Roman historique·Romans

[Roman] Lune de Tasmanie – Tamara McKinley

Y’s des auteurs comme ça, tu vois leur nom, t’as envie de lire. Y’en a pour qui c’est Musso, ou Nothomb, enfin, les auteurs à fan. Moi c’est Tamara McKinley, c’est comme ça… Et vous vous en avez des auteurs dont vous ne loupez aucun titre ou presque ?

Résumé du livre

1905, Tasmanie. Christy décide après la mort de son mari et malgré ses 65 ans bien sonné, de retourner sur les traces de son passé, sur l’île de Skye. Elle y emmène sa fille et sa petite-fille, l’occasion pour elles deux de mieux comprendre cette grand-mère partie de rien, et qui a vécu le pire avant de réussir sa vie à des milliers de kilomètres de son enfance…

Mon avis sur ce livre

Lorsque je vois le nom de cette autrice sur un livre, je me précipite dessus d’une part, et j’y met de grandes attentes d’autre part. Parce que j’apprécie ses livres depuis longtemps, et que je n’ai jamais été décue jusqu’à présent. J’avoue pourtant qu’à la lecture du début de ce livre, je n’ai pas été directement embarquée comme j’ai pu l’être pour d’autres. Il faut dire que j’avais lu la quatrième de couverture – ce que je fais rarement, pour rappel -, et je m’y étais projetée totalement différemment de son commencement. Mais on n’abandonne pas un livre parce qu’il n’est pas exactement écrit comme on l’attendait, bien au contraire, il faut laisser la surprise arriver ( surtout qu’il y a de grandes chances que, si vous le lisez, vous ne vous y projetiez pas comme moi..). Et la surprise est arrivée assez rapidement, j’ai plongé dans l’histoire en me détachant de ce que j’en attendais, et enfin j’ai été attrapée. L’écriture de Tamara Mckinley continue de me séduire, dans sa simplicité et son efficacité. J’ai été un peu refroidi par certains passages de la traduction qui utilisait un langage trop familier, détonnant complètement avec le reste, mais comme toujours je suis trop pinailleuse par moment. (Je sais qu’il y a bien pire alors je fais taire ma culpabilité !).

Cette fois-ci pourtant, en dehors du voyage proposée par ce roman a travers l’île de skye puis la Tasmanie, en dehors de l’histoire fascinante contée par Christie qui m’a donnée envie de découvrir ce pan de l’histoire (Famine et immigration forcée), ce qui m’a le plus convaincue, c’est cette construction en forme d’enquête pour comprendre le secret qui tient mais détruit cette famille. Je me suis laissée surprendre, alors que soyons honnête je lis tellement de livre de ce genre quela plupart du temps, je sais à quoi m’attendre – mais j’adore ça, que voulez-vous…-. Cette fois-ci, je me suis laissée prendre en me disant « oh, ça doit être cela, le fin mot de l’histoire, mais sans certitude ». Et j’ai dévoré le livre pour enfin être sûre. C’était fort agréable, plus que de se dire « aucune surprise, c’est comme d’habitude ». Attention, ce n’est pas un polar, hein, je ne vous promet pas un twist formidable en cours de route, juste suffisemment de mystère pour avancer sans ennui !

Et voilà, encore un roman de cette autrice avec lequel j’ai passer un bon moment. Verdict…Vivement le prochain !

Informations

Parution : 20 mai 2020
Editions : L’Archipel
374 pages

Merci aux éditions l’Archipel et à Netgalley France

Romans

[Roman] La prière des oiseaux – Chigozie Obioma

La couverture de ce livre est magnifique, et me donne une fois de plus l’occasion de regretter que le kindle n’est pas les couleurs, au moins pour les couvertures de livre, mais bon… On refera pas le monde, et c’est juste une question d’esthétique, donc je suppose qu’Amazon s’en moque…

Résumé du livre :

Chinonso, éleveur de volailles, voit sa vie changer le jour où il sauve une jeune femme prête à sauter d’un pont. L’amour lui fonce dessus, mais l’amour c’est secondaire, quand on n’est pas du tout de la même classe sociale au Nigeria…

Mon avis sur le livre :

