Feel-good·Romans

[Roman] La cerise sur le gâteau – Aurélie Valognes

Je vous le dis dès le début, avec cet avis, je vais perdre un peu de ma petite audience…

Résumé de l’histoire :

Brigitte et Bernard arrive à l’âge de la retraite. Si Brigitte s’en réjouie, enfin du temps pour elle, Bernard en est malade. Cet homme qui a consacré toute sa vie à son travail en négligeant sa famille, se retrouver sans emploi ? Une horreur. Mais il ne va pas avoir le choix, il va bien falloir s’y faire, et faire contre mauvaise fortune bon cœur…

Mon avis sur le livre :

J’avais apprécié Mémé dans les orties, premier livre d’Aurélie Valognes que j’avais lu. Puis j’avais enchainé avec En voiture Simone, qui m’avait déçue. J’aurais dû m’arrêter là. Ce genre de littérature n’est pas pour moi. Tout d’abord, il n’y a pas d’histoire, pas de réels rebondissements, pas de tension narrative. C’est une tranche de vie, une photographie de ce qui peut se passer chez tout le monde, une illustration romanesque de ce qu’est le départ en retraite pour certains. Je sais bien que nombre de lecteurs apprécient de retrouver leur vie dans un livre, je suis certaine de ce qui s’est passé pendant leur lecture, à hocher la tête en disant « ah oui, c’est exactement ça », avec un petit sourire, ou qui se sont moquer des traits qu’ils retrouvaient dans leur entourage. Mais de là à en faire un livre de 400 pages? Mais après tout, des tas de gens adorent regarder Plus belle la vie parce que ça leur rappelle la leur, de vie ( enfin, sans les meurtres et les disparitions, j’espère…).

Ensuite, il se trouve que l’autrice utilise un procédé que je déteste : faire rentrer dans son livre toutes les choses à la mode du moment. L’écologie, le zéro déchet, la charge mentale, le féminisme, la réforme des retraites. Dommage qu’elle n’ait pas attendu quelques mois de plus pour la sortie, on aurait pu y retrouver Greta Thunberg, elle qui fait tant parler. Par petites touches, je veux bien, cela ancre le récit dans notre réalité et notre actualité. Mais un lot complet? Parfois j’avais même l’impression que c’était vendu en lot, et qu’il fallait absolument tout faire rentrer. Mais voilà, tout comme je le disais précédemment, c’est affreux, je n’aime pas, mais c’est exactement ce qui plait à tant d’autres lecteurs et qui explique son succès. J’ai même déjà en tête des gens à qui l’offrir et qui l’adoreront.

Enfin, abordons le point écriture. Celle-ci correspond totalement au point précédent. Oui elle est fluide, organisée, aisée à comprendre et à suivre. Une écriture excellente pour la lecture rapide, des phrases courtes, pas alambiquées. Mais j’aime tellement aussi avoir des phrases à déguster, de la poésie, de la délicatesse, des petites surprises de syntaxes, des mots que je ne connais pas ou mal. Ça n’est juste pas le livre pour ça, vraiment pas. Et pourtant, comme je le dis et je le répète, je comprends tellement à quel public il est adressé ( aucun jugement de ma part, si vous aimez, rassurez-vous, chaque livre a son public!). Ce n’est juste pas moi. A partir de maintenant, j’abandonne, sans moi, je laisse à ceux qui l’apprécient le bonheur de lire et de la découvrir!

Votre avis à vous :

Si vous aimez Aurélie Valognes, ou avez apprécié ce livre, dites-moi s’il vous plaît ce qu’il vous plaît le plus, l’écriture, l’histoire, la tranche de vie, les anecdotes? Je suis curieuse de ce à côté de quoi je passe…

Informations :

Parution : 6 mars 2019

Editions : Mazarine

414 pages.

