Romans

Jamais deux sans toi – Jojo Moyes

J’avais lu « avant toi », comme tout le monde je crois, et j’avais trouvé ça plutôt sympa (mais triste) (mais sympa)(mais super triste quand même…), alors pourquoi pas en tenter un autre?

Ce que ça raconte :

Jess est dans la difficulté. Sa fille est un génie des maths à qui il manque un peu d’argent pour aller dans une école qui lui conviendrait, son fils, enfin beau fils, est différent et se fait taper dessus, et elle galère avec ses deux boulots, donc un de femme de ménage.

Ménage qu’elle fait chez Ed, qui pourrait avoir tout réussi. Jusqu’à ce qu’une erreur le conduise devant les tribunaux.

Ces deux là vont se retrouver à traverser l’Angleterre pour trouver une solution à leur problème. Et si cette solution n’était pas si loin?

Ce que j’en pense :

Quel excellent moment j’ai passé avec cette drôle de famille! Des moments de rire, des moments d’émotions, des moments de colère (mais quel empafé cet ex! Je n’en dirais pas plus, mais quand vous l’aurez lu vous comprendrez…)

C’est un roman sympathique, exactement ce que l’on attend si on veut partir ailleurs pendant quelques heures, si on veut des personnages attachants, si on veut un monde plus sympa. J’ai du mal à vous en dire plus, parce que bien sûr on ne goûtera pas dans ce livre à chaque mot employé, à une syntaxe surprenante, bien sûr les personnages sont un peu caricaturaux parfois, bien sûr il n’y aura pas d’énormes révélations pendant la lecture, mais est ce vraiment ce que l’on souhaite à chaque lecture. Parfois on veut juste un bon roman pas trop surprenant, qui contient exactement ce qu’il dit contenir. Et bien c’est ça. Et qu’est ce que c’est agréable!

Bien plus qu »avant toi », le livre le plus connu de cette autrice. Oh il était très bien celui là aussi, mais on en sortait pas forcément avec le sourire, n’est ce pas?

Et vous,

Vous préférez la surprise dans la lecture, ou parfois, consommer exactement ce qu’on vous a vendu, comme moi ça vous repose?

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Romans

Auprès de moi toujours – Kazuo Ishiguro

Celui là est depuis quelques temps dans mon kindle, et j’avoue que je l’ai commencé sans avoir aucune idée du sujet du livre. J’aime bien me faire des petites blagues du genre, ah ah…

Ce que ça raconte :

Kathy est une accompagnante. Et elle va nous accompagner dans son histoire, à Heilsham d’abord, ce « pensionnat » réservé aux enfants particuliers, et puis dans la suite de sa vie, avec ses deux camarades Ruth et Tommie, sur le chemin de la suite de leur vie, consacrée aux dons. Mais quel don?

Ce que j’en pense :

Ne connaissant pas le sujet du livre, j’ai du m’adapter immédiatement à l’univers. Un univers semblable au nôtre à bien des niveaux, l’Angleterre, un pensionnat, des élèves, des professeurs, mais dissemblable aussi : ces élèves sont spéciaux, on les forme pour quelque chose de spécial. Je n’en dirais pas plus parce que j’ai beaucoup aimé découvrir peu à peu le fin mot de l’histoire. C’est une sorte de dystopie voyez-vous, mais qui avance cachée, que l’on découvre comme le personnage principal qui nous raconte son histoire.

L’écriture est très sympathique. Au début, n’ayant lu que le nom de l’auteur et étant bourrée de préjugés (oui, j’ai honte), je croyais que j’allais y retrouver une écriture « japonaise ». Non pas parce que c’est un style en temps que tel, mais parce que souvent le fait décrire dans une langue donne un style particulier, et le fait de traduire ensuite aussi ( ça n’est pas pour rien que certains auteurs anglophones écrivent en anglais par exemple.) Mais pas du tout, l’auteur est arrivé en Angleterre très jeune, et il a une écriture plus anglaise. Ca se lit tout seul, Kathy nous raconte son histoire et peu à peu on veut en savoir plus, qu’elle nous raconte plus vite, qu’elle réponde à nos questions. Cela la rend vivante, c’est un livre vivant.