Ayant choisi ce livre uniquement pour sa couverture, je vous avoue que je l’ai ouvert sans avoir aucune idée de ce qu’il pouvait bien raconter. J’ai eu donc un peu de mal à rassembler mes idées pour comprendre le cheminement de l’histoire, mais je m’y suis faite. En fait, c’est un immense drame amoureux comme la littérature en commet régulièrement, sauf que celui -ci se déroule en partie au Nigeria, en partie à Chypre, et qu’il aborde donc des spécificités qui rendent le récit encore plus intéressants. Cet homme qui n’a pas pu faire d’études et qui tombe amoureux d’une femme riche et éduquée, se fait rejeter par la famille de celle-ci : et oui, encore aujourd’hui les différences de classes sociales sont parfois impossibles à dépasser. Cet homme qui décide de tout vendre pour passer des diplômes, se voit envoyer à Chypre par un « ami » mal intentionné. Un « Yahooboy », arnaqueur d’internet… mais si, ceux qui vous promette un héritage, ou plein d’amour… Pas d’inquiétude, ils dupent les européens et leurs compatriotes tout autant. Et puis l’arrivée de la religion, la déception amoureuse et des tas de péripéties qui nous font plonger dans son histoire…

Je saluerais tout autant la traduction de ce livre. Déjà l’écriture est absolument fascinante, très spécifique, moderne mais qui renvoie la spécificité d’une écriture nigériane. Mais avoir réussi à traduire de cette façon, c’est étonnant. Vous savez, ces tournures de phrases qui font que le français d’Afrique n’est pas tout à fait que le français de métropole, ni même que celui du Québec ou des DOM-TOM ? C’est ce que j’ai ressenti en lisant. Je ne maîtrise pas assez bien l’anglais pour savoir si c’est le même ressenti lorsque l’on entend de l’anglais d’Angleterre ou l’anglais du Nigeria, et j’en suis presque déçue…

Pour autant, et malgré les qualités de ce livre qui m’ont accrochée et fait continuer jusqu’au dénouement, j’avoue y avoir trouvé parfois quelques longueurs. Mais je lui pardonne volontiers, parce qu’en dehors de ça, c’était un sacré dépaysement (même si je me serais passée de l’odeur des crottes de poules que j’avais en mémoire pendant les scènes au poulailler. Cruelle mémoire des odeurs que je possède…)

Informations :

Parution : janvier 2020

Éditions : Buchet-Chastel

426 pages

Merci aux éditions Buchet-Chastel et à Netgalley France

Policier·Roman historique·Romans

[Roman] Des gens d’importances – Mariah Fredericks

Pour être honnête, je n’aurai jamais spontanément choisi ce roman si l’on ne me l’avait pas envoyé (Merci Julie ! ). En effet, je lis peu d’enquêtes policières et choses du genre, mais il faut savoir se laisser surprendre… Vous aimez, vous, être surpris par les livres qu’on vous offre, ou vous préférez qu’on se tienne à votre liste de souhaits ?

Résumé du livre :

New York, 1910. Jane Prescott est une femme de chambre reconnue, d’une réputation exemplaire et dôté d’un esprit très affutée. Mais la voilà qui se retrouve au milieu d’un crime, commis au sein de la très bonne société de l’époque…

Mon avis sur ce livre

Un polar chez les bourgeois new-yorkais du début du siècle ? Quelle drôle d’idée, vous voulez dire que eux aussi ne sont pas toujours heureux et équilibrés ? Mais quelle surprise… D’accord, si vous avez déjà lu Agatha Christie, vous le saviez déjà à propos des anglais. C’est tout aussi valable ici… Et c’est fort agréable à lire. D’une part parce que la trame sur laquelle se déroule l’histoire est très bien maîtrisée : cette société avec ses coutumes, ses façons d’être, de se comporter, ses libertés prises avec la vie des autres quand la leur est dans un carcan, l’autrice nous les présente d’une façon fort agréable. De plus, elle n’essaie pas de faire semblant en adoptant une écriture « datée » alors qu’elle nous est contemporaine, et c’est très agréable. Je n’aime pas les gens qui font semblant. Pour autant rassurez-vous, pas d’anachronismes, loin de là, juste une dynamique différente dans la rédaction.

Le fond de l’histoire quant à lui est suffisamment bien amené pour que l’on soit surpris du dénouement, sans trouver ça trop tarabiscoté. ( Et pourtant, bien des enquêtes le sont, et je n’aime pas non plus la manipulation du lecteur trop visible.). Cela me donne même envie d’aller lire l’autre enquête de cette chère Jane Prescott. Je ne pourrais vous dire si la construction s’apparente à d’autres livres du genre, je n’en lis pas d’habitude. Je ne pourrais vous dire si vous, fan de roman policier, vous découvrirez bien avant moi le dénouement de l’histoire. J’en doute fort malgré tout. Mais je peux vous dire que si vous attendez d’un livre un arrière-plan maîtrisé, une réflexion même légère sur des questions de société, et une enquête haletante qui vous fait tourner page après page avec plaisir, alors ce livre correspond en tout point à ce que vous pouvez en attendre.

