au moins aussi fascinante que les ornithorynques, vous ne trouvez pas?

Ce que ça raconte :

Selma a rêvé d’un okapi. Et quand Selma rêve d’un okapi, quelqu’un du village meurt dans la journée. L’occasion de croiser des personnages tout aussi loufoques les uns que les autres, et pourtant terriblement émouvant.

Ce que j’en pense :

Ce livre est un okapi. Un truc dont on est pas trop sûr qu’il puisse exister vraiment. Un mélange de rire et de larmes, de réalité et d’impossibilité, de perte et de retour, de voyages immobiles et de casaniers voyageurs. Des mots durs tout en poésie, des sentiments que tout le monde connaît mais dont on ne parle jamais…

J’ai adoré ce livre. Pas tout de suite, au début je n’en voyais pas l’intérêt, impossible de tout rassembler, je me doutais que quelque chose se passerait, mais quoi, et quand? Et puis cet okapi, quel rapport, toute cette présentation pour nous dire que quelqu’un va mourir et rien ne se passe? Mais si. Quelque chose se passe. Et tout, absolument tout se transforme. Les choses trouvent leur place. La vie, aussi dure qu’elle soit, se retrouve transformée par cette poésie loufoque.

Les dialogues sont d’une géniale absurdité, et pourtant ils disent tout. Les personnages font des choix étranges, et pourtant, cela fonctionne, tous nous deviennent sympathiques. Vous n’imaginez même pas le nombre de fois où, pendant ma lecture, j’ai eu envie de poser ma main sur l’épaule de l’un ou de l’autre, juste comme ça…

Un okapi, vous dis-je, à cheval sur tout les styles, et pourtant absolument convaincant, et qui devrait vous donner envie de partir quelques heures à leur côté…

Et vous,

Les okapis, vous connaissiez?

Informations :

Parution: 24 avril 2019

Éditions : JC Lattès

Nombre de pages : 355p.

Merci aux éditions JC Lattès et à Netgalley!

Autobiographie·Romans

Une femme – Annie Ernaux

Oui je l’avoue, je n’avais jamais lu aucun livre de cette autrice, et je ne commence pas par le plus connu ni le plus encensé ( pour info, c’est « les années ». Que je lirais si je le trouve à la bibliothèque…)

Ce que ça raconte :

Sa mère meurt, âgée, démente, et pourtant, avec un peu de surprise. L’occasion de revenir sur sa vie, avec ce deuil qui se fait en parallèle…

Ce que j’en pense :

Dès les premiers mots, dès les premières phrases, j’ai accroché à cette écriture. Simple, qu’elle voudrait neutre, et pourtant tellement poétique et émouvante. Ces quelques phrases, à peine une centaine de pages, qui nous font remonter toute l’histoire de cette fille d’ouvrier qui voudra toute sa vie échapper à sa condition, en devenant commerçante puis en investissant dans les études de sa fille – et quelle fille!- nous émeuve. L’autrice défend une démarche sociologique dans son écriture.

Étrangement, elle écrit des livres autobiographiques pour en faire un tout, qui parlera du monde, à tous. Et c’est formidablement bien réussi dans ce cas. Je disais que ma lecture précédente ne me parlait pas, trop éloignée de moi. Celle-ci, c’est moi, c’est nous. C’est la souffrance d’une perte, la souffrance de la personne âgée, c’est l’envie de fuir son monde tout en y restant, c’est l’alcool, les non-dits, et l’amour qui fait tout ce qu’il peut pour y prendre une petite place.

Bien sûr, nous n’avons pas tous perdu une mère, ou une sœur, bien sûr, nous ne connaissons pas tous cette souffrance d’être d’un milieu inférieur qui, même s’il fait tourner le monde, croit qu’il ne sert à rien, et bien sûr, certains se moquent totalement de ce qui s’est passé avant eux, et même de ce qu’il se passera après. Mais malgré tout, ces quelques pages vous donnent envie de connaitre l’histoire de ceux qui s’en vont, envie de donner un gros coup de pied dans les Ehpad, ou les longs séjours, et surtout, surtout, ne vous donne pas envie de vieillir. Parce que ce qui était il y a une trentaine d’années est toujours là. Oui ce livre date des années 80. Mais qu’est-ce qui a réellement changé depuis?

Je vous le conseille donc vraiment, une écriture magnifique, un récit qui vous prend au coeur alors même que ça n’est que la réalité de ce qui se passe pour des tas d’humains depuis des tas d’années, mais aussi l’envie de changer un tout petit peu notre vision, sur les autres, sur les vieux, et ceux qui partent…

Et  vous,

Vous avez déjà lu des livres de cette autrice? M’en conseillez-vous?