Pour l’histoire, bien sûr il faut être capable de rentrer dans cette époque un tout petit peu différente de la nôtre, mais on s’y fait bien. Et puis ce « tout petit peu » différent est assez raisonnable, vous verrez, qui sait, risque-t-on d’y être un jour?

J’ai donc vraiment apprécié ce livre que je lisais sans aucun a priori (à part le nom de l’auteur oui bon d’accord), et je vous conseille d’aller y passer quelques heures. Ca ne rends pas plus heureux de le lire, mais cette évasion est vraiment curieuse!

Et vous,

Vous l’avez lu? Si oui vous allez peut être pouvoir m’aider. Ce livre m’en rappelle un autre, ou un film je ne sais pas, mais je n’arrive pas à remettre l’esprit dessus. Si vous aussi cela vous a fait penser à quelque chose dites le moi! ( Ne me parlez pas du film du même nom adapté avec Keira Knightley, ça c’est sûr je ne l’ai pas vu…)

 

Romans

Tenir jusqu’à l’aube – Carole Fives

Mon second cadeau de Noël, que j’avais repéré il y a quelque temps. Et bien le père Noël a eu la main heureuse!

Ce que ça raconte :

Mère célibataire d’un fils de deux ans, elle explose. Le quotidien est trop lourd, la maternité est tellement lourde aussi. Alors, parfois, elle part, quand le petit dort, 20 minutes, la nuit, dans les rues de Lyon. Mais 20 minutes, c’est court, pourquoi pas plus?

Ce que j’en pense :

Cette tranche de vie résonne tellement avec chaque mère. Bien sûr toutes les mères ne se sauvent pas la nuit en laissant l’enfant si petit dormir. Mais laquelle n’a jamais pensé à 20 minutes sans rien, sans personne à qui penser? Ces quelques minutes, ces quelques heures où l’on ne pensera pas à l’enfant, à son repas à ses jouets à ranger aux visites médicales à la crèche au bain au course aux impôts à l’argent?

On parle beaucoup de la charge mentale en ce moment, et du burn out maternel. Ce livre en est l’illustration parfaite. Pourquoi alors lire un livre qui raconte ce qui se vit déjà? Parce qu’il est bien écrit. Parce que ça reste romancé, et parce que même si des détails créent l’illusion du réel, on plonge quand même dans cette autre vie.

Je vous avoue que j’ai passé le livre à me dire « ah oui parfois c’est tellement ça! » (Mention pour les passages où l’auteure écrit des messages de forum.), et le reste du temps à me dire « j’aimerai tellement aider cette femme » (mon syndrome de j’aimerai bien sauver le monde entier voyez vous).

Alors je ne l’aiderai pas, c’est un personnage de Roman qui a sa propre vie, mais si vous avez envie de plonger quelques heures dans ce livre, et vous interroger vous aussi sur la solitude de la maternité, allez y. Peut être tiendrez vous jusqu’à l’aube à sa place?

Et vous,

Vous aimez lire des livres qui vous font penser à votre vie? (Nb : en partie hein, perso je ne pars pas la nuit sans les enfants. De toute façon j’habite à la campagne et j’ai peur du noir 😅)

Romans

A ce stade de la nuit – Maylis de Kerangal

Parce que j’ai eu du mal avec « Réparer les vivants » mais que je ne voulais pas rester sur une mauvaise impression d’une auteure que beaucoup adorent, j’en ai tenter un autre…

Ce que ça raconte :

Elle entend à la radio les informations sur le naufrage de Lampedusa. 300 morts, migrants, noyés. Et son esprit vagabonde à travers le mot Lampedusa, à travers ses souvenirs, à travers son ressenti.

Ce que j’en pense :

Je crois que l’esprit de Maylis de Kerangal et le mien ne se rencontreront jamais. J’ai tout à fait compris l’intérêt du livre, ce qu’elle cherchait à y mettre. Mais je passe à travers, comme j’étais passée à travers réparer les vivants.

Déjà il faut dire que ce livre est une commande pour les rencontres littéraires en pays de Savoie. D’où la taille extrêmement réduite de ce livre, 80 pages tout au plus. Heureusement pour moi, parce que ça a été… compliqué. Pourtant on n’y retrouve pas ce que je reprochais à « réparer les vivants », à savoir cette suite de virgule point virgule comme si le point coûtait trop cher, ces mots accolés les uns aux autres pas toujours très clairement. Ici les phrases sont construites de façon cohérentes, c’est plutôt les idées qui partent dans tous les sens. J’ai bien compris que c’était le propos du livre, mais le mien de cerveau n’a pas ce cheminement du tout!