Je n’ose pas vous en dire plus pour ne pas dévoiler le fin mot de l’histoire, mais sachez-le, si vous cherchez un bon divertissement, n’hésitez plus. J’aurais bien ajouté que c’est typiquement le livre que je choisirais pour une après-midi plage, mais puisque les plages resteront fermées, prenez le comme un livre pour un après-midi canapé !

Informations :

Parution : 2018
Editions : 10/18
335 pages

 

 

Romans

[Roman]L’horizon à mains nues – Christophe Paviot

Vous avez des phobies, vous ? Parce que moi j’en ai une : les animaux qui ont moins de 2 pattes et plus de 8. (Ce qui exclue les araignées, ça ça ne me gêne pas). Et donc, vu le sujet de ce livre, rappelez-moi d’arrêter de choisir des livres sans lire le résumé…

Résumé du livre :

Howard et Gary vivent au Texas, dans une famille très heureuse… Jusqu’au décès brutal de leur père. Et c’est à cause de la mort, du silence, des serpents aussi peut-être, qu’ils vont devenir les frères Shelby, pour qui tout est possible si c’est dans leur intérêt… Encore plus quand cela implique des serpents.

Mon avis sur le livre :

Une amitié fraternelle, des valeurs étranges, des serpents, et une moralité distante. Voilà ce que je dirais pour résumé le fond de l’histoire. Bien écrit pour autant, ce livre m’a déstabilisé. Déjà parce qu’écrit par un français, il l’est à la façon « américaine ». D’ailleurs il y prend place également, au Texas. L’ambiance est maîtrisée, et la description du festival des serpents est absolument fascinante.

Mais c’est aussi un point qui m’a déstabilisé : je n’aime pas les animaux sans pattes. Or ils sont centraux à l’histoire, presque les personnages principaux en dehors des frères. Sans eux, pas d’histoire. Mais comme souvent, ce qui fait peur fascine, et j’ai lu chaque description, au point même de m’interroger sur le goût de la viande de serpents…

Ensuite il y a ces frères. Je l’avoue, tout aussi bien que soit écrit ce livre, je n’ai pas compris l’évolution des personnages. Alors même que c’est l’essence du livre, je n’ai pas pu me résoudre à les suivre. L’auteur avait l’air de les apprécier tellement, et pourtant, mes valeurs sont tellement éloignées des leurs que ça m’était impossible de m’attacher. Je sais que j’avais le rôle de censeur dans cette lecture, et je ne sais pas si c’est ce que j’en attendais. J’aurais préféré pouvoir m’en détacher, mais impossible. Et pourtant, j’en ai lu, des livres avec des personnages à la morale fluctuante !

Mais voilà, je ne sais pas me situer face à ce livre. Je salue l’ambiance, la maîtrise de l’histoire, je déplore quelques longueurs, mais surtout, j’en ressors avec un sentiment « gluant », et je n’arrive pas à m’en défaire…

Informations :

Parution : février 2020

Éditions : JC Lattès

300 pages

Merci aux éditions JC Lattès et à Netgalley France

Romans

[Roman] Braves gens du purgatoire – Pierre Pelot

Oh, un livre qui se déroule dans les Vosges, c’est pratique, t’as les visuels du roman juste en regardant par la fenêtre ! Vous connaissez notre joli coin des Vosges vous ? Je veux dire, les villages du fin fond de la montagne, pas le lac de Gerardmer un 15 août…

Résumé du livre :

A Purgatoire, village vosgien, Maxime aurait assassiné sa femme avant de se suicider. Sauf que personne n’y croit vraiment, ni les villageois, ni Lorena, leur petite-fille. Mais à vouloir résoudre le mystère, elle va déterrer des tas d’histoires comme celles que les villages vosgiens arrivent si bien à taire…

Mon avis sur le livre :

Il est des livres que l’on avale sans même sans rendre compte, juste pour l’histoire. Il est des livres dont on déguste les mots, mais sans aucun égard pour l’histoire qui ne raconte rien. Ce livre n’est pas de ceux-là. Ce livre se déguste, mot par mot, phrase par phrase, et l’on avance lentement, attiré par l’histoire, tiré par les fils que l’auteur tisse, petit à petit. Les mots sont beaux, les phrases sont belles, mais elles sont longues, arides parfois. Oui parfois on se perd un peu, on relit plusieurs fois, on cherche un mot dans le dictionnaire, et parfois même, il n’y est pas, parce que ses mots sont mâtinés de patois vosgien. Mais on y plonge à pieds joints et on ne le lâche plus. Passé les quelques premières pages où l’on se dit qu’on n’y comprendra rien, on commence à déguster chaque mot. Comme la mirabelle en fin de repas, un petit godet à ne pas avaler trop vite sous peine de rouler sous la table.