Informations :

Publication : 1988

Editions : Gallimard

Nombre de pages : 112p.

Romans·Service presse

Les actes – Cécile Guidot

Une longue semaine pour réussir à finir ce livre, punaise, j’ai rarement autant ramé!

Ce que ça raconte :

Claire est une jeune notaire qui se fait embaucher chez PRF, un cabinet notarial de Paris qui fonctionne très bien. Nous la suivons donc dans ses débuts au nouveau cabinet, avec ses collègues parisiens purs et durs, ses actes à organiser et rédiger, et sa vie de célibataire.

Ce que j’en pense :

Je crois que je suis totalement passée à côté de ce livre. Je voudrais être aimable, ne pas le descendre, surtout sachant que le peu d’avis qui a été publié à son sujet pour l’instant sont des avis positifs, mais honnêtement, je ne comprends pas. Ni l’intérêt de l’histoire, ni les qualités littéraires supposées.

Alors peut être que je suis une provinciale désargentée, et que le sujet même du livre m’en exclut un peu. Le brassage d’argent et de grosses sommes, les différents actes notariés qui parlent d’énormes successions, de divorces avec enfants illégitimes, de reconnaissances en paternité pour gérer son héritage ou que sais-je, ça me passe au dessus. Et encore, c’eût pu être interessant si c’était amené avec un peu d’émotion, ou de maîtrise du dialogue, mais là… Entre les dialogues artificiels, et le fait que pratiquement chaque phrase se termine par un point d’exclamation, je crois que j’aurais autant apprécié de lire un acte formalisé.

Ensuite, je n’ai toujours pas compris l’intention de l’Autrice. Par exemple le livre commence par un entretien d’embauche où, à chaque ligne, tu as envie de crier « illégal! » « Ne signes pas! » « Alerte l’inspection du travail! ». Mais non, ça se passe très bien, personne ne cille. Alors qu’on parle de notaires, y’a pas de chômage chez les notaires si? Alors que même moi, qui cherche un boulot dans un secteur sinistré, après un entretien comme ça je prends mes jambes à mon cou… Ça ne m’a pas vraiment rendu le personnage principal sympathique du tout, voyez vous.

Et enfin, j’ai été agacée tout le long du livre par des petits détails. Les gens qui pleurent tout le temps. C’est le burn-out élevé au rang artistique là. Les stéréotypes dans les descriptions. Qu’est ce que ça apporte de savoir que le personnage a les seins ronds, ou des fesses galbées. Et puis cette justification sans cesse « non non, les notaires ne sont pas que des vieux bonhommes moches et chiants, y’a aussi des belles jeunes femmes motardes et tatouées ». Quand je lis une histoire, j’aime que les mots apportés aient une utilité. Dans la vraie vie, on a 80 ans à vivre, peu importe qu’il y ait foule de détails. Dans un livre, on a un nombre de pages limitées. Si on nous dit « elle est tatouée » et que ça revient plusieurs fois, et même dans le résumé, à un moment il faut que ça soit utile dans l’histoire. Pas juste pour nous dire « montrez moi vos bras, ah, eh bien rabaissez vos manches ». En revanche, les détails des 10 annonces Tinder, ça en revanche, ça n’apporte rien que du remplissage…

Je suis déçue. Déçue par ce livre qui aurait pu être fascinant, mais qui me donne l’impression de manquer de travail. Et déçue par le fait qu’il n’y ait aucun enjeu, aucun fil rouge, rien qui nous tienne du début à la fin, à part la juxtaposition de petits événements. Enfin, si, il y a un petit fil rouge, l’embauche de cette nouvelle notaire, mais c’est tellement tenu… (et vu l’ambiance, mieux aurait fallu qu’elle n’y reste pas, mais n’étant pas carriériste ni notaire ni parisienne, je suppose qu’elle et moi ne ferions jamais les mêmes choix…)

Pourtant, chaque avis que je lis est dithyrambique, alors je ne vous déconseillerais pas de le lire, je lirais avec plaisir les avis positifs pour savoir ce qui le rend tellement plaisant, parfois ça peut modifier mon ressenti a posteriori!

Et vous,

Il y a des livres qui vous énervent alors qu’ils auraient pu vous plaire?

Informations :

Parution : 3 avril 2019

Éditions : JC Lattès

Nombre de pages : 200p.

Merci aux éditions JC LATTÈS et à Netgalley de m’avoir permis de lire ce livre.

