Romans·Service presse

En théorie tout va bien – Sarah Bussy

Parce que les poissons sur la couverture sont intrigants, il fallait que j’en sache plus, ne croyez vous pas?

Ce que ça raconte :

L’enfance dans les années 90, l’adolescence dans les années 2000, et l’âge adulte, enfin, accrochées par un secret de famille, destructeur, comme beaucoup. Cassis traverse ce monde en tenant tant bien que mal le cap entre son père, sa mère, son frère, et cet énorme secret, trop tôt ou trop tard dévoilé…

Ce que j’en pense :

J’ai une tendresse particulière pour ce roman. Parce qu’il fait partie de ces romans où l’on se demande ce qui est de la réalité et ce qui est de la fiction. Parce que parfois presque on oublie que l’autrice nous raconte une histoire, qui n’est pas forcément son histoire. Et pour un premier roman, conserver l’anicroche dans le fond de l’histoire et jamais dans la forme, c’est une belle réussite.

Cette écriture, c’est un de trois points qui m’a totalement convaincue. Maîtrisée, mature, soutenue, et pourtant pas étrange lorsque les personnages s’expriment. Il n’y a pas ce raté régulier de l’auteur qui tente de faire parler un enfant comme aucun enfant ne parle. Et puis parfois il y a ces éclats, ces quelques mots, ces toutes petites phrases qui vous retourne le cœur et le cerveau.

Le deuxième point, c’est l’époque. J’ai lu que l’autrice avait à peu près mon âge, et je crois qu’elle se sert de nos souvenirs de jeunesse pour écrire. Parce que tout ça, c’est moi. Il ne manquait plus que les fiches starclub et Cassis c’était mes 8 ans, mes 13 ans, mes 17 ans etc. Peut être que c’est ainsi que l’on se rend compte qu’on vieillit : quand on lit avec tendresse et nostalgie la vie qu’on a presque vécue?

Et enfin, ce secret de famille. Central. Principal. Qui modifie tout, du début à la fin, qu’il soit caché ou révélé. Et cette sensation amère de l’échec. Il est des livres que l’on lit le sourire aux lèvres, d’autres les larmes au coin des yeux. Celui ci se lit avec le rictus de l’amertume, les sourcils de l’espoir. Un livre aigre doux. Et c’est tellement rare qu’il faut le lire, rien que pour ça.

Et vous,

Vous êtes sensible aux ambiances de lecture?

Informations :

Parution : 29 mai 2019

Éditions : Jc Lattès

250 pages

Merci JC Lattès et Netgalley!

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Romans·Service presse

Eden – Jeanne M. Blasberg

Étonnement, depuis quelques temps il y a plusieurs livres du même titre. Faites donc attention à l’auteur, pour ne pas tomber à côté!

Ce que ça raconte :

Becca se retrouve acculée, elle doit vendre Éden, la magnifique demeure construite au bord de la mer par son père, des dizaines d’années plus tôt. Mais avant, elle a un secret à révéler. Un très vieux secret, qui va transformer sa très nombreuse famille.

Ce que j’en pense :

Après avoir eu un mal fou à comprendre l’arbre généalogique de cette gigantesque famille, j’ai décidé de me laisser plonger dedans. Il faut dire que c’est un privilège récurrent chez moi (j’espère ne pas être la seule) : s’il y a trop de personnage, il me faut une petite fiche mémo. De surcroît dans ce livre où la famille prend, avec la maison, une place prépondérante.

Parce que c’est vrai, en lisant le résumé, on pourrait croire que le secret que Becca va révéler est le centre névralgique du roman. Absolument pas, il faut se fier au titre et à la couverture. Ce qui compte, c’est Éden, c’est cette maison. Et je vous promet qu’après avoir lu ce récit, vous aurez envie de baignade dans la mer, de maison de famille, de dortoir, de souvenir. Cette traversée du siècle avec cette famille nous apporte toute la grande histoire et la petite histoire. Vous saviez vous, que la cape cervicale datait des années 30?

Côté écriture, c’est agréable, fluide, parfois on ressent bien que l’autrice avait tout en tête parfaitement, ce qui nous rend les choses un peu moins claires. Mais tant pis, on retombe vite sur ses pieds, on rattrape les wagons de l’histoire et tout va bien. J’ajouterai un petit bémol sur les personnages, bien des fois j’aurais aimé en savoir plus, pour comprendre plus clairement leurs réactions, les tenants et aboutissants de leur choix. Mais rappelez vous, l’essentiel reste Éden…

Et vous,

À quel moment le nombre de personnage dans une histoire devient gênant? Vous êtes partisan de l’arbre généalogique de lecture ou des petites fiches personnages?