Mais comme je le disais, ce livre ne recèle pas que de jolis mots. Le récit vous emmène dans une enquête digne d’un polar, on veut savoir ce qu’il en est, on veut comprendre, et parfois, grands dieux, on est totalement perdus, entre les taiseux et ceux qui parlent trop, entre ce que l’on montre ostensiblement pour cacher tout le reste. On croit savoir, on ne sait rien, on croit que c’est trop, et c’est pourtant si peu. Une franche réussite qui permet de tenir tout au long des 500 pages du roman…

Et enfin, il y a les personnages. Les Vosges d’abord. Celles avec les petits villages de montagne entrecoupés de forêt de sapin, avec son petit centre, et ses maisons dispersées. Celles où tu penses passer inaperçu mais où tout le monde te connait. Ces villages des Vosges, où 80% des habitants sont reliés par le sang, et même si tu y habites depuis 50 ans, tu seras toujours l’étranger. Ces affaires de familles, ah on parle des Corses parfois pour rire, mais venez écouter au bistrot d’un petit village vosgien ce qui se dit, vous serez bien surpris. Et pourtant, quand il faut cacher, défendre un secret, rien ne sort. Rien n’est mieux garder qu’un secret par là-bas, même si ça signifie être garder par les 50 habitants du hameau. S’il ne faut pas parler, personne ne parlera. Même pas contre ses ennemis.
Vous y retrouverez aussi une grande famille, avec un portrait tiré au couteau de chacun, et tellement réaliste.

Ce livre vous parle des villages de chez nous. Des hommes, des familles, des secrets. Mais surtout, il vous parle des hommes de là-bas. Et vous allez adorer.

Informations :

Parution : décembre 2018
Editions : Héloïse d’Ormesson
508 pages

 

Romans

[Roman]Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins – Alejandro PALOMAS

Oui je sais, on l’a vu partout celui-ci, et on le voit encore d’ailleurs, mais bon, parfois, le choix du plus grand nombre n’est pas forcément un mauvais choix, je vous le promets !

Résumé du livre :

Un petit garçon passionné par Mary Poppins, un père pas très disponible et pourtant seul pour ce fils, une mère absente, une institutrice qui veut aider, une fillette qu’on veut éloigner de l’école… Et une histoire qui oscille entre l’amusant et l’émouvant.

Mon avis sur le livre :

Je n’aime pas Mary Poppins, je n’aime pas les livres que tout le monde aime, je n’aime pas les livres dans lesquels l’auteur fait parler les enfants, et encore moins ceux qui ont un faux mystère qu’on découvre dès le début. Cela n’explique donc pas du tout pourquoi, moi aussi, j’ai succombé à cette histoire. Rédigée par chapitre prenant un point de vue différent (le jeune garçon, l’institutrice, etc.), c’est encore plus agaçant pour moi quand on n’avance pas à la même vitesse de découverte que les personnages. Et pourtant, ça non plus cela ne m’a pas freiné.

Savoir le fin mot de l’histoire dès le début ? Tant pis, je voulais savoir comment la résolution du problème allait apparaître. D’ailleurs, je n’ai pas été déçue, cette petite fabulette se résout parfaitement bien, suffisemment émouvant pour avoir la petite larme à l’oeil, mais pas de façon fermée pour qu’on puisse encore imaginer.

Je peux vous raconter aussi les sentiments qui m’ont traversée, avec au début l’impression de tomber dans un livre sans intérêt, puis un livre « facile », puis un grand mélodrame. Mais voilà, je ne sais pas comment a fait l’auteur, mais j’ai dévoré ce livre, et j’y ai pris un grand plaisir.

