Romans

Les îles aux pins – Marion Poschmann

Et si on partait en voyage au Japon?

 

Ce que ça raconte :

Gilbert, historien travaillant sur l’histoire de la barbe et sa représentation, rêve que sa femme le trompe. Au réveil, elle le nie, et lui décide de partir au Japon, comme ça. Il y rencontre un livre de voyage et un étudiant japonais suicidaire. Les deux conjugués vont l’emmener en voyage à travers le Japon, jusqu’à son arrivée aux îles aux pins.

 

Ce que j’en pense :

Mais quel est cet ovni? A un moment je me suis demandé si je ne m’étais pas trompée d’embranchement en suivant l’histoire de ce livre. A se demander si on est pas en pleine crise psychotique?
Bon déjà, le postulat de base: un homme rêve que sa femme le trompe, et parce qu’elle le dément au réveil, part sur un coup de tête à l’autre bout du monde. Hum. Soit. C’est totalement farfelu, mais c’est marrant.
Et après, il rencontre un étudiant japonais qui se balade avec le livre des meilleurs spots pour le suicide au Japon. Ca aussi c’est farfelu, mais presque marrant en fait.
Et enfin, son obsession pour la barbe, ce qu’elle représente, et le gars qui part en expliquant ensuite sommairement que c’est pour son boulot sur les barbes, alors même que si y’a bien un truc qui caractérise nombre d’asiatique, c’est qu’ils n’en ont pas (génétiquement, ça pousse pas. A part les trois poils de chaque côté de la bouche et les quatre en bas, vous comprendrez pourquoi dans les films de samourais ou de ninja les vieux sages ont une barbe de cette forme…) (oui oui ok y’en a chez qui ça pousse, mais je vous jure que c’est une spécificité génétique.) Totalement farfelu, mais bon.

En dehors de ça, c’est agréablement écrit, mis à part que ça ne va nulle part à part vers les îles aux pins. Mais j’ai remarqué que c’est un reproche que je fais régulièrement voire tout le temps aux livres édités sous l’égide « Cosmopolite ». Je ne sais pas pourquoi, les fins de ces livres me paraissent abîmer le livre, elles restent en suspends, elles ne résolvent rien, elles me font du mal presque, vraiment cette impression d’une équation irrésoluble. C’est ennuyeux, zut, c’est déjà comme ça dans la vie, pourquoi me faire ça dans les livres? J’en suis à m’interroger sur le responsable de cette collection. C’EST QUOI SON PROBLEME??

Mais bon, revenons à nos moutons. Ou à nos pins. C’est un livre agréable, farfelu, l’impression de tomber dans un autre monde. Je crois que c’est le genre de livres où il faut se départir de toute logique juste pour profiter du voyage. Ne pas chercher à trouver les gens sympathiques ou non, ou comprendre leur façon d’agir, ni même espérer faire quoi que ce soit pour eux. Juste profiter de la promenade. Si vous êtes capable de ça, alors vous apprécierez ce livre. Et chercherez aussi peut-être une anthologie des barbes, de la représentation de Dieu à nos jours, qui sait. Vous aurez peut être aussi envie de partir au Japon, mais tant que ça n’est pas pour faire un point sur les meilleurs endroits pour finir volontairement sa vie, ça ira.

Et vous,

Oui vous, vous en avez lu des livres de « la cosmopolite » dont la fin vous a réjouie? C’est pour essayer!

 

Informations :

Parution : 6 mars 2019

Editions : Stock, la cosmopolite

Nombre de pages : 198 pages

 

Merci Stock et Netgalley pour m’avoir permis de lire ce livre!

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Romance·Romans

Le jardin de l’oubli – Clarisse Sabard

J’avais tellement aimé « les lettres de Rose », il fallait que je confirme l’idée que j’avais de cette autrice!

Ce que ça raconte :

Faustine, trentenaire célibataire vaccinée des hommes, part chez sa grande tante dans les hauteurs des alpes maritimes pour réaliser un reportage sur ces coins à la belle époque. Sauf qu’elle va découvrir que son histoire est intimement liée à celle d’une grande dame de cette époque, et qu’être vaccinée des hommes n’empêche pas parfois de retomber malade?

Ce que j’en pense :

Deuxième livre de cette autrice que je lis, et je confirme : j’aime beaucoup non seulement son écriture, mais aussi sa façon de construire les histoires.

En effet, entremêler une histoire moderne, presque la nôtre en fait, avec une histoire d’avant, pour les faire se rejoindre à un moment ou un autre je trouve ça fascinant. Et très agréable d’être maintenue en haleine du début à la fin pour savoir réellement ce qu’il en est. Mais ça n’est pas un thriller voyez vous, tout le livre n’est pas au service du dénouement, on ne se dit pas « 400 pages juste pour ça? » Bien au contraire, on passe des moments agréables tout le long de l’histoire.