Informations :

Parution : 2 mai 2019

Éditions : Les escales

416 pages

Merci Netgalley et Les escales

Roman historique·Romans·Service presse

Les dimanches de Jeanne – Isabelle Giagnoni

Un avis moins polémique que le précédent vous allez voir… (Ah oui, toi qui ne me suis pas sur Instagram, tu es passé à côté de quelque chose d’étonnant…)

Ce que ça raconte :

Jeanne, Louise, Ambroise, Louis, Henri, 5 enfants, 5 destins dans cette France du début du siècle, avec ces drames, ces joies bien plus restreintes, et ses coutumes…

Ce que j’en pense :

Ce livre est un album photo. Vous savez, de ceux que l’on trouve dans les brocantes par hasard, ces quelques photos en noir et blanc avec la bordure crantée, quelque fois une date derrière, un prénom, un lieu, et l’envie de leur imaginer une vie. Voilà où nous en sommes, cette photo de famille, qui commence au début du siècle, et qui va traverser la première guerre, la deuxième, se frotter au mariage de raison, aux relations d’amour, aux familles déchirées, et même aux évolutions vestimentaires. En suivant cette famille emblématique de cette époque, on traverse cette ère qui n’est pourtant pas si lointaine.

Je parle d’un album photo parce que contrairement à bien des livres, nous n’avons pas l’histoire de chaque instant, plutôt des instantanés, des photographie du moment, du ressenti, de l’histoire de chacun. Parce que les dimanches de Jeanne ne sont qu’un infime chapitre dans la vie de ces 5 frères et sœurs, de leurs parents, de leurs conjoints, de leurs enfants. Mais malgré tout, ces photographies nous disent tellement qu’on aurait presque l’impression de les avoir suivi à chaque instant pendant ces 40 années. Tout comme à l’époque on suivait les péripéties des vies de chacun via les cartes de vœux et les cartes postales, nous suivons leur vie par ces chapitres.

Je ne regrette que trois choses : le titre d’abord, qui me parait trop ciblé sur un personnage. Les autres n’ont pas vraiment moins d’importance, la famille compte.

La deuxième, j’ai dû me faire un petit arbre généalogique parce que je ne suis pas efficace quand il s’agit de se souvenir de qui est qui quand certains ont les mêmes prénoms (Marie, Louis etc., c’est d’époque mais ça m’aide pas! Rappelez moi de râler dans quelques années quand on n’aura plus que des Mathis et Enzo!)

Et la dernière? La fin est vraiment trop rapide. Je crois que j’étais presque à rester encore avec eux un long moment, peut être même jusqu’à aujourd’hui avec l’histoire de leur arrière petits enfants. On appellerait ça « la semaine de la famille de Jeanne », d’accord Madame Giagnoni?

Ah, vraiment, ces histoires de familles, c’est le truc pour que je passe un bon moment, avec leurs joies et leurs drames…

Et vous,

Ces histoires de familles, vous vous jetez dessus ou vous passez à côté sans scrupules?

Informations :

Parution : 11 juillet 2016

Éditons : de la rémanence

290 pages

Merci aux éditions de la Rémanence et à Netgalley!

Romans·Service presse

La Pierre et le Bocal – Gilles Voirin

Ça faisait 6 mois que j’avais dit que je me lancerais, sur la suggestion de l’auteur. Donc voilà, c’est lu, enfin!

Ce que ça raconte :

Owen aime les mots, ce qu’ils signifient, et nous fait partager sa réflexion de vie, de sa naissance étrange jusqu’à sa décision de vivre enfin à 50 ans passé.

Ce que j’en pense :

Les romans d’initiation, sur la vie des gens, c’est assez loin de ce que j’aime lire. Mais après avoir lu quelques avis dithyrambiques sur ce livre, je me suis dit que je devais y jeter un œil. Alors autant le dire tout de suite, mon avis va être assez loin de ceux là. Pas que le livre soit mauvais, mais il regroupe un certain nombre de problème que je retrouve assez souvent dans l’auto édition.

En premier lieu, le manque de correcteur relecteur expérimenté. Quand je lis, j’ai besoin que l’écriture soit fluide, sans erreur de syntaxe, de ponctuation, de niveau de langage. Alors pour les arythmies d’expression, à l’interieur même du roman l’auteur tente de les justifier. Soit, c’est un choix qui peut se défendre. En revanche, toutes les erreurs de ponctuation me sont insupportables. C’est comme si tu te lançais pour un footing et que toutes les 3 min ton lacet se défait et tu dois t’arrêter. Première page, erreur de virgule. Et presque à chaque page ensuite. Bien sûr si pour vous la ponctuation est secondaire, aucun problème (il doit y en avoir, c’est un problème que je n’ai lu dans aucun avis). Mais ça n’est pas mon cas.

