essai

[Essai] Ceux qui restent – Benoît Coquard

J’avais entendu l’auteur de cet essai dans plusieurs podcast, dont celui des « couilles sur la table » que je vous conseille expressément, sur le vécu des masculinités.

Résumé du livre :

Doctorant en sociologie, Benoît Coquard a adapté sa thèse à propos de la vie des jeunes (20-35 ans) dans le grand Est en livre. Travaillée à la lumière de la mobilisation des gilets jaunes, il y explique ce qu’est la vie de ceux qui restent dans ces régions abandonnées, par les populations sur éduquées, par les usines et les entreprises, et par les pouvoirs publics qui ne comprennent absolument pas ce que c’est de vivre dans une région où le travail, quand il y en a, est à 30 km, les supermarchés idem, et où tout le monde se connaît dans les villages et les petites villes.

Mon avis sur le livre :

En premier lieu, il y a eu la réaction émotionnelle : enfin un livre qui parle de nous. Parce qu’on a beau habiter un territoire très étendu (Marne, Haute-Marne, Meuse, Vosges etc., c’est pas petit!), on ne parle de nous qu’une fois de temps en temps : lors des élections, quand le FN – enfin le RN maintenant – arrive en tête partout, même dans les petits patelins. Alors là c’est parti, et les racistes par ici, et les bouseux par là… Un chapitre très intéressant est d’ailleurs consacré à cette façon de voter. Et cela change assez la vision qu’on pourrait en avoir. Non, on n’est pas plus raciste dans la « France périphérique » qu’ailleurs. Sauf que c’est là qu’on doit le plus se battre pour exister professionnellement, entre autre, donc le « nous d’abord », il touche les gens du coin. On peut même perdre des amitiés à cause d’un emploi qu’un autre a eu à notre place, alors vous pensez bien que les gens qui viennent d’ailleurs…

Ensuite il y a eu la distanciation : qu’est-ce qu’on peut faire d’un livre comme celui-ci? Parce que moi qui le lit, bien sûr j’ai fait des études, j’ai l’habitude de lire, j’aime comprendre, et j’ai appris à prendre le temps pour ça. Et même si je suis un peu de ces gens-là, j’ai la distance qui fait que je ne suis pas totalement de ceux qui restent, mais de ceux qui sont revenus (les gens du coin trouvent ça aberrant, être partie et puis revenir là où il n’y a rien? ). Mais ceux qui sont vraiment resté, est-ce que ça va les intéressé? On parle d’eux, et, clairement, on en parle bien, mais qu’est-ce que ça va changer pour eux? Est-ce que je le conseillerais à ceux que je côtoie tous les jours, qui sont en plein dedans, ces hommes qui partent chaque matin dans les usines à 1h de route – et il y en aura de plus en plus, 800 suppressions de postes dans quelques mois par ici -, ces femmes qui soit sont sur les routes toutes la journée à faire le seul job qui recrutent, assistante de vie, soit sont comme moi, à la maison à s’occuper des enfants parce que des autres emplois, il n’y en a pas, ou le peu qui existe nécessite une cooptation des pairs, qu’on n’a pas forcément? Alors j’ai changé d’avis. Ce livre n’est pas forcément pour ceux qui restent. Mais pour tout ceux qui ne sont jamais venu, ou qui sont parti. Pour les intellectuels qui ont pris les gilets jaunes pour des fous qui se révoltaient pour quelques centimes d’euros à la pompe. Pour ceux qui rigolent quand ils nous entendent parler (oui, moi aussi j’ai un accent de « bouseux », dont j’ai jamais réussi à me débarrasser). Pour ceux qui pensent qu’il suffit de traverser une rue pour trouver du boulot. Ici il faut traverser un département. Pour ceux qui ne comprennent pas qu’on chasse encore dans les campagnes, sauf que chez nous, les loisirs sociaux, y’en a que quand t’es un homme : le foot, la chasse. Pour ceux qui pensent qu’ici ça serait tout de même facile de dynamiser les villages comme ils ont pu le faire dans le sud-est. Sauf que chez nous, y’a rien à visiter, à part des villages détruits pendant la guerre, et des ossuaires. En ce 11 novembre, c’est d’ici dont on va parler, et ensuite on retombera dans l’oubli.