 

Romans·Service presse

[Roman] La vie en confettis – Hélène Vergé

Mon choix de ce livre est assez étonnant : je l’avais demandé sur Netgalley il y a quelques temps, à tel point que j’avais oublié que j’en avais fait la demande. Puis, l’autrice m’a contacté pour me le proposer et, simultanément, ma demande a été validée sur netgalley. Je devais donc être prédestinée pour le lire!

Résumé de l’histoire :

Valentine a 13 ans, elle est un peu farfelue, et surtout, elle adore ses parents, qui le lui rende bien. Jusqu’au jour où un petit frère apparaît. Et avec ce petit frère, des tas de complications dans sa vie si bien réglée. Et des drames. Mais Valentine a des ressources, farfelue oui, mais tellement aimante…

Mon avis sur ce livre :

En lisant le résumé de ce livre, déjà, j’étais tentée. Je m’attendais à un livre positif, amusant, émouvant. Eh bien en le lisant, j’ai déchanté. Et pourtant? J’ai adoré. Je ne comprends toujours pas comment un livre qui regroupe ce que je n’aime pas d’habitude a pu me convaincre.

Tout d’abord, il y a l’écriture. Farfelue comme son héroïne, des images, des façons de parler agaçante, des phrases qui ne mènent nulle part, ou du moins quelque part où je ne suis pas. Je me suis tâtée à abandonner, vous le savez à force, j’ai du mal avec le trop imaginatif, le trop « poétique », surtout quand on regroupe derrière ça une écriture tordue. Mais à force de lire, j’ai réussi à mettre le doigt dessus. Cette écriture me fait penser à celle de Raymond Queneau. J’en ai lu des poèmes qui m’ont transportés, puis j’ai lu « Zazie dans le métro » et je n’ai pas compris. Et pourtant? Je suis retournée aux poèmes. Ce livre m’a fait cet effet, ce « néo-français » m’a agacé, chamboulée, perturbée, et puis en fait, conquise.

Le deuxième point qui aurait du me faire reculer, c’est cette héroïne, Valentine. Sérieusement, je sais qu’à 13 ans j’étais un peu en avance ( bon, ok, très ), mais à 13 ans, on ne parle pas comme ça, et on n’a pas les interrogations qu’elle a. Alors ça m’agaçait, je déteste lorsque l’on fait parler les enfants comme des adultes et je déteste tout autant quand on les rajeunit trop. Un enfant, c’est un enfant, et s’ils ne se ressemblent pas tous, loin de là, il ne faut pas trop exagérer. J’attendais presque le retournement de situation où l’on apprendrait que l’héroïne a un quelconque problème ou retard d’évolution. Et puis, étrangement, petit à petit, j’ai été moins dérangée. J’ai peut-être réussi à accéder à un degré supplémentaire en me disant que c’était secondaire, que je pouvais bien prêter l’âge ou les intentions que je voulais à cette fille, que ça ne changerait rien. Pour autant je conserve mon avis sur ce point, mais tant pis.

Et enfin, il y a le drame. Ce qui me terrifie et me fait jeter les livres loin de moi quand ce point est abordé. Mais il est tellement central à l’histoire que comment faire sans? Je ne dirais pas ce qu’il en est, lisez le résumé, tout est dit en filigrane. Malgré tout, j’ai espéré…

Je n’en ressors donc pas réjoui, je n’en sors pas plus positive, mais étrangement, je n’en sors pas déprimée non plus. Ce livre est vraiment étrange, particulier, et un peu surréaliste peut-être. Mais pas façon  » je ne comprends rien à ce qui est raconté », parfois on ne comprend que trop, mais plutôt d’une façon qui me fait dire qu’un livre que j’aurai du détester m’a convaincue. Et ça, c’est surréaliste.

Votre avis à vous,

Ca vous est déjà arrivé d’être agacé par un héros enfant qui parle comme un adulte, en décalé?