Ensuite, il y a cette façon de se regarder écrire parfois. Vouloir en écrire encore plus. C’est étrange parce que d’habitude je vous dis que je n’aime pas les non-dits, les trop sous-entendu. Là j’avoue que j’aurai apprécié quelques coupes franches dans le récit pour lui rendre du dynamisme.

Enfin, un point qui, lui, ne dépend que de moi : j’aime les livres qui racontent une histoire, avec un développement qui amène à une résolution. Ce livre tente de fonctionner sur ce type, mais je crois que ça n’est pas la teneur même du récit. La forme empiète totalement sur le fond, et je comprends tous les avis qui ont loué cette construction, ce fonctionnement. Moi ça ne me convient pas, je me suis ennuyée, j’ai terminé le livre sans aucune attente. J’en déduis donc que je ne suis définitivement pas le public pour ces récits de « vie ».

Je vais rester mesurée sur tout le reste parce que si certains ont adoré, c’est qu’ils y ont trouvé ce qu’ils en attendaient. Mais je crois définitivement qu’un travail sur la forme du livre m’aurait évité de buter trop souvent, et m’aurait permis de m’investir un peu plus dans cette lecture. A vous de voir si c’est important pour vous!

Et vous,

La ponctuation, c’est quelque chose qui vous est indispensable? (Je ne parle même pas de l’orthographe, quand je lis je déteste les coquilles et les fautes, alors que je sais qu’en écrivant ici, parfois je fais des erreurs monstrueuses…)

Informations :

Parution : 12 mai 2018

Éditions : Librinova

446 pages

Merci Librinova, Gilles Voirin et Netgalley

essai

Chez soi – Mona Chollet

Oui je sais, on n’a parlé que d’elle ces derniers mois, avec son essai sur le féminisme. Que je n’ai même pas lu, en plus. Mais après tout, pourquoi faire comme tout le monde!

Ce que ça raconte :

Chez soi, c’est un lieu, palpable ou non, c’est un état d’esprit, dépendant de rien, ou de la société. Chez soi, c’est une construction réelle, ou fantasmée. Chez soi, c’est un essai sur tout ce que peut vouloir dire être chez soi.

Ce que j’en pense :

Je partais pleine de joie, d’intérêt. Je m’attendais à un essai construit, à une maîtrise totale du sujet, à de la réflexion, de la recherche. Et donc comme tous les livres que je lis ou presque, j’ai commencé par la première page pour aller jusqu’à la fin. Grave erreur.

Une erreur non pas pour l’écriture, qui est très agréable, relativement organisée, parfois émouvante, parfois amusante, ce qui donne un peu de tonus à cet essai parfois longuet.

Une erreur non pas pour le sujet, parce que c’est un condensé intéressant de cette réflexion sur le chez soi.

Non, erreur parce que ce livre n’est absolument pas construit comme un development évolutif, comme j’aurai pu m’y attendre. C’est plutôt un assemblage de pensée, de réflexion, sur plusieurs points très disparates, que ce soit le chez soi virtuel, la construction et l’organisation du logis etc. Bien plus un livre à picorer qu’à enchaîner. Cohérent bien sûr, mais pas évolutif.

Deuxième petit point de déception, le point « recherche ». Si dès l’introduction on s’attend à un livre fouillé, empli de référence d’autres livres, de recherche, d’études, le début de ce livre nous contente totalement. Malgré tout peu à peu le soufflé retombe, et on sent un léger manque, on retombe sur les mêmes références, et souvent dans cette technique qui m’agace parfois : citer le livre d’un autre pour valider son propos. Mais qui valide le propos du premier auteur?

Malgré tout, ça ne m’a pas fait regretter cette lecture, j’en attendais trop, et surtout quelque chose que ce livre n’était pas. A partir du moment où ma vision des choses a évolué, je peux désormais le voir différemment : prenez la table des matières, choisissez le point qui vous intéresse sur l’instant, lisez et réfléchissez. Ce n’est pas un livre à consommer comme un fast food, c’est plutôt comme une dégustation : on en prend un petit bout, on écoute ce que le cuisiner a à nous dire, puis on réfléchit à ce qu’on y trouve. Et pour ça, ce livre offre exactement ce qu’il est venu nous proposer.

Et vous,

Vous avez des attentes en particulier sur les essais? Vous en lisez?

Informations :

Parution : 23 avril 2015

Éditions : la découverte

355 pages

Romans·Service presse

Les fleurs sauvages – Holly Ringland

Vous allez commencer à croire que je suis une monomaniaque de l’Australie, non? Parce qu’en voilà encore un, de livre, qui se déroule au loin là-bas…

Ce que ça raconte :

Alice a 9 ans. Elle vit loin de tout, avec sa mère, et son père, violent, très violent. Jusqu’au jour où le feu du trop qui la consume la fait totalement changer de vie. Mais jusqu’à quel point peut-on changer, après 9 ans de maltraitance?