Je vais donc faire quelque chose avec ce livre : vous le conseiller, si vous êtes du coin et que vous voulez mieux vous comprendre ou comprendre la dynamique des gens du coin. Vous le conseiller, si vous n’êtes pas du coin et que vous êtes dépité des gilets jaunes, des votes Le Pen, et des reportages du journal de 13h de TF1. Vous obliger à le lire, si vous êtes dans le groupe des dirigeants, et que lorsque vous regardez vers l’est de la France, votre regard saute directement de Paris à Strasbourg, sans voir tout le reste oublié au milieu.

Dimanche cela fera 1 an que les gilets jaunes ont lancé les hostilités. On ne peut pas dire qu’ils aient obtenus grand chose, le monde pour nous part toujours à vau-l’eau, alors essayons autre chose pour se sentir exister : lisons!

Votre avis :

Et vous alors, vous la connaissez, cette région? A un moment dans le livre, l’auteur parle de ces coins que personne ne sait situer sur une carte. Honnêtement, si je vous dis « Saint-Dizier » ou « Saint-Dié », vous situez?

Informations :

Parution : 17 octobre 2019
Éditions : La découverte

280 pages

Merci aux éditions La découverte et à Netgalley France

Feel-good·Romans

[Roman] La cerise sur le gâteau – Aurélie Valognes

Je vous le dis dès le début, avec cet avis, je vais perdre un peu de ma petite audience…

Résumé de l’histoire :

Brigitte et Bernard arrive à l’âge de la retraite. Si Brigitte s’en réjouie, enfin du temps pour elle, Bernard en est malade. Cet homme qui a consacré toute sa vie à son travail en négligeant sa famille, se retrouver sans emploi ? Une horreur. Mais il ne va pas avoir le choix, il va bien falloir s’y faire, et faire contre mauvaise fortune bon cœur…

Mon avis sur le livre :

J’avais apprécié Mémé dans les orties, premier livre d’Aurélie Valognes que j’avais lu. Puis j’avais enchainé avec En voiture Simone, qui m’avait déçue. J’aurais dû m’arrêter là. Ce genre de littérature n’est pas pour moi. Tout d’abord, il n’y a pas d’histoire, pas de réels rebondissements, pas de tension narrative. C’est une tranche de vie, une photographie de ce qui peut se passer chez tout le monde, une illustration romanesque de ce qu’est le départ en retraite pour certains. Je sais bien que nombre de lecteurs apprécient de retrouver leur vie dans un livre, je suis certaine de ce qui s’est passé pendant leur lecture, à hocher la tête en disant « ah oui, c’est exactement ça », avec un petit sourire, ou qui se sont moquer des traits qu’ils retrouvaient dans leur entourage. Mais de là à en faire un livre de 400 pages? Mais après tout, des tas de gens adorent regarder Plus belle la vie parce que ça leur rappelle la leur, de vie ( enfin, sans les meurtres et les disparitions, j’espère…).

Ensuite, il se trouve que l’autrice utilise un procédé que je déteste : faire rentrer dans son livre toutes les choses à la mode du moment. L’écologie, le zéro déchet, la charge mentale, le féminisme, la réforme des retraites. Dommage qu’elle n’ait pas attendu quelques mois de plus pour la sortie, on aurait pu y retrouver Greta Thunberg, elle qui fait tant parler. Par petites touches, je veux bien, cela ancre le récit dans notre réalité et notre actualité. Mais un lot complet? Parfois j’avais même l’impression que c’était vendu en lot, et qu’il fallait absolument tout faire rentrer. Mais voilà, tout comme je le disais précédemment, c’est affreux, je n’aime pas, mais c’est exactement ce qui plait à tant d’autres lecteurs et qui explique son succès. J’ai même déjà en tête des gens à qui l’offrir et qui l’adoreront.