Informations :

Parution : 19 septembre 2019
Editions : Robert Laffont

342 pages

Merci aux éditions Robert Laffont, à Hélène Vergé et à Netgalley France.

 

Roman historique·Romans·Service presse

[Roman] Ceux qu’on aime – Victoria Hislop

Oui je sais, j’avais dit que je mettrais Victoria Hislop de côté depuis ma lecture de  » la ville orpheline« . Mais ça fait assez longtemps maintenant, non?

Ce que ça raconte :

Grèce, 1941. La deuxième guerre mondiale bat son plein, et la Grèce se retrouve au centre d’un combat sans merci : les grecs, les italiens, les allemands, les communistes, tous veulent le pouvoir. Au milieu de ces combats de territoire, Thémis, jeune héroïne engagée, doit grandir, vite, et sauver au mieux sa vie et celles des siens…

Ce que j’en ai pensé :

Victoria Hislop est très connue pour ses romans appuyés sur des périodes compliquées de l’histoire, ses héroïnes engagées, et une construction dans laquelle on suit les familles au sein même des événements.  » Ceux qu’on aime » ne diffère pas de ces habitudes, ce qui, je vous l’avoue, m’a plutôt agacée au début. La jeune fille sur qui toute l’histoire va reposer, la famille qui se déchire, les deux frères aux opinions politiques opposées, les grands moments de lyrisme, les mots empruntés à la langue des personnages pour rendre plus réel, ça me donne l’impression de manger l’éternel gâteau au yaourt. La recette est connue, maîtrisée, mais rébarbative. Mais cette autrice a du talent. Avec un gâteau au yaourt que l’on connait bien, elle réussit à nous faire un dessert de fête, et voilà qu’au fil des pages, on s’attache tellement à l’héroïne qu’il nous devient impossible de lâcher l’histoire. Il faut dire que d’une part, c’est vraiment bien écrit : des dialogues cohérents, une langue agréable à lire, des phrases suffisamment bien construites pour qu’il n’y ait aucun accroc à la lecture, on sent l’habitude et on comprend son succès.

Mais cette fois-ci, il y a aussi l’héroïne et ses choix. Auparavant, dans les quelques autres livres que j’ai lu de cette autrice, il était assez facile d’adhérer à ses choix. Les méchants, les gentils, une semi happy end et tout allait bien. Dans ce récit, l’Histoire fait qu’il est bien plus compliqué de se positionner. Alors bien sûr, nous ne défendrons ni les nazis, ni les fascistes, pas d’inquiétudes, cela ne changera pas totalement votre système de valeurs. Mais les autres, ceux qui devraient être « les gentils », le sont-ils vraiment? Jusqu’à où nos espérances et nos convictions doivent-elles aller pour adhérer à certains actes? Thémis est beaucoup moins tranchée qu’ont pu l’être d’autres femmes engagées dans les romans précédents de Victoria Hislop. Je crois d’ailleurs que c’est ça qui m’a le plus plu, le fait qu’enfin, parfois, on puisse se dire que non, on n’adhère absolument pas à ses choix. Enfin. Quand elle a eu le choix, parce qu’on reste en temps de guerre, tout de même.

Ce livre m’a réconcilié avec cette autrice, c’est une très belle réussite, calquée il est vrai sur les romans précédentes, mais quand une recette fonctionne, pourquoi la changer totalement?

Ce qui tombe bien, d’ailleurs, parce que je viens d’emprunter « L’île des oubliés » à la bibliothèque…

Et vous,

Les livres qui utilisent une recette immuable pour leur construction, ça vous agace ou ça vous arrange?

Informations :

Parution : 10 octobre 2019

Editions : Les Escales

496 pages

 

Merci aux éditions Les Escales et à Netgalley France!

Roman historique·Romans·Service presse

[Roman] Dernier printemps à Paris – Jelena Bačić Alimpić

Le plus compliqué dans cet avis? Trouver les caractères spéciaux pour écrire le nom de l’auteur. Ça me faisait mal au cœur d’écrire ça sans les accents, parce que même si je ne sais pas prononcer le serbe, je suis sûre qu’ils sont indispensables!

