Romans·Service presse

[Roman] Protocole gouvernante – Guillaume Lavenant

J’avais repéré ce roman grâce à l’extrait dans le magazine Lire de la rentrée littéraire. Il fait du mal à ma pile à lire, ce magazine !

Résumé de l’histoire :

Une gourvernante inconnue arrive dans une famille. Elle suit son protocole à la lettre. Un protocole qui va l’amener à être indispensable, mais à voir plus grand aussi. Une machination? Ou juste une super Nanny qui obéit à la lettre?

Mon avis sur le livre :

Rédigé à la deuxième personne du singulier, cet étrange livre, cet étrange protocole est autant pour la gouvernante que pour nous. Étonnamment, moi qui suis assez réticente à lire des livres écrits de façon non conventionnelle, il ne m’a fallu que les quelques premières phrases du chapitre pour avoir envie d’en savoir plus. Il faut dire que l’auteur ne dévoile rien qu’un protocole, ligne après ligne, action après action, et notre esprit travaille pour fabriquer le reste. C’est excellemment bien maîtrisé, parce qu’il joue sur les habitudes prises par notre esprit. Cette gouvernante pourrait suivre un protocole tout à fait anodin, c’est d’ailleurs ce qu’elle fait au début, prendre le thé, saluer les parents, apprivoiser la fillette, mais notre habitude du drame s’accroche, et veut en savoir plus. Que cache cette Mary Poppins contemporaine? Peu à peu, les choses se dévoilent, en transparence, puis plus frontalement. Et c’est fascinant. Je crois d’ailleurs que c’est toute cette rédaction du protocole qui est fascinante. Il n’y a que dans les dernières pages qu’un petit éloignement de celui-ci se fait, en changeant la rédaction, et en délivrant un peu le pourquoi de ce protocole.

Comme beaucoup d’ailleurs, je regrette un peu cette fin. Ce livre est court, et la fin est bien trop rapide. Je ne parle pas du tout du parti pris d’interrompre de cette manière l’histoire, que j’ai moi-même beaucoup aimé. (Non je ne dirais rien de plus, lisez-le, il se lit réellement vite, et vaut le coup). Seulement, vous le verrez, la « résolution » aurait mériter je crois un travail plus important. Mais après tout, c’est un premier roman pour l’auteur, et on peut lui accorder qu’après tout ce travail d’innovation, un petit « moins » est assez secondaire. En tout cas, cela peut nous laisser espérer de futurs livres encore plus abouti, avec une écriture maîtrisée et surprenante!

J’aimerai vous en dire plus, mais comme ce livre est obscur quand on ne le lit pas, je veux juste vous conseiller d’y jeter un oeil. Voire les deux. Et d’y rester jusqu’à la fin. Parce que les dernières phrases sont largement au niveau du début du livre, aussi surprenantes…

Le seul inconvénient? Votre imagination va se mettre à galoper…

Votre avis à vous :

Vous vous laissez prendre vous aussi par les romans écrits de façon décalée? Là en utilisant le « TU », ou ceux qui ne fonctionne qu’en phrases très courtes, voire qui ne présente par leurs protagonistes? Dites-moi tout, et n’hésitez pas à m’en conseiller, j’ai tendance à avoir des choix bien plus classiques mais je passe sûrement à côté de belles réussites!

Informations :

Parution : Août 2019

Editions : Payot – Rivages

176 pages.

Romans·Service presse

[Roman] La vie en confettis – Hélène Vergé

Mon choix de ce livre est assez étonnant : je l’avais demandé sur Netgalley il y a quelques temps, à tel point que j’avais oublié que j’en avais fait la demande. Puis, l’autrice m’a contacté pour me le proposer et, simultanément, ma demande a été validée sur netgalley. Je devais donc être prédestinée pour le lire!

Résumé de l’histoire :

Valentine a 13 ans, elle est un peu farfelue, et surtout, elle adore ses parents, qui le lui rende bien. Jusqu’au jour où un petit frère apparaît. Et avec ce petit frère, des tas de complications dans sa vie si bien réglée. Et des drames. Mais Valentine a des ressources, farfelue oui, mais tellement aimante…

Mon avis sur ce livre :

En lisant le résumé de ce livre, déjà, j’étais tentée. Je m’attendais à un livre positif, amusant, émouvant. Eh bien en le lisant, j’ai déchanté. Et pourtant? J’ai adoré. Je ne comprends toujours pas comment un livre qui regroupe ce que je n’aime pas d’habitude a pu me convaincre.