Enfin, abordons le point écriture. Celle-ci correspond totalement au point précédent. Oui elle est fluide, organisée, aisée à comprendre et à suivre. Une écriture excellente pour la lecture rapide, des phrases courtes, pas alambiquées. Mais j’aime tellement aussi avoir des phrases à déguster, de la poésie, de la délicatesse, des petites surprises de syntaxes, des mots que je ne connais pas ou mal. Ça n’est juste pas le livre pour ça, vraiment pas. Et pourtant, comme je le dis et je le répète, je comprends tellement à quel public il est adressé ( aucun jugement de ma part, si vous aimez, rassurez-vous, chaque livre a son public!). Ce n’est juste pas moi. A partir de maintenant, j’abandonne, sans moi, je laisse à ceux qui l’apprécient le bonheur de lire et de la découvrir!

Votre avis à vous :

Si vous aimez Aurélie Valognes, ou avez apprécié ce livre, dites-moi s’il vous plaît ce qu’il vous plaît le plus, l’écriture, l’histoire, la tranche de vie, les anecdotes? Je suis curieuse de ce à côté de quoi je passe…

Informations :

Parution : 6 mars 2019

Editions : Mazarine

414 pages.

 

Romans·Service presse

[Roman] La vie en confettis – Hélène Vergé

Mon choix de ce livre est assez étonnant : je l’avais demandé sur Netgalley il y a quelques temps, à tel point que j’avais oublié que j’en avais fait la demande. Puis, l’autrice m’a contacté pour me le proposer et, simultanément, ma demande a été validée sur netgalley. Je devais donc être prédestinée pour le lire!

Résumé de l’histoire :

Valentine a 13 ans, elle est un peu farfelue, et surtout, elle adore ses parents, qui le lui rende bien. Jusqu’au jour où un petit frère apparaît. Et avec ce petit frère, des tas de complications dans sa vie si bien réglée. Et des drames. Mais Valentine a des ressources, farfelue oui, mais tellement aimante…

Mon avis sur ce livre :

En lisant le résumé de ce livre, déjà, j’étais tentée. Je m’attendais à un livre positif, amusant, émouvant. Eh bien en le lisant, j’ai déchanté. Et pourtant? J’ai adoré. Je ne comprends toujours pas comment un livre qui regroupe ce que je n’aime pas d’habitude a pu me convaincre.

Tout d’abord, il y a l’écriture. Farfelue comme son héroïne, des images, des façons de parler agaçante, des phrases qui ne mènent nulle part, ou du moins quelque part où je ne suis pas. Je me suis tâtée à abandonner, vous le savez à force, j’ai du mal avec le trop imaginatif, le trop « poétique », surtout quand on regroupe derrière ça une écriture tordue. Mais à force de lire, j’ai réussi à mettre le doigt dessus. Cette écriture me fait penser à celle de Raymond Queneau. J’en ai lu des poèmes qui m’ont transportés, puis j’ai lu « Zazie dans le métro » et je n’ai pas compris. Et pourtant? Je suis retournée aux poèmes. Ce livre m’a fait cet effet, ce « néo-français » m’a agacé, chamboulée, perturbée, et puis en fait, conquise.

Le deuxième point qui aurait du me faire reculer, c’est cette héroïne, Valentine. Sérieusement, je sais qu’à 13 ans j’étais un peu en avance ( bon, ok, très ), mais à 13 ans, on ne parle pas comme ça, et on n’a pas les interrogations qu’elle a. Alors ça m’agaçait, je déteste lorsque l’on fait parler les enfants comme des adultes et je déteste tout autant quand on les rajeunit trop. Un enfant, c’est un enfant, et s’ils ne se ressemblent pas tous, loin de là, il ne faut pas trop exagérer. J’attendais presque le retournement de situation où l’on apprendrait que l’héroïne a un quelconque problème ou retard d’évolution. Et puis, étrangement, petit à petit, j’ai été moins dérangée. J’ai peut-être réussi à accéder à un degré supplémentaire en me disant que c’était secondaire, que je pouvais bien prêter l’âge ou les intentions que je voulais à cette fille, que ça ne changerait rien. Pour autant je conserve mon avis sur ce point, mais tant pis.