Ce que ça raconte :

Alors que sa vie personnelle est remplie d’interrogation, Olga, ancienne pianiste talentueuse devenue journaliste, reçoit la lettre d’une femme, Maria. Une octogénaire qui vit dans un sanatorium depuis des dizaines d’années, et qui est décidé à lui raconter sa vie qui est passée par les goulags de Staline. Mais n’y-a-t’il que ça, le récit tragique d’une vieille femme qui perd la tête?

Ce que j’en ai pensé :

J’ai hésité un moment à choisir ce livre. Parce que les livres étrangers qui fantasment sur Paris, ça m’agace. Oui, je suis une provinciale. Mais vraiment, le résumé m’a donné très envie de ce qui s’était réellement passé dans la vie de Maria. Et croyez-moi, c’était une excellente idée, je vous conseille grandement d’avoir la même. Déjà pour l’histoire, qui, c’est vrai, est tragique. Soit. Forcément, les goulags, on ne peut pas appeler ça le « club med de Sibérie ». Mais elle est tellement bien raconté cette histoire, de façon chronologique , s’appuyant sur des fait réels, qu’on ne peut que se retrouver emporté. Bien sûr nous connaissons tous Staline, les goulags, les travaux forcés. En surface. Et le récit de Maria nous permet de comprendre bien mieux ce que cela signifiait de vivre à cette époque, dans ce pays. Les espions, les milliers de morts, les disparus, les familles éclatées, les migrations si on pouvait se le permettre, les trahisons. Cette femme est étonnante. Je ne peux même pas vous dire si je l’apprécie ou pas, mais elle nous permet de nous poser des questions sur ce qu’on aurait fait, nous, en temps de guerre. Parce que c’était une guerre, pour elle, au long cours, même après Staline.

Mais ce n’est pas le genre de livre qui joue uniquement sur les sentiments. Vous savez, ceux dont l’écriture est bancale, mais qu’on ne peut s’empêcher de terminer les larmes aux yeux parce que, tout de même, des enfants morts, c’est triste! L’écriture est maîtrisée, la traduction est délicate, réfléchie, soutenue. J’aurais aimé savoir lire quelques mots de serbe pour savoir si cette façon d’écrire se retrouve dans le manuscrit original. Je ne dirais pas que c’est une écriture poétique, dont on souhaiterait conserver des phrases en citation. Mais au contraire de mes avis, ou de beaucoup de livres qui sont parfois écrit dans une langue courante voire orale, ce livre est écrit, réellement. Avec de belles tournures de phrases, des mots recherchés ( pas au point de devoir ouvrir son dictionnaire en permanence, n’exagérons rien!). Le seul inconvénient de cette jolie écriture, c’est que quand l’autrice écrit des dialogues, ça tombe totalement à plat.

Un  » Madame… Ça va?… » jure tellement avec tout le reste. Heureusement, il y en a peu, il suffit de les passer bien vite, et de se dire que nous aussi, nous avons beau avoir des tas de belles phrases en tête, parfois on se contente de phrases faciles!

Je conclurai donc en vous conseillant très fortement cette lecture, faites un saut dans la Russie stalinienne, et en fait, Paris, on n’en parle très peu…

Et vous,

La littérature serbe, vous connaissez? Des livres à conseiller?

Informations :

Parution : Juillet 2019

Editions : Serge Safran éditeur

329 pages

Merci aux éditions Serge Safran éditeur et à Babelio!

Romans·Service presse

Là où l’on n’a pas pied – Fabio Genovesi

C’est assez rare que je lise de la littérature italienne, pour vous dire, à part « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante, il n’y en a même pas d’autres qui me viennent à l’esprit…

Ce que ça raconte :

Fabio a 6 ans, une grand-mère, des tas de grands-pères un peu tordus mais plus le vrai qui est mort, une mère exigeante, un père pas très causant, et une maison dans une impasse où vivent tous ses grands-pères.