Romans·Service presse

C’était ma petite sœur – Yves Viollier

Il y a quelques années j’avais lu « y avez vous dansé Toinou », et soyons honnête, j’avais peu adhérer. Pas que je n’aime pas la littérature du terroir, mais je venais de m’enfiler plein de Christian Signol, je commençais à saturer…

Ce que ça raconte :

Jeanne, 7 ans, est à l’orphelinat depuis longtemps. Jusqu’à ce que Mademoiselle Eugénie arrive, et décide de l’accueillir chez elle, avec ses deux demi sœurs plus jeune, Monique et Thérèse. Et puis, quelque temps plus tard, arrive le bébé, Charlotte. Et leurs vies à toutes va devenir… différentes de ce qu’elles pouvaient espérer…

Ce que j’en pense :

Je craignais un peu de retomber dans la « littérature du terroir » pure et dure comme j’en avais lu de cet auteur précédemment. Mais pas du tout. Cette fois ci, l’histoire commence dans les années 60, avec Jeanne, jeune fille sans réelle famille, et nous allons la suivre jusqu’à aujourd’hui. Pas de pittoresque, pas de berger, de mariage champêtre etc. Juste les années 60, et une mère simple et célibataire. 4 fois.

C’est émouvant bien sûr, et comme souvent quand je lis ce genre de livre, j’espère toujours un Happy end, j’ai beaucoup lu de conte de fées. Ici c’est très ancré dans le réel, et la fin heureuse parfaite n’existe pas. Mais la tragédie non plus, c’est juste… comme dans la vie. J’ai vraiment apprécié cette écriture tout en nuance, ces émotions pas trop intenses mais loin d’être absentes.

Je craignais le stéréotype, je suis tombée dans quelque chose de tellement plus nuancé. Une réussite!

Et vous,

Vous avez des craintes de ce genre parfois en voyant le nom d’un auteur?

Informations :

Publication : 4 avril 2019

Éditions : Presses de la cité

Nombre de pages : 304p.

Merci aux presses de la cité et à Netgalley de m’avoir permis de lire ce livre!

Romans·Service presse

Tant qu’il y a de la vie, journal d’Hendrik Groen, 85 ans – Hendrik Groen

Mais pourquoi lire le journal d’un gars qui a 50 ans de plus que moi, je vous le demande!

Ce que ça raconte :

Hendrik Groen, 85 ans, vit dans une résidence pour personnes âgées, avec des co-résidents pas forcément à son goût, mais aussi avec ses complices du Vimapem, les « vieux mais pas encore morts ». Il nous raconte donc au jour le jour et avec plein d’humour ce qu’il se passe quand chaque jour est un pied de nez à la fin définitive.

Ce que j’en pense :

Avant toute chose, précisons que c’est la suite du livre d’hendrik Groen, 83 ans et demi. Mais je ne l’ai pas lu, et on peut faire sans.

Précisons aussi (parce que si vous êtes comme moi vous vous poserez la question), que ça n’est pas un journal vrai de vrai. Mais après tout, c’est pas bien grave, parce que bien des choses qui y sont ressemblent à ce qu’on pourrait voir dans une maison de retraite. Même les françaises. Du moins, quand j’y allais encore en stage il y a une dizaine d’années, ça y ressemblait pas mal. En effet, l’auteur est un discret hollandais d’une soixantaine d’année (loin des 85 de son héros!). Mais nous ne saurons pas ce qu’il en est de sa connaissance des maisons de retraite : d’une part il est extrêmement discret, d’autre part je ne parle pas hollandais, donc impossible de comprendre tout les articles à son sujet.

Malgré tout, c’est tellement bien écrit qu’on s’y croirait, et qu’Hendrik et ses collègues nous deviennent proches, et fort sympathiques. On rit beaucoup, mais pas toujours à gorge déployée, soyons honnête on rit parfois jaune. C’est pas toujours marrant de vieillir, et certains moments sont très émouvant. Pour peu que vous ayez un aïeul lui même dans ces situations…

Souvent nous, les plus jeunes, on rigole du jour où l’on sera placé, est ce qu’ils mettront encore « la java bleue » à la radio pour les après midi musicaux, ou alors il faudra se farcir Christophe Maé. Mais souvent on oublie aussi qu’il faudra vivre avec des gens qu’on n’aura pas choisi, une porte de chez soi qui s’ouvre n’importe quand, l’intimité qui n’existe plus du tout, que ce soit parce qu’on parlera de vos protections intimes à haute voix, mais aussi parce que personne ou presque ne vous touchera plus. Alors peut être que nous aussi, on fera partie de ces vieux qui rigolent parce qu’être vieux, d’accord, mais n’être pas encore mort, c’est ça l’important!

Et vous,

Vous allez les voir souvent, vos aïeux?

Informations :

Parution : 28 mars 2019

Éditions : Presse de la cité

Nombre de pages : 416p.

Merci aux presses de la cité et à Netgalley de m’avoir permis de lire ce livre!