J’avoue aussi qu’un point qui me convainc à chaque fois, c’est les lieux. Ça me donne un sentiment de vacances, de chaleur. L’impression de visiter à nouveau ces endroits, d’y être avec les héroïnes des histoires (bien sûr c’est un peu plus facile pour moi que pour d’autres, ma mère habite dans le coin…). Ah c’est autre chose qu’un polar suédois où l’on sentirait presque la neige à chaque page!

Et enfin, ce qui termine de me convaincre que j’aime vraiment, c’est la langue. Moderne, et drôle. Pour autant, pas une langue facile se contentant de répéter les mots « elle fit, elle dit, elle répéta », non non, il y a tout de même du vocabulaire, et des saillies extrêmement amusantes.

Voilà mon style de livre, de la romance ok, mais pas que. Je crois que je vais me laisser convaincre par le dernier!

Et vous,

Vous avez déjà testé des livres de cette star actuelle des autrices?

Informations :

Parution : 13 février 2018

Éditions : Charleston

Nombre de pages : 432 pages

Romans·Témoignage

L’île aux enfants – Ariane Bois

Quand les romans te font toucher du doigt une part de l’histoire de France pas très reluisante…

Ce que ça raconte :

Pauline, 6 ans, sa sœur Clémence, 4 ans, vivent à la Réunion. Dans la pauvreté peut être, mais dans leur famille. Mais on est en 1963, et comme des milliers d’enfants réunionnais, elles sont emmenées de force en France, pour être « offertes » à des familles et repeupler les départements ruraux. Comment revenir sur son histoire quand tout a été caché et organisé pour être caché?

Ce que j’en pense :

Je ne connaissais pas l’histoire de ces enfants de la réunion. Mais après ce roman, je suis atterré par ce que certains ont pu décidé il y a à peine une cinquantaine d’année! Embarquer des enfants pour les transporter à des milliers de kilomètres de chez eux, soit disant parce qu’ils étaient orphelins alors que ça n’était pas toujours le cas? Les faire débarquer dans des familles aimantes, parfois, mais pas toujours, parfois juste les envoyer travailler encore et encore?

Et on ne parle pas d’esclaves d’il y a 200 ans, on ne parle pas de la manipulation d’adoption au fin fond d’un pays de l’Est, on parle de la France. A l’époque de nos parents. Aberrant.

En dehors du fond de cette histoire, le roman, parce que c’est un roman, ne mise pas tout sur cette émotion. La petite histoire nous laisse des moments de répits, d’espoir, et l’autrice maîtrise suffisamment bien son sujet pour ne pas s’être contenté de personnages à l’emporte pièce. Ce qui fait que même si l’Histoire est fascinante, l’histoire, elle, est émouvante, et passionnante.

Et vous,

Vous en aviez entendu parler de ces enfants utilisés comme marchandise de repeuplement?

Informations :

Parution : 14 mars 2019

Éditons : Belfond

Nombre de pages : 240 pages.

Merci Belfond et Netgalley de m’avoir permis de lire ce livre…

Romans

Aquarium – David Vann

Oui je sais, c’est pas le tout dernier de cet auteur que tout le monde adore mais que je ne connaissais pas…

Ce que ça raconte :

Caitlin, 12 ans, vit entre le collège, sa meilleure copine tout juste arrivée d’Inde, sa mère qui travaille en permanence, et l’aquarium. Elle est passionnée de poissons. Jusqu’au jour où elle y rencontre un vieil homme, et qu’ils se lient d’amitié. Mais sa mère le connaît, cet homme. Et vont s’enclencher des changements radicaux…

Ce que j’en pense :

Tout d’abord précisons que je sais que cet auteur est très apprécié, mais je ne connais pas du tout ses autres livres. En attaquant celui-ci, je m’ennuyais ferme. La descriptions des poissons, ampoulée, les métaphores ou les élucubrations sur ce que ça pourrait être, je trouvais ça long. Puis petit à petit, je me suis accrochée, et j’ai accroché à cette comparaison entre la vie vue par Caitlin et celles que vivent ces poissons. Malgré tout ça restait pépère.

Jusqu’à ce que justement… Mais chut, je ne voudrais pas tout vous vendre. Quoi qu’il en soit, après cette période d’ennui, un retournement de situation m’a totalement transporté. Pas dans un monde fantastique ou joyeux, pas du tout, dans l’angoisse, dans l’envie de dire « ah non hein, vous allez arrêter ça tout de suite! ». D’ailleurs je crois que l’auteur aussi a eu comme ses personnages l’impression d’aller trop loin?