Puis Fabio a 8 ans, son père parle encore moins, et il découvre qu’il sait raconter des histoires. Farfelues, peut-être, mais qu’est-ce que le vrai et le faux? L’essentiel, c’est de donner aux autres ce dont ils ont besoin, n’est-ce pas?

Ce que j’en ai pensé :

Ce livre est extrêmement farfelu. L’histoire elle-même est farfelue, avec ces grands-oncles qui se prennent pour des grands-pères, qui sont totalement à l’opposé de ce que devrait être un adulte responsable. Mais rien n’est plus amusant que les farfelus, ni plus émouvant. Parce que c’est éminemment émouvant, cette façon qu’a Fabio de tenter de grandir en restant un rêveur. Il trébuche, se relève, et il avance toujours vers l’âge adulte. Oh parfois c’est un peu brouillon, c’est n’importe quoi, il faut prendre de la distance avec la réalité pure et dure, et s’autoriser à imaginer, à espérer, à transformer les choses. Alors on peut enfin rencontrer Fabio. Et sa tordue de famille, qu’on en vient à adorer.

Mais ça n’est pas l’histoire qui fait tout, c’est aussi la façon de la raconter. Je n’aime pas d’habitude les livres écrits par des adultes du point de vue des enfants. La plupart du temps, c’est totalement déconnecté de ce qu’est vraiment un enfant, comme si les auteurs avaient oublié ce qu’ils avaient été. Ils leur prête même des façons de s’exprimer qui ne ressemble à rien de ce qu’un enfant pourrait dire. A moins d’être un enfant adulte. Mais ici, l’auteur a l’air de se souvenir totalement de ce qu’est être un enfant. Quand on en est encore à se battre de toute ses forces pour distendre la réalité. Quand on tente d’écrire des histoires pour comprendre ce que l’on ne comprends pas encore. Quand l’esprit peut vagabonder pendant des heures, au lieu de trouver un truc utile à faire. Si l’on ajoute à ça cette façon enfiévrée d’écrire, j’ai eu l’impression d’avoir Fabio devant moi. Ce petit gamin qui parlerait à toute vitesse quand il serait convaincu de quelques choses, un italien que je ne comprendrais qu’à demi-mot mais tant pis, les gestes aideraient. Et puis ses oncles aussi, qui me feraient peur parce que trop emportés, mais malgré tout si tendres et si sensibles.

Ce livre m’a fait pensé tellement de fois aux films de Don Camillo, alors que ça n’est pas tout à fait la même époque. Mais leurs dignes héritiers, je crois…

Et vous,

La littérature italienne, vous en lisez? Je passe à côté de quoi?

Informations :

Editions : JC Lattès

Parution : 18 septembre 2019

400 pages

Merci aux éditions JC Lattès et à Netgalley France.

 

Romans

Sale gosse – Mathieu Palain

Tiens, le retour des nouveautés choisies au hasard à la bibliothèque du village! ( Oui, elle est à nouveau ouverte, depuis début septembre, mais les horaires sont peu étendus…)

Ce que ça raconte :

La mère de Wilfried est jeune, paumée, droguée. Elle l’abandonne, et voilà un gamin qui grandit jusqu’à 15 ans dans une famille d’accueil qui l’aime. Au point de vouloir l’adopter. Mais on peut aimer un gosse autant qu’on peut, quand il a trop de colère en lui, un jour, ça explose. Et pour Wilfried, ça explose sur un autre joueur de foot, alors qu’il est en centre de formation pour devenir professionnel. A partir de là, tout s’arrête, tout s’écroule, tout le petit équilibre qu’on lui avait construit disparaît. Jusqu’à ce qu’il rencontre Nina, éducatrice à la PJJ. Pas banale, et pourtant…