Et enfin, il y a le drame. Ce qui me terrifie et me fait jeter les livres loin de moi quand ce point est abordé. Mais il est tellement central à l’histoire que comment faire sans? Je ne dirais pas ce qu’il en est, lisez le résumé, tout est dit en filigrane. Malgré tout, j’ai espéré…

Je n’en ressors donc pas réjoui, je n’en sors pas plus positive, mais étrangement, je n’en sors pas déprimée non plus. Ce livre est vraiment étrange, particulier, et un peu surréaliste peut-être. Mais pas façon  » je ne comprends rien à ce qui est raconté », parfois on ne comprend que trop, mais plutôt d’une façon qui me fait dire qu’un livre que j’aurai du détester m’a convaincue. Et ça, c’est surréaliste.

Votre avis à vous,

Ca vous est déjà arrivé d’être agacé par un héros enfant qui parle comme un adulte, en décalé?

Informations :

Parution : 19 septembre 2019
Editions : Robert Laffont

342 pages

Merci aux éditions Robert Laffont, à Hélène Vergé et à Netgalley France.

 

Service presse·Témoignage

[Témoignage] Mazel Tov ! – Margot Vanderstraeten

La couverture de ce livre est totalement ratée, moi qui m’y fie parfois, j’aurais peut-être dû me faire confiance cette fois-ci…

Résumé du livre :

Margot a une vingtaine d’année, et se retrouve, dans les années 90, tutrice d’une famille de quatre grands enfants, juifs orthodoxe. Elle nous partage donc ses réflexions à ce propos, ainsi qu’à propos de la guerre du golfe qui fait rage, et des difficultés israélo-palestiniennes.

Mon avis :

Je suis toujours curieuse des façons de vivre que je ne connais pas. Parce qu’apprendre à connaître les habitudes, les traditions et le pourquoi de celles-ci me paraissent un bon début pour faire reculer racisme et préjugés, j’ai réellement un intérêt à lire des témoignages de ce genre. En effet, je m’attendais à un témoignage à propos de cette façon de suivre les règles séculaires des juifs orthodoxes, dans un quartier d’Anvers en Belgique où ils sont en majorité. Je pensais me mettre dans la peau de cette autrice et découvrir peu à peu ces petites divergences (la nourriture casher par exemple), mais aussi ces similitudes (non mais il faut le préciser, étant donné ce que l’on peut entendre parfois!).

Malheureusement, ce n’est pas du tout ce que j’ai ressenti dans ce témoignage. Je n’ai pas réussi à éprouver une quelconque sympathie pour l’autrice, qui m’a paru hautaine et jugeante (attention, je le précise, ce n’est que mon ressenti!). La majorité du livre n’aborde pas réellement la vie quotidienne, qui en dehors de certains points est comme la mienne, mais bien plus cette histoire des conflits Israël et Palestine. L’autrice est en couple avec un Iranien, et cela est prétexte à des joutes sans fin à ce sujet. J’imagine bien que cette période était très tendue à l’époque, bien que je sois trop jeune pour m’y être intéressée, mais puisque c’est pratiquement le sujet central du livre, autant le préciser. Pour le reste, le sous-titre expliquant  » mes cours particuliers dans une famille juive orthodoxe », à part quelques pages sur un exposé et l’apprentissage du vélo pour une des filles de la famille, le tour est vite fait.

Enfin, je crois qu’un point m’a été difficile aussi à cause de l’écriture. Les tournures de phrases, les avancées dans l’histoire, toute cette façon de rédiger m’a mise à distance. Je ne sais pas si c’est la version originale du texte qui veut ça, ou la traduction qui est un peu en dessous de ce que je peux lire par ailleurs, mais j’ai été assez souvent laissé sur le côté avec ces phrases. Vous savez, comme quand vous tombez sur un site internet avec un rédacteur plus intéressé par le référencement que par la cohérence de son discours…

Je suis donc déçue, parce que je n’ai pas trouvé dans ce livre ce que j’y étais venue chercher, à part quelques passages intéressant. C’est d’autant plus ennuyeux que ce qui pose problème n’est pas le sujet du livre, mais qu’il ne me parait pas en accord avec ce qu’il promet. Une erreur de ma part, sûrement, vu le nombre de personne qui l’ont apprécié!