Tout d’abord, il y a l’écriture. Farfelue comme son héroïne, des images, des façons de parler agaçante, des phrases qui ne mènent nulle part, ou du moins quelque part où je ne suis pas. Je me suis tâtée à abandonner, vous le savez à force, j’ai du mal avec le trop imaginatif, le trop « poétique », surtout quand on regroupe derrière ça une écriture tordue. Mais à force de lire, j’ai réussi à mettre le doigt dessus. Cette écriture me fait penser à celle de Raymond Queneau. J’en ai lu des poèmes qui m’ont transportés, puis j’ai lu « Zazie dans le métro » et je n’ai pas compris. Et pourtant? Je suis retournée aux poèmes. Ce livre m’a fait cet effet, ce « néo-français » m’a agacé, chamboulée, perturbée, et puis en fait, conquise.

Le deuxième point qui aurait du me faire reculer, c’est cette héroïne, Valentine. Sérieusement, je sais qu’à 13 ans j’étais un peu en avance ( bon, ok, très ), mais à 13 ans, on ne parle pas comme ça, et on n’a pas les interrogations qu’elle a. Alors ça m’agaçait, je déteste lorsque l’on fait parler les enfants comme des adultes et je déteste tout autant quand on les rajeunit trop. Un enfant, c’est un enfant, et s’ils ne se ressemblent pas tous, loin de là, il ne faut pas trop exagérer. J’attendais presque le retournement de situation où l’on apprendrait que l’héroïne a un quelconque problème ou retard d’évolution. Et puis, étrangement, petit à petit, j’ai été moins dérangée. J’ai peut-être réussi à accéder à un degré supplémentaire en me disant que c’était secondaire, que je pouvais bien prêter l’âge ou les intentions que je voulais à cette fille, que ça ne changerait rien. Pour autant je conserve mon avis sur ce point, mais tant pis.

Et enfin, il y a le drame. Ce qui me terrifie et me fait jeter les livres loin de moi quand ce point est abordé. Mais il est tellement central à l’histoire que comment faire sans? Je ne dirais pas ce qu’il en est, lisez le résumé, tout est dit en filigrane. Malgré tout, j’ai espéré…

Je n’en ressors donc pas réjoui, je n’en sors pas plus positive, mais étrangement, je n’en sors pas déprimée non plus. Ce livre est vraiment étrange, particulier, et un peu surréaliste peut-être. Mais pas façon  » je ne comprends rien à ce qui est raconté », parfois on ne comprend que trop, mais plutôt d’une façon qui me fait dire qu’un livre que j’aurai du détester m’a convaincue. Et ça, c’est surréaliste.

Votre avis à vous,

Ca vous est déjà arrivé d’être agacé par un héros enfant qui parle comme un adulte, en décalé?

Informations :

Parution : 19 septembre 2019
Editions : Robert Laffont

342 pages

Merci aux éditions Robert Laffont, à Hélène Vergé et à Netgalley France.

 

Service presse·Témoignage

[Témoignage] Mazel Tov ! – Margot Vanderstraeten

La couverture de ce livre est totalement ratée, moi qui m’y fie parfois, j’aurais peut-être dû me faire confiance cette fois-ci…

Résumé du livre :

Margot a une vingtaine d’année, et se retrouve, dans les années 90, tutrice d’une famille de quatre grands enfants, juifs orthodoxe. Elle nous partage donc ses réflexions à ce propos, ainsi qu’à propos de la guerre du golfe qui fait rage, et des difficultés israélo-palestiniennes.

Mon avis :

Je suis toujours curieuse des façons de vivre que je ne connais pas. Parce qu’apprendre à connaître les habitudes, les traditions et le pourquoi de celles-ci me paraissent un bon début pour faire reculer racisme et préjugés, j’ai réellement un intérêt à lire des témoignages de ce genre. En effet, je m’attendais à un témoignage à propos de cette façon de suivre les règles séculaires des juifs orthodoxes, dans un quartier d’Anvers en Belgique où ils sont en majorité. Je pensais me mettre dans la peau de cette autrice et découvrir peu à peu ces petites divergences (la nourriture casher par exemple), mais aussi ces similitudes (non mais il faut le préciser, étant donné ce que l’on peut entendre parfois!).