Ce que j’en ai pensé :

Percutant. Convaincant. Et surtout, terriblement attachant. Peut-être parce que j’ai toujours envie de sauver le monde entier, peut-être parce que ces pauvres gosses abandonnés et mis au broyeur des décisions de justices me fendent un peu le coeur. Mais sûrement parce que c’est vraiment, véritablement bien raconté. Mathieu Palain a passé un bon moment au sein de la PJJ pour enquêter, écouter, s’imprégner de ce qu’il s’y passe, et ça se sent. Oh je ne dirais pas que c’est forcément réaliste, je n’y connais pas grand chose dans ce monde là, j’ai quitté tout ça il y a longtemps. Mais en revanche la façon de s’exprimer de ces coins là, je la connais. Et c’est extrêmement bien maîtrisé. Bon, bien sûr, la langue des ado évolue très vite, et je commence à en connaître de moins en moins. Mais en attendant, en lisant ce livre, j’entendais parler les gens que je connais. Ceux des « quartier », enfin du « tierquar », ou plutôt même du « tiek ». L’humour, l’ironie pour base des échanges, jusqu’à la violence qui pète sans que tu saches bien pourquoi. L’impression d’abandon et la nécessité de la famille des « frères ». Même si frère, à part si t’es blondinet catho bourgeois et que t’en fais un étendard, tu peux être le frère de tout le monde.

 

Alors bien sûr on peut dire que c’est un peu trop, que l’auteur a tenté de tout synthétiser dans un personnage, et quelques autres, que c’est parfois un peu stéréotypé, que la construction de l’histoire manque un peu de « ah oui, j’espère que ça va se résoudre comme ça », que ce livre est à cheval entre trop de réalité et pas assez. Mais je crois que c’est surtout un livre très réel. Il existe vraiment des gamins à qui la vie n’offre pas grand chose. Il existe vraiment des vies où tout peut s’effondrer après juste une erreur de parcours, parce que ça s’intègre dans un plus grand parcours déjà instable. Alors ce roman réaliste, en effet, c’est parfois trop. Et on est à cheval entre le rien ne s’arrange et rien n’est perdu. Mais après tout, c’est presque la vie réelle, non?

Je crois que pour tout ceux qui voulaient savoir ce que c’était la vie de ces jeunes un peu paumé, le langage de ces jeunes, alors ce livre est pour vous. J’aime parfois tenter de savoir à qui les livres s’adressent. Celui-ci s’adresse à vous, ouvert d’esprit mais éloigné de tout ça, à vous, les gens qui ne voient que des ados qui ont tout pour eux. En revanche, si vous êtes déjà là-dedans, pas la peine de le lire. Je ne sais pas si lire la vie d’un gars qui vous ressemble vous fera quoi que ce soit. Parce que vous allez rire pour vous moquer, sûrement, le traiter de branlos, et j’en passe ( je vous le dis, j’ai quitté ce monde depuis longtemps), mais soyons honnête, ça sera juste pour vous mettre à distance, n’est-ce pas?

Et vous,

Le roman ancré dans le réel, ça vous plaît? Ou alors vous ne voulez que vous évader sans retrouver ce que vous connaissez déjà?

Informations :

Parution : 21 août 2019

Editions : l’Iconoclaste

352 pages

Romans·Témoignage

Les filles du 17 Swann Street – Yara Zgheib

J’ai eu une période où j’étais fascinée par les TCA (troubles du comportement alimentaire). Je lisais les livres, les reportages, etc. Probablement parce qu’une de mes amies en était atteinte. Mais ça faisait très longtemps que je n’avais plus rien lu sur ce sujet!