Vos ressentis :

Et vous alors, vous aimez ces témoignages de vie qui vous aident à modifier vos stéréotypes?

Informations :

Parution : 10 octobre 2019
Éditions : Presse de la cité

355 pages

Merci aux Presses de la cité et à Netgalley France.

Bande dessinée

[Bande dessinée] Astérix : la fille de Vercingétorix – Jean-Yves Ferri, Didier Conrad

Voilà une des rares séries publiées que je suis. Rare parce que je ne suis pas fidèle en littérature, je ne compte même pas le nombre de série de livres que j’ai commencé et abandonné – Game of Thrones, je parle de toi -, et rare aussi parce que je ne lis presque pas de BD. Je n’y arrive pas, images et textes dans la même lecture, c’est trop pour moi. Mais Astérix…

Résumé de l’histoire :

Vercingétorix a été vaincu, à Alésia, nous le savons tous. Ce que l’on ne savait pas, c’est qu’il avait une fille, Adrénaline, et que celle-ci est dépositaire d’un torque (un collier) qui la rend symbolique auprès de la révolte. Or Jules Cesar compte bien anéantir cet espoir. Il va donc falloir protéger cette adolescente, qui de mieux pour cela qu’Astérix et Obélix?

Mon avis :

Astérix et Obélix, comme beaucoup d’entre nous, c’est ma jeunesse. C’est les BD lues et relues, c’est la petite musique des dessins animés, c’est aussi le film « mission cléopâtre » (les autres sont tellement moins bons…), c’est le lion de Cléopâtre, c’est le roi des animaux, du courage comme quatre mais de l’esprit alors ça, zéro! Pardon.

Cela pour vous dire que je ne pouvais pas passer à côté. Même si, je l’avoue, moi aussi j’ai senti le changement au fil des albums et de la disparition des créateurs, Goscinni et Uderzo. Et pourtant, moi qui ne suis pas une fan de BD, je n’ai d’habitude pas l’œil pour ces choses là. Mais c’est vrai, ça a un peu changer, je ne sais pas si ce sont les idées qui s’épuisent, ou l’héritage lourd à porter.

D’ailleurs, dans celui-là, je vais commencer par les points négatifs, le problème est le même. Déjà, deuxième case, et j’ai commencé par m’étonner : « Mais, Agecanonix n’a pas cette tête là d’habitude, on dirait un corse d’Astérix en Corse! ». Mais j’ai laissé le bénéfice du doute au fait que même Astérix et Obélix ont évolué au fil du temps, rappelez-vous « Astérix le gaulois », qu’est-ce qu’ils étaient moches! Je me dis malgré tout que moi qui n’ait pas l’œil aiguisé, et qui ai été surprise, ça a peut-être pu en déranger d’autres…

Deuxième point qui m’a un peu refroidie, c’est le scénario. Il se passe tellement peu de choses! Est-ce que j’ai trop grandi et que j’en attend plus? Est-ce que c’est réellement suffisant? Pourtant il y avait de bonnes idées, cette plongée dans l’adolescence, mais vraiment il m’a manqué quelque chose. Et puis les personnages emblématiques sont tellement transparents. Un Obélix qui râle 2 ou 3 fois, un Astérix qui dit deux ou trois mots, et un Idéfix aux abonnés absents, ils m’ont manqué eux aussi. Heureusement qu’apparaissent un peu les pirates!

Malgré tout, j’ai tout de même apprécié cet album, et je ne voudrais pas que vous croyiez que ça ne vaut pas le coup. En premier lieu parce que c’est Astérix et Obélix et ils sont toujours sympathiques, ces gaulois et leurs amis. Ensuite, il y a l’idée de fond, ce croquis de l’adolescence, ces réflexions amusantes, ces adolescents actuels mais en braies…

Et enfin, il y a ce qu’on apprécie par dessus tout dans Astérix, l’humour. Oui, j’ai ri. Que ce soit à cause des prénoms (même si c’est vrai il y en a moins et moins recherché que dans certains autres albums), ou alors les dialogues à jeux de mots, qui peuvent faire rire enfants et adultes, et encore les références à notre actualité, aux réflexions de nos politique etc. Je suis bon public, je l’avoue, mais c’est Astérix et cet humour fonctionne avec moi.