J’ai pourtant apprécié tout les débuts de chapitre. Tout les stades de cette nuit. Mais je n’ai pas compris où l’auteure voulait nous emmener. Je ne suis pas partie. Je suis restée bloquée à Lampedusa, me rappelant la catastrophe, et peu m’importe Burt Lancaster, peu m’importe ses voyages dans les îles éoliennes.

Cette commande était à l’origine à tirage limité. Elle aurait dû se limiter à m’éviter soigneusement, j’ai l’impression d’avoir gâché un moment que je ne peux pas apprécier. Je ne lirais plus d’autres livres de cette auteure, vraiment, elle et moi sommes trop dissemblables. Mais je comprends que d’autres puissent apprécier…

Et vous,

Il y a des auteurs que vous jugez inaccessibles pour vous?

Romans

La ville orpheline – Victoria Hislop

Oui je sais qu’on m’avait conseillé « l’île des oubliés » plutôt que celui ci, mais je prends ce que je trouve à la bibliothèque, et il n’y avait que celui-ci snif.

Ce que ça raconte :

Savvas et Aphroditi Papacosta ouvrent un hôtel somptueux à Famagouste, haut lieu du tourisme Chipriote. Malheureusement nous sommes en 1972, et l’île va bientôt être déchirée en deux, divisée entre grecs et turcs, par la violence des armes. Et les familles qui gravitaient autour de cet hôtel vont voir leur destin totalement transformé…

Ce que j’en pense :

Je ne connaissais pas cette partie de l’histoire de Chypre, j’étais bien loin d’être née à cette époque, et pour moi ça a toujours été une île morcelée, mais touristique. Revenir donc sur cette partie de l’histoire est plutôt intéressant, et c’est un peu la spécialité de l’auteur, écrire de petites histoires dans la grande Histoire.

Pour autant j’ai été un peu déçue, justement a cause de cette histoire de spécialité de l’auteur. C’est construit un peu trop similairement à celui que j’avais lu il n’y a pas si longtemps « une dernière danse ». On suit des familles, avec des personnages un peu plus fort que d’autres, et les rebondissements concernent souvent une violence, un mort que la famille idolâtrait, et une trahison. J’aurais aimé un peu plus peut être, ou un développement moins long sur la Chypre « d’avant » (près de 30% du livre se consacre à la construction d’un hôtel et au faste de cette époque), et plus de temps à suivre les familles après le tournant de l’histoire. D’ailleurs, j’ai eu beaucoup de mal à situer exactement qui était qui dans ces familles. Ça n’est pas essentiel pour comprendre, mais souvent je me dis que si j’ai trop de mal à savoir qui est qui dans les relations familiales, c’est qu’un petit truc manque.

(Bon sauf dans les rougon macquart de Zola, là j’ai attaqué direct avec l’arbre généalogique à côté. Mais bon, y’a beaucoup de personnages dans beaucoup de tomes et c’est le fond de l’histoire…).

J’ai tout de même passé un bon moment, mais j’avais été beaucoup plus transportée par « une dernière danse » et cette histoire de l’Espagne. Pour autant je continue à laisser « l’île des oubliés » sur ma liste, vous m’en avez tellement parlé!

Et vous,

L’histoire de Chypre, vous connaissiez?

Romans

La papeterie Tsubaki – Ogawa Ito

Je vous préviens tout de suite : c’est une des mes auteures préférées, donc rien ne sera objectif. D’un autre côté, qu’est ce qui est plus subjectif qu’un avis?

Ce que ça raconte :

Poppo revient dans son village pour s’occuper de la papeterie de sa grand mère, la papeterie Tsubaki. Mais leur cœur de métier, c’est écrivain public. Et pour écrire pour les autres, il faut le bon papier, la bonne encre, les bons mots. Mais quand il faut écrire pour soi?

Ce que j’en pense :

Un doudou. Un livre dans lequel on pourrait se pelotonner pour passer une année complète au côté de Poppo. J’aime toujours autant cette façon d’écrire, descriptif mais vivant. On pourrait croire que ce ne sont que des tranches de vie, que ça ne mène nulle part qu’à ça, mais non, il y a un fil rouge le long du livre qui nous fait continuer.