Malheureusement, ce n’est pas du tout ce que j’ai ressenti dans ce témoignage. Je n’ai pas réussi à éprouver une quelconque sympathie pour l’autrice, qui m’a paru hautaine et jugeante (attention, je le précise, ce n’est que mon ressenti!). La majorité du livre n’aborde pas réellement la vie quotidienne, qui en dehors de certains points est comme la mienne, mais bien plus cette histoire des conflits Israël et Palestine. L’autrice est en couple avec un Iranien, et cela est prétexte à des joutes sans fin à ce sujet. J’imagine bien que cette période était très tendue à l’époque, bien que je sois trop jeune pour m’y être intéressée, mais puisque c’est pratiquement le sujet central du livre, autant le préciser. Pour le reste, le sous-titre expliquant  » mes cours particuliers dans une famille juive orthodoxe », à part quelques pages sur un exposé et l’apprentissage du vélo pour une des filles de la famille, le tour est vite fait.

Enfin, je crois qu’un point m’a été difficile aussi à cause de l’écriture. Les tournures de phrases, les avancées dans l’histoire, toute cette façon de rédiger m’a mise à distance. Je ne sais pas si c’est la version originale du texte qui veut ça, ou la traduction qui est un peu en dessous de ce que je peux lire par ailleurs, mais j’ai été assez souvent laissé sur le côté avec ces phrases. Vous savez, comme quand vous tombez sur un site internet avec un rédacteur plus intéressé par le référencement que par la cohérence de son discours…

Je suis donc déçue, parce que je n’ai pas trouvé dans ce livre ce que j’y étais venue chercher, à part quelques passages intéressant. C’est d’autant plus ennuyeux que ce qui pose problème n’est pas le sujet du livre, mais qu’il ne me parait pas en accord avec ce qu’il promet. Une erreur de ma part, sûrement, vu le nombre de personne qui l’ont apprécié!

Vos ressentis :

Et vous alors, vous aimez ces témoignages de vie qui vous aident à modifier vos stéréotypes?

Informations :

Parution : 10 octobre 2019
Éditions : Presse de la cité

355 pages

Merci aux Presses de la cité et à Netgalley France.

Roman historique·Romans·Service presse

[Roman] Ceux qu’on aime – Victoria Hislop

Oui je sais, j’avais dit que je mettrais Victoria Hislop de côté depuis ma lecture de  » la ville orpheline« . Mais ça fait assez longtemps maintenant, non?

Ce que ça raconte :

Grèce, 1941. La deuxième guerre mondiale bat son plein, et la Grèce se retrouve au centre d’un combat sans merci : les grecs, les italiens, les allemands, les communistes, tous veulent le pouvoir. Au milieu de ces combats de territoire, Thémis, jeune héroïne engagée, doit grandir, vite, et sauver au mieux sa vie et celles des siens…

Ce que j’en ai pensé :

Victoria Hislop est très connue pour ses romans appuyés sur des périodes compliquées de l’histoire, ses héroïnes engagées, et une construction dans laquelle on suit les familles au sein même des événements.  » Ceux qu’on aime » ne diffère pas de ces habitudes, ce qui, je vous l’avoue, m’a plutôt agacée au début. La jeune fille sur qui toute l’histoire va reposer, la famille qui se déchire, les deux frères aux opinions politiques opposées, les grands moments de lyrisme, les mots empruntés à la langue des personnages pour rendre plus réel, ça me donne l’impression de manger l’éternel gâteau au yaourt. La recette est connue, maîtrisée, mais rébarbative. Mais cette autrice a du talent. Avec un gâteau au yaourt que l’on connait bien, elle réussit à nous faire un dessert de fête, et voilà qu’au fil des pages, on s’attache tellement à l’héroïne qu’il nous devient impossible de lâcher l’histoire. Il faut dire que d’une part, c’est vraiment bien écrit : des dialogues cohérents, une langue agréable à lire, des phrases suffisamment bien construites pour qu’il n’y ait aucun accroc à la lecture, on sent l’habitude et on comprend son succès.

Mais cette fois-ci, il y a aussi l’héroïne et ses choix. Auparavant, dans les quelques autres livres que j’ai lu de cette autrice, il était assez facile d’adhérer à ses choix. Les méchants, les gentils, une semi happy end et tout allait bien. Dans ce récit, l’Histoire fait qu’il est bien plus compliqué de se positionner. Alors bien sûr, nous ne défendrons ni les nazis, ni les fascistes, pas d’inquiétudes, cela ne changera pas totalement votre système de valeurs. Mais les autres, ceux qui devraient être « les gentils », le sont-ils vraiment? Jusqu’à où nos espérances et nos convictions doivent-elles aller pour adhérer à certains actes? Thémis est beaucoup moins tranchée qu’ont pu l’être d’autres femmes engagées dans les romans précédents de Victoria Hislop. Je crois d’ailleurs que c’est ça qui m’a le plus plu, le fait qu’enfin, parfois, on puisse se dire que non, on n’adhère absolument pas à ses choix. Enfin. Quand elle a eu le choix, parce qu’on reste en temps de guerre, tout de même.