Vaut-il donc le coup, cet album de « la fille de Vercingétorix »? Je dirais que oui, largement, pour les petits fans qui le lisent depuis toujours et qui savent encore rire à gorge déployée en lisant. Y a-t-il une marge de progression? Je le pense aussi. Mais l’essentiel est là, et j’ai passé un bon moment à le lire, c’est donc réussi, n’est-ce pas!

Informations

Parution : 24 octobre 2019

Éditions : Albert René

Roman historique·Romans·Service presse

[Roman] Ceux qu’on aime – Victoria Hislop

Oui je sais, j’avais dit que je mettrais Victoria Hislop de côté depuis ma lecture de  » la ville orpheline« . Mais ça fait assez longtemps maintenant, non?

Ce que ça raconte :

Grèce, 1941. La deuxième guerre mondiale bat son plein, et la Grèce se retrouve au centre d’un combat sans merci : les grecs, les italiens, les allemands, les communistes, tous veulent le pouvoir. Au milieu de ces combats de territoire, Thémis, jeune héroïne engagée, doit grandir, vite, et sauver au mieux sa vie et celles des siens…

Ce que j’en ai pensé :

Victoria Hislop est très connue pour ses romans appuyés sur des périodes compliquées de l’histoire, ses héroïnes engagées, et une construction dans laquelle on suit les familles au sein même des événements.  » Ceux qu’on aime » ne diffère pas de ces habitudes, ce qui, je vous l’avoue, m’a plutôt agacée au début. La jeune fille sur qui toute l’histoire va reposer, la famille qui se déchire, les deux frères aux opinions politiques opposées, les grands moments de lyrisme, les mots empruntés à la langue des personnages pour rendre plus réel, ça me donne l’impression de manger l’éternel gâteau au yaourt. La recette est connue, maîtrisée, mais rébarbative. Mais cette autrice a du talent. Avec un gâteau au yaourt que l’on connait bien, elle réussit à nous faire un dessert de fête, et voilà qu’au fil des pages, on s’attache tellement à l’héroïne qu’il nous devient impossible de lâcher l’histoire. Il faut dire que d’une part, c’est vraiment bien écrit : des dialogues cohérents, une langue agréable à lire, des phrases suffisamment bien construites pour qu’il n’y ait aucun accroc à la lecture, on sent l’habitude et on comprend son succès.

Mais cette fois-ci, il y a aussi l’héroïne et ses choix. Auparavant, dans les quelques autres livres que j’ai lu de cette autrice, il était assez facile d’adhérer à ses choix. Les méchants, les gentils, une semi happy end et tout allait bien. Dans ce récit, l’Histoire fait qu’il est bien plus compliqué de se positionner. Alors bien sûr, nous ne défendrons ni les nazis, ni les fascistes, pas d’inquiétudes, cela ne changera pas totalement votre système de valeurs. Mais les autres, ceux qui devraient être « les gentils », le sont-ils vraiment? Jusqu’à où nos espérances et nos convictions doivent-elles aller pour adhérer à certains actes? Thémis est beaucoup moins tranchée qu’ont pu l’être d’autres femmes engagées dans les romans précédents de Victoria Hislop. Je crois d’ailleurs que c’est ça qui m’a le plus plu, le fait qu’enfin, parfois, on puisse se dire que non, on n’adhère absolument pas à ses choix. Enfin. Quand elle a eu le choix, parce qu’on reste en temps de guerre, tout de même.

Ce livre m’a réconcilié avec cette autrice, c’est une très belle réussite, calquée il est vrai sur les romans précédentes, mais quand une recette fonctionne, pourquoi la changer totalement?