Nous voici donc face à un récit lent, presque documentaire, puis un tournant qui nous oblige presque à accrocher au livre, et une envie de savoir la fin. C’est ennuyeux parce que je me suis sentie un peu manipulée. Ai-je aimé ou non? Ai-je aimé pour les qualités intrinsèque au roman, ou parce que ce qui s’y passe m’a obligé à m’y accrocher? Je ne sais pas. Alors peut être que je vous le conseille, parce que mine de rien en dehors des 10000 poissons du début, les petits dessins sont sympathiques et ça aborde la rédemption et c’est toujours intéressant. Mais méfiez vous, peut être que vous serez agacés par ce trop qui débarque de cette façon…

Et vous,

Vous avez l’impression parfois que l’auteur manipule trop le lecteur?

Informations :

Parution : 3 octobre 2016

Éditions : Gallmeister

Nombre de pages : 280 pages

Romans

Roissy – Tiffany Tavernier

Parfois la bibliothèque est presque au top de l’actu, j’y ai trouvé un livre sorti en 2018 dites donc! (Je rappelle que c’est une petite bibliothèque de village gérée par des bénévoles, le budget est limité, ce n’est donc pas du tout une critique 😉)

Ce que ça raconte :

Une femme, qui vit à Roissy, l’aéroport, depuis plusieurs mois. Pourquoi est-elle là? Elle ne sait plus. Mais s’adapte comme il le faut, et se crée chaque instant une vie nouvelle. Jusqu’à ce qu’elle rencontre un inconnu…

Ce que j’en pense :

C’est étrange de rentrer dans la vie d’une femme par petits bouts, d’y être parachutée, sans tout comprendre, sans savoir ce qui est vrai ou inventé. Mais le sait-elle elle-même? Le parti pris de l’auteur de nous présenter peu à peu les choses, l’histoire de cette femme, nous fait toucher du doigt sa sensation d’être perdue, et pourtant, d’avoir déjà ses habitudes.

Après, il faut apprécier de ne découvrir que peu à peu des choses, de craindre de ne jamais savoir. Pour autant, tant pis, ce livre n’est pas que ça, il est autre aussi : saviez vous, vous, que tant de SDF peuplaient les terminaux d’aéroports? Saviez vous qu’à condition de marcher sans cesse, d’être propre et de faire un peu semblant, on pouvait survivre au chaud, dormir parfois une heure à l’hôtel, se laver dans les toilettes et même parler aux gens? Je ne m’en doutais pas du tout. Il faut dire que ça fait bien longtemps que je n’ai pas mis les pieds dans un aéroport… Et puis d’ailleurs, à part ceux qui te sautent dessus pour te demander de l’argent, et que les gens repoussent l’air dégoûté alors que ça se trouve c’est le seul échange verbal qu’ils ont, qui les voient vraiment, ces gens?

J’ai vraiment aimé cette façon de partager le quotidien de ces gens invisibles. Celle qui ne sait plus et qui cherche ou ne cherche pas. Ce qui se cache pour être au chaud. Ceux qui écrivent mais dont l’esprit est totalement embrumés. Ceux qui attendent quelqu’un qui n’arrivera jamais.

Et je remercie l’autrice pour la fin de son livre. Parce qu’il nous apporte suffisamment de réponse pour ne pas avoir l’impression d’avoir perdu son temps, mais suffisamment peu pour laisser libre champs à ce qui pourrait être.

Et vous,

Vous faites attention à ces gens invisibles?

Informations :

Parution : 30 août 2018

Éditions : Sabine Wespieser

Nombre de pages : 280

Biographie romancée·Romans

Charlotte – David Foenkinos

Parce que tu peux tenter de résister autant que tu veux, quand tout le monde te dit « lis le », parfois ben… tu craques.

Ce que ça raconte :

Quand on a une hérédité de mélancolie dans toute sa famille, quand on a 26 ans pendant la guerre, quand on est juive par dessus tout ça, on sent l’odeur de la fin. Mais Charlotte Salomon a l’art chevillé au corps, et malgré tout, pendant ces quelques années, sera une grande peintre…

Ce que j’en pense :

Je ne voulais pas le lire. Qui a envie de s’imposer un livre dont le résumé commence par « Charlotte est morte à 26 ans, enceinte, à Auschwitz. » Moi j’y peux rien j’ai le cœur sensible et ça faisait beaucoup d’informations, je ne voulais pas vivre 200 pages d’une agonie.