L’auteure sait croquer des personnages en peu de mots, mais tellement intéressant. Bien sûr on ne saura pas tout, mais on comprend bien pourquoi, leurs histoires existaient avant nous, et existeront après nous.

Pour autant, le plus important dans ce livre, c’est la calligraphie. L’art épistolaire. Comme dans « le restaurant de l’amour retrouvé » avait pu donner envie de se mettre à la cuisine, celui ci vous donnera envie d’envoyer à nouveau des lettres manuscrites. Choisir le papier, le stylo, l’enveloppe, le timbre, les bons mots, y passer du temps juste pour qu’arrive au destinataire la meilleure lettre possible…

Et encore, ce n’est qu’en français! Parce que vous verrez que les lettres originales en japonais sont insérées dans le livre, et même si vous ne lisez pas le japonais, c’est une œuvre d’art. Rien que pour ça, ça mériterait d’être feuilleté. (Mais si vous ne lisez pas l’histoire vous passez à côté de l’essentiel tout de même).

Je n’en dirais pas plus si ce n’est que j’aurai aimé passer encore quelques jours à la papeterie Tsubaki.

Et vous,

Il y a des auteurs qui ne vous déçoivent jamais?

Romans

Trois concerts – Lola Gruber

Une chronique le jour même de la sortie du livre, si c’est pas de l’efficacité ça mes amis!

Ce que ça raconte :

Viktor Sobolevitz, grand violoncelliste, ne joue plus vraiment depuis la mort de sa femme. Et depuis qu’il a décidé de ne pas jouer les trois suites qu’un célèbre compositeur lui avait écrit.

Clarisse Villain est une jeune violoncelliste, toujours à contre-temps dans la vie, mais qui réussit à devenir l’élève de ce grand maître qui n’en prend jamais.

Mais comment construire une vie sur un chagrin? Une carrière sur l’échec?

Ont-ils choisi ce si gros instrument pour pouvoir disparaître derrière?

Ce que j’en pense :

J’ai adoré. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je sais qu’il y a des manques, des choses qui me sont insupportables d’habitude, mais, j’ai adoré.

Au début il faut se faire à l’écriture, particulière. Un tutoiement constant, une façon de nous glisser dans la tête des personnages. Mais suffisamment maîtrisé pour que l’on y accède rapidement, et qu’on oublie peu à peu cette pirouette.

Ensuite il y a les personnages. L’auteure ne nous les offre pas tout entiers dès le début, ça peut être déroutant. Mais c’est tellement intéressant de les découvrir peu à peu, comme eux se découvrent. Et ce ne sont pas des personnages creux, sans relief. Vous n’aurez pas le vieux qui jouait comme une Dieu, la jeune fille blonde filiforme qui fait tomber tout les hommes, loin de là. Ils ont des failles, des doutes, des interrogations, des moments où ils ratent leur chemin, et où ils le retrouvent.

Et enfin, il y a la musique. La vraie. Celle des mots et celles des notes. Je crois que c’est ça qui m’a le plus conquise. Bien sûr au début je me suis demandé si ça n’était pas un livre pour initiés. Qui peut mieux comprendre que ceux qui ont déjà passé des heures sur une partition, avec un professeur qui vous parle de tout sauf des notes, mais en fait qui ne vous parle que de ça? Mais je crois qu’on peut apprécier ce livre même sans ça, et avoir ensuite envie d’écouter des heures et des heures de violoncelle.

D’ailleurs j’ai lu ce livre en écoutant les morceaux dont l’auteure parle (sauf un, l’essentiel, mais vous comprendrez en lisant le livre). Il devrait être fourni avec un album, ou tiens, une playlist Deezer, même si je vous l’accorde le son est pas top si on est un mélomane averti. Mais si on est un lecteur curieux, ça devrait aller!

Alors voilà, c’est vraiment un livre parfaitement réussi, pas forcément « facile », mais une fois qu’on tombe dedans, on n’en ressort pas facilement.

J’en ai même lu quelques passages à mon fils de bientôt 8 ans, lui qui parfois se bat avec son violoncelle comme un boxeur…

Et vous,

Vous vous faites des playlist virtuelles quand vous lisez un livre?