Donc oui, vous l’avez vu partout, oui c’est un peu étrange comme titre, et oui l’histoire n’est pas forcément remplie de suprise. Mais ça fonctionne parfaitement, et je vous l’assure : ce livre devrait être lu encore un peu plus qu’il ne l’est déjà, parce que c’est un livre qui fait croire en l’humain, et, en ce moment, c’est bien de ça dont on a besoin !

Informations :

Parution : 2 janvier 2020
Editions : Cherche Midi
224 pages

Merci aux éditions du Cherche-Midi et à Netgalley France.

Roman historique·Romans

[Roman] Forte Tête – Edith Ayrton Zangwill

Un roman vintage mais très actuel ? Quelle étrange idée ! Voyons donc ce que ça peut donner…

Résumé du livre :

1909, Londres. Ursula est une jeune femme passionnée par la science, et son ambition actuelle est d’intégrer la Société de Chimie. Mais à l’époque, toute talentueuse qu’elle soit, cette société est réservée aux hommes. Comme bien des choses. Ce dont elle va se rendre compte rapidement, jusqu’à être entraînée dans un groupe de suffragette, qui va l’aider à modifier sa vision du féminisme de l’époque…

Mon avis sur le livre :

Un roman vintage parut en 1924 en Angleterre et, parait-il, devenu culte ? Etonnant, alors qu’ici nous n’en avions pratiquement pas entendu parler. Les Editions Belfond continuent donc leur proposition d’éditer des livres plus anciens, tout en les considérant au sommet de l’actualité. Etonnamment, cela fonctionne plutôt bien.

Je l’avoue, le début était un peu aride, une écriture qu’on dirait « vieillote », des façons d’aborder les sujets à mille lieux de ce que l’on propose aujourd’hui, et surtout, je trouvais difficile de m’attacher à ce personnage agaçant. Je ne réussissais pas tout à fait à comprendre les échanges, les registres de langage, les traits d’humour ou non qui émaillaient les dialogues. J’avais oublié qu’il n’était pas nécessaire, quand on attend un livre qu’il soit « d’actualité », d’automatiquement le transposer en 2020. Dès lors que j’ai réussi à me détacher de cette attente, et à l’appréhender comme un livre de son époque, ma relation avec lui a totalement changé, et j’ai commencé à l’apprécier.

Il faut dire qu’en effet, le thème reste tout de même assez actuel : la place des femmes. Et cela nous permet de comprendre le chemin parcouru depuis un siècle, et celui, le très long chemin qu’il reste à parcourir. Oui nous pouvons accéder à de hauts postes dans pratiquement toutes les sphères de la société. Pas besoin de se cacher derrière un homme pour faire partie d’une société savante désormais. Enfin…En est-on vraiment sûr ? Notre espoir pour réussir notre vie n’est plus d’être bien mariée… Quoi que ? Et nous avons même le droit de vote et de donner notre avis… Quand il est entendu !

Plus sérieusement, cela reste un roman, et en dehors des questions que l’on peut se poser après sa lecture ou pendant si on le souhaite, cela reste un très bon outil de détente. C’est amusant, c’est surprenant, c’est très anglais, et cette plongée dans la société anglaise aisée du début du XXéme siècle est réellement un voyage loin de chez nous. Nous sommes confinés ? Soit, voyageons dans les époques !

Je concluerais en ajoutant que ce roman est appuyé sur certains faits réels, même si joliment romancé. En effet, l’autrice s’est appuyée sur l’histoire de sa mère pour l’héroïne féminine, ce qui laisse imaginer les moments de lutte qu’elle a du traverser…

J’ai tout de même un petit moins à ajouter à propos de ce livre : la préface. Rédigée par Elizabeth Day, journaliste et autrice anglaise, elle est extrêmement intéressante pour situer l’époque, l’intention de l’autrice, malheureusement, je crois qu’il serait plus opportun de la lire après le roman. En effet, elle tombe dans le travers que j’apprécie peu (que ce soit dans les chroniques littéraires, les avis, ou les préfaces) : elle raconte l’histoire. Cela abîme toute ma découverte du récit ! A vous de voir, mais réellement, si vous êtes comme moi à vouloir avoir la primeur du récit, abstenez-vous de lire la préface avant le roman !

Votre avis à vous :

Vous les lisez, vous, les préfaces ? Vous les considérez comme indispensables, ou totalement inutile ? Ca vous arrive d’acheter un livre ou de le lire si la publicité qui en est faite consiste à dire  » Roman préfacé par Untel » ?

Informations :

Parution : 19 mars 2020
Editions : Belfond Vintage
455 pages

Merci aux éditions Belfond et à Babelio !