 

Ce que j’en pense :

Dès les premiers mots, dès les premières phrases, j’ai été happée, j’ai voulu savoir, en savoir plus. Et pour être honnête, je n’ai pas compris tout de suite que c’était en Australie. Souvent j’aime pouvoir poser un lieu, une atmosphère, savoir à peu près ou je suis. Pas ici. Cette fois ci j’ai seulement suivi Alice, immédiatement, pour comprendre cette jeune fille, ce qu’il était en train de se passer. Et c’est exactement ce qui m’a conquise tout le long du récit.

Bien entendu, ça n’est que le début, et l’Australie, ce fascinant personnage, devient central assez rapidement. Et si comme moi vous avez une fascination pour ces étendues sauvages, solitaires mais tellement forte en histoire, alors vous serez probablement conquis vous aussi. Qu’elle soit maritime, fleurie, sauvage, poussiéreuse, je n’avais qu’une envie, y être. Visiter ces endroits, m’y assoir, regarder, et écouter.

Malgré tout, il n’y a pas que cette étendue, il y a Alice, son histoire pas toujours simple, la recherche de qui elle est, la violence, la solitude, l’amour qui dit mais ne fait pas, et celui qui fait mais ne dit pas. Je me suis tellement attachée à cette jeune fille que l’on suit pendant tout un pan de sa vie, qu’à un moment de l’histoire – que vous reconnaîtrez aisément en la lisant – Je me suis exclamée intérieurement, triste et dépitée « oh non Alice, ne comprends-tu pas? ». J’aurai voulu y être, réellement, dans ce livre, pour Alice, et pour le lieu.

Notons toutefois un point auquel il faut s’attendre : certains passages paraissent long, et peut-être sans intérêt. Peut-être. Parce qu’à la fin, je crois bien que chaque moment est important. Pour comprendre, et conclure.

Il est des livres qui sont laborieux à lire, celui ci n’en est pas un. Il se dévore, du début à la fin, plein de beauté de la nature et d’espoir pour Alice. Je n’aborde même pas le sujet des fleurs, pourtant central, parce que la seule chose que je peux en dire c’est : lisez ce livre version papier, l’objet est vraiment intéressant.

Et vous,

Alors l’Australie, toujours pas envie d’y courir, à force de lire mes avis?

Informations :

Parution : 2 mai 2019

Éditions : Mazarine

432 pages

Merci Mazarine et Netgalley!

Romans·Service presse

Un jardin en Australie – Sylvie Tanette

Cette couverture de livre donnait tellement envie d’y être, impossible de résister!

Ce que ça raconte :

Valérie, française installée dans un coin paumé de l’Australie, ne comprends pas pourquoi sa fille de 3 ans ne parle pas. Ann l’observe, elle qui habitait là auparavant, et qui a consacré sa vie à créer un jardin. Comment ces histoires qui se rejoignent pourront-elle aider cette petite fille encore muette?

Ce que j’en pense :

J’ai tendance à apprécier les livres qui prennent place dans cette Australie encore sauvage, à l’écart de tout. Cette terre rouge, ces étendues gigantesques… Je partais donc avec un a-priori très positif. Malheureusement celui-ci est retombé extrêmement vite, dès les premières lignes. L’écriture est beaucoup trop simple, voire « orale » pour moi. Je n’aime pas lire des « c’est super » dans la narration. Je comprends bien que c’est un parti pris puisque c’est la narratrice qui parle, mais ça abîme la représentation que j’ai de ces endroits.

Malgré tout, comme je n’abandonne pas les livres, surtout assez courts comme celui ci, je me suis obstinée. Alors oui, l’écriture continue sur ce chemin tout le long. Mais peu à peu j’ai commencé à accrocher un peu plus à cette histoire. Enfin, un peu plus. C’est compliqué. En fait, je me suis attaché à savoir ce qui allait arriver à la petite fille. Parce que les deux autres personnages principaux (Valérie et Ann) m’ont été très antipathiques, sans trop savoir pourquoi. Et j’ai eu beaucoup de mal à comprendre l’intérêt, la finalité de l’histoire.

Heureusement pour moi, la fin conclue suffisamment bien ce livre, et je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai passé un mauvais moment. J’ai passé un moment, mais j’aurais aimé tellement plus… Comme si l’autrice lançait beaucoup de pistes sans les étirer jusqu’au bout…

Et vous,

L’Australie, ça vous inspire?

Informations :

Publication : 2 mai 2019

Éditions : Grasset

180 pages.

Merci Grasset et Netgalley!