Eh bien ce n’est absolument pas ça. D’ailleurs, son agonie on en parle même pas, quelques phrases pour conclure, quelques mots, rien de plus. Mais l’auteur raconte sa vie. Oh elle n’a pas été épargné, une longue lignée de suicidaire avant elle, une façon étrange de ressentir la vie, on ne rit pas vraiment dans ce livre. Mais surtout, il nous donne envie de découvrir cette artiste, à fleur de peau, mais pas fragile.

Et surtout, il est très joliment écrit, ce texte. On pourrait croire que tant de malheur rende la lecture ardue, et pas du tout. La première chose que j’ai pensé c’est « il est joliment écrit ». En délicatesse. Pas de gros chapitre informe et immangeable, pas de phrase à rallonge, plutôt une construction comme un poème, phrase après phrase, sentiments après sentiments. Ça ne rime pas, mais ça pourrait presque.

Vraiment je ne regrette pas, je n’en ressors pas si bouleversée, et plutôt avec une envie aller chercher ses dessins, ces tableaux, à Charlotte…

Et vous,

Vous avez des a priori sur la difficulté de certains livres?

Informations :

Parution : 2014

Éditions : Gallimard

Nombre de pages : 256 pages

Roman historique·Romans

Le sang des mirabelles – Camille de Peretti

Oui, je l’avoue, j’ai choisi ce livre uniquement parce qu’avec ce temps pourri j’avais besoin de fruits d’été. Même si, vous allez le voir, le rapport est lointain…

 

Ce que ça raconte :

Moyen-âge, Royaume du roi Neuf. Eléonore, jeune fille, épouse l’Ours, et tente, tant bien que mal, de se faire à son rôle de femme, silencieuse, soumise. Et plutôt mal que bien. Sa soeur, Adélaïde, se retrouve elle aussi au château, sous la coupe de la soeur de l’Ours, Cathaud, l’araignée. Mais sa passion, à Adélaïde, c’est soigner. Mais une fille ne doit pas soigner, elle doit broder, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle soit mariée. Peut-elle vraiment voir s’enfuir sa vie au bout de son aiguille?

 

Ce que j’en pense :

Je ne suis pas trop calée sur le Moyen-Age, mes connaissances se limitent à quelques cours à l’école, et à avoir lu Tristan et Iseult. Cela me permet donc de vous dire que j’ai tout appris dans ce livre, mais que je ne suis pas certaine que tout soit vrai. Mais je fais confiance à l’autrice, c’est tellement bien écrit. Je suis tombée dans la marmite dès le début du livre. Parce que dès le début du livre, on a tout une description d’un repas médiéval, avec un oiseau majestueux ( je ne savais même pas que ça pouvait se manger, des cygnes, des rouges gorges….). Les odeurs m’ont accompagnée au fil des pages, je prête à ce livre des odeurs de poivres, de cannelle, de rôti, de fenaison. Etrangement, pas trop de mirabelles. Parce que les mirabelles sont le lieu d’un royaume dans ce cadre.

C’est un point très étonnant, d’ailleurs, cette invention de noms et de lieux. L’ours, l’abeille, cela m’a beaucoup aidé à situer et imaginer les personnages. En revanche, le royaume et toute la partie « géopolitique », j’ai survolé. Je n’aime pas ça, je ne m’y intéresse pas. Comme dans game of throne où après avoir lu les bouquins et vu la série je n’ai toujours pas compris l’enjeu politique, à part qu’il faut défendre le mur. Mais ça ne retire rien au livre, chacun y trouvera ce qu’il y souhaite, moi je préfère les histoires humaines.

Ce qui tombe bien, parce que l’histoire d’Eleonore et d’Adélaïde est centrale. Ces jeunes filles, qu’on attend dans un rôle précis, à leurs places, sans dépasser, sans rébellion, vont au cours de ces quelques pages, et malgré leur jeune âge, tenter de faire ce qu’elles veulent et ce qu’elles croient juste. Je vous avoue que j’ai surtout eu une tendresse singulière pour Adélaïde, plus que pour sa soeur qui ne m’a pas toujours été très sympathique. Mais je suis certaine que chaque lecteur ressentira les choses différemment, et s’attachera qui à Eléonore, qui à Adélaïde, qui à Guillaume, qui à Tancrède.

Une plongée de quelques heures dans ce monde médiéval parallèle, et me voila avec l’envie de visiter des châteaux et goûter à un festin de l’époque…. Une belle réussite! (enfin. Sauf pour les rouges gorges, ça, je passe mon tour)

Et vous,

Vous aimez cette période de l’histoire?

Informations

Parution : 6 mars 2019

Editions : Calmann-Lévy

Nombre de pages : 342

 

Merci Netgalley et Calmann-Levy