 

Ce que ça raconte :

Anna Roux est une danseuse. Ou plutôt une caissière, depuis qu’elle a rejoint son mari Matthias aux Etats-Unis. C’est une danseuse, et elle a toujours été sur le fil du rasoir, danser, courir, ne pas trop mangé, se muscler, croire qu’on sera la meilleure parce qu’on est plus légère. Mais ce qui va la faire basculer, c’est la solitude. La solitude qui, pour certaines, rend affamée, va lui couper la faim. Et elle va s’évanouir une fois, deux fois, jusqu’à ce que son mari s’en rende compte, et que l’hospitalisation soit indispensable. Ce sera au 17, swann Street. Avec d’autres anorexiques, boulimiques, et ce microcosme va devoir lui redonner le goût de la vie, et vaincre la peur d’un estomac rempli…

Ce que j’en ai pensé :

Des livres sur l’anorexie, j’en ai lu des tas. La jeune ado de 12 ans qui arrête de manger, celle de 15 ans qui pèse 30 kg et doit à tout prix être nourrie par sonde, celle qui arrête de manger parce qu’elle a été abusé, et j’en passe. Mais ici, quelque chose change. L’héroïne n’a pas 12 ans. Elle en a presque 30. Et oui, elle ne mange plus. Mais pas pour embêter maman. (Oui, il y a eu un long moment où la mode psychiatrique était de dire que c’était la faute de la relation à la mère. Comme toutes les difficultés psychiques d’ailleurs…). Non, c’est bien plus profond. C’est juste qu’à force d’avoir l’habitude de ne plus manger, de compter les calories, d’avoir un comportement et des pensées dysfonctionnelles, Anna se retrouve coincée. J’ai vraiment aimé cette façon de relater les choses, qui explique aussi la dimension comportementale du trouble, au lieu de ne s’intéresser qu’à la difficulté cognitive.

Malgré tout, ne fuyez pas, ça n’est pas un livre psychoscientifique, mais bien un roman. Un roman dans lequel on s’attache aux personnages dont on découvre l’histoire peu à peu. Un roman avec des moments amusants, émouvants, tragiques. Un roman où parfois, je l’avoue, j’aurai voulu plus. J’ai longtemps oscillé entre la sensation que c’était vraiment très maîtrisée, et pourtant inabouti parfois. Alors, pour une fois, j’ai ressenti le besoin de rechercher quelques informations sur l’autrice. Et comme je le présentais, elle a elle-même souffert d’anorexie. Puis elle a fait des recherches pour compléter ce qu’elle savait de l’intérieur, sur les traitements, sur les autres TCA. Ce qui fait que nous avons cette vision, certes subjective, mais aussi assez étoffée par rapport à ce que l’on pourrait attendre d’un roman de ce type.

Mais il ne faut pas oublié que cela reste un roman, et bien entendu, il faut un début, un milieu, et une fin. Or, une fin, dans l’anorexie (et non, je ne fais pas de jeu de mots psychanalytique), c’est assez compliqué, puisque c’est un problème qui reste sous-jacent toute la vie. Alors n’attendez pas de fin heureuse, avec une résolution parfaite. N’attendez pas non plus une fin tragique et noire, sinon ça sonnerait le glas de toutes les tentatives de traitements pour ces femmes – et ces hommes, même s’il n’y en a pas dans ce livre -. C’est plus pondéré, mais il y a une fin, et j’ai bien apprécié de ne pas quitter les personnages sans savoir.

Ce n’est pas un livre amusant. Ce n’est pas un livre tragique. C’est un livre émouvant, dans lequel vous vous attacherez tellement aux personnages que vous leur transmettrez force, et espoir. Et oui, je sais bien que la fin de livre est écrite avant même qu’on le lise, mais en fait, tant pis, j’ai envie de croire que toute la force qu’on envoie à ces filles aident, un petit peu…

Et vous,

Vous aimeriez avoir une influence sur le destin des personnages des romans que vous lisez?

Informations :

Parution : 2 octobre 2019

Editions : JC Lattès

320 pages

Merci aux éditions JC Lattès et à Netgalley France.