Ce qui tombe bien, d’ailleurs, parce que je viens d’emprunter « L’île des oubliés » à la bibliothèque…

Et vous,

Les livres qui utilisent une recette immuable pour leur construction, ça vous agace ou ça vous arrange?

Informations :

Parution : 10 octobre 2019

Editions : Les Escales

496 pages

 

Merci aux éditions Les Escales et à Netgalley France!

Roman historique·Romans·Service presse

[Roman] Dernier printemps à Paris – Jelena Bačić Alimpić

Le plus compliqué dans cet avis? Trouver les caractères spéciaux pour écrire le nom de l’auteur. Ça me faisait mal au cœur d’écrire ça sans les accents, parce que même si je ne sais pas prononcer le serbe, je suis sûre qu’ils sont indispensables!

Ce que ça raconte :

Alors que sa vie personnelle est remplie d’interrogation, Olga, ancienne pianiste talentueuse devenue journaliste, reçoit la lettre d’une femme, Maria. Une octogénaire qui vit dans un sanatorium depuis des dizaines d’années, et qui est décidé à lui raconter sa vie qui est passée par les goulags de Staline. Mais n’y-a-t’il que ça, le récit tragique d’une vieille femme qui perd la tête?

Ce que j’en ai pensé :

J’ai hésité un moment à choisir ce livre. Parce que les livres étrangers qui fantasment sur Paris, ça m’agace. Oui, je suis une provinciale. Mais vraiment, le résumé m’a donné très envie de ce qui s’était réellement passé dans la vie de Maria. Et croyez-moi, c’était une excellente idée, je vous conseille grandement d’avoir la même. Déjà pour l’histoire, qui, c’est vrai, est tragique. Soit. Forcément, les goulags, on ne peut pas appeler ça le « club med de Sibérie ». Mais elle est tellement bien raconté cette histoire, de façon chronologique , s’appuyant sur des fait réels, qu’on ne peut que se retrouver emporté. Bien sûr nous connaissons tous Staline, les goulags, les travaux forcés. En surface. Et le récit de Maria nous permet de comprendre bien mieux ce que cela signifiait de vivre à cette époque, dans ce pays. Les espions, les milliers de morts, les disparus, les familles éclatées, les migrations si on pouvait se le permettre, les trahisons. Cette femme est étonnante. Je ne peux même pas vous dire si je l’apprécie ou pas, mais elle nous permet de nous poser des questions sur ce qu’on aurait fait, nous, en temps de guerre. Parce que c’était une guerre, pour elle, au long cours, même après Staline.

Mais ce n’est pas le genre de livre qui joue uniquement sur les sentiments. Vous savez, ceux dont l’écriture est bancale, mais qu’on ne peut s’empêcher de terminer les larmes aux yeux parce que, tout de même, des enfants morts, c’est triste! L’écriture est maîtrisée, la traduction est délicate, réfléchie, soutenue. J’aurais aimé savoir lire quelques mots de serbe pour savoir si cette façon d’écrire se retrouve dans le manuscrit original. Je ne dirais pas que c’est une écriture poétique, dont on souhaiterait conserver des phrases en citation. Mais au contraire de mes avis, ou de beaucoup de livres qui sont parfois écrit dans une langue courante voire orale, ce livre est écrit, réellement. Avec de belles tournures de phrases, des mots recherchés ( pas au point de devoir ouvrir son dictionnaire en permanence, n’exagérons rien!). Le seul inconvénient de cette jolie écriture, c’est que quand l’autrice écrit des dialogues, ça tombe totalement à plat.

Un  » Madame… Ça va?… » jure tellement avec tout le reste. Heureusement, il y en a peu, il suffit de les passer bien vite, et de se dire que nous aussi, nous avons beau avoir des tas de belles phrases en tête, parfois on se contente de phrases faciles!

Je conclurai donc en vous conseillant très fortement cette lecture, faites un saut dans la Russie stalinienne, et en fait, Paris, on n’en parle très peu…

Et vous,

La littérature serbe, vous connaissez? Des livres à conseiller?

Informations :

Parution : Juillet 2019

Editions : Serge Safran éditeur

329 pages

Merci aux éditions Serge Safran éditeur et à Babelio!