Ce livre m’a réconcilié avec cette autrice, c’est une très belle réussite, calquée il est vrai sur les romans précédentes, mais quand une recette fonctionne, pourquoi la changer totalement?

Ce qui tombe bien, d’ailleurs, parce que je viens d’emprunter « L’île des oubliés » à la bibliothèque…

Et vous,

Les livres qui utilisent une recette immuable pour leur construction, ça vous agace ou ça vous arrange?

Informations :

Parution : 10 octobre 2019

Editions : Les Escales

496 pages

 

Merci aux éditions Les Escales et à Netgalley France!

Roman historique·Romans·Service presse

[Roman] Dernier printemps à Paris – Jelena Bačić Alimpić

Le plus compliqué dans cet avis? Trouver les caractères spéciaux pour écrire le nom de l’auteur. Ça me faisait mal au cœur d’écrire ça sans les accents, parce que même si je ne sais pas prononcer le serbe, je suis sûre qu’ils sont indispensables!

Ce que ça raconte :

Alors que sa vie personnelle est remplie d’interrogation, Olga, ancienne pianiste talentueuse devenue journaliste, reçoit la lettre d’une femme, Maria. Une octogénaire qui vit dans un sanatorium depuis des dizaines d’années, et qui est décidé à lui raconter sa vie qui est passée par les goulags de Staline. Mais n’y-a-t’il que ça, le récit tragique d’une vieille femme qui perd la tête?

Ce que j’en ai pensé :

J’ai hésité un moment à choisir ce livre. Parce que les livres étrangers qui fantasment sur Paris, ça m’agace. Oui, je suis une provinciale. Mais vraiment, le résumé m’a donné très envie de ce qui s’était réellement passé dans la vie de Maria. Et croyez-moi, c’était une excellente idée, je vous conseille grandement d’avoir la même. Déjà pour l’histoire, qui, c’est vrai, est tragique. Soit. Forcément, les goulags, on ne peut pas appeler ça le « club med de Sibérie ». Mais elle est tellement bien raconté cette histoire, de façon chronologique , s’appuyant sur des fait réels, qu’on ne peut que se retrouver emporté. Bien sûr nous connaissons tous Staline, les goulags, les travaux forcés. En surface. Et le récit de Maria nous permet de comprendre bien mieux ce que cela signifiait de vivre à cette époque, dans ce pays. Les espions, les milliers de morts, les disparus, les familles éclatées, les migrations si on pouvait se le permettre, les trahisons. Cette femme est étonnante. Je ne peux même pas vous dire si je l’apprécie ou pas, mais elle nous permet de nous poser des questions sur ce qu’on aurait fait, nous, en temps de guerre. Parce que c’était une guerre, pour elle, au long cours, même après Staline.

Mais ce n’est pas le genre de livre qui joue uniquement sur les sentiments. Vous savez, ceux dont l’écriture est bancale, mais qu’on ne peut s’empêcher de terminer les larmes aux yeux parce que, tout de même, des enfants morts, c’est triste! L’écriture est maîtrisée, la traduction est délicate, réfléchie, soutenue. J’aurais aimé savoir lire quelques mots de serbe pour savoir si cette façon d’écrire se retrouve dans le manuscrit original. Je ne dirais pas que c’est une écriture poétique, dont on souhaiterait conserver des phrases en citation. Mais au contraire de mes avis, ou de beaucoup de livres qui sont parfois écrit dans une langue courante voire orale, ce livre est écrit, réellement. Avec de belles tournures de phrases, des mots recherchés ( pas au point de devoir ouvrir son dictionnaire en permanence, n’exagérons rien!). Le seul inconvénient de cette jolie écriture, c’est que quand l’autrice écrit des dialogues, ça tombe totalement à plat.

Un  » Madame… Ça va?… » jure tellement avec tout le reste. Heureusement, il y en a peu, il suffit de les passer bien vite, et de se dire que nous aussi, nous avons beau avoir des tas de belles phrases en tête, parfois on se contente de phrases faciles!

Je conclurai donc en vous conseillant très fortement cette lecture, faites un saut dans la Russie stalinienne, et en fait, Paris, on n’en parle très peu…

Et vous,

La littérature serbe, vous connaissez? Des livres à conseiller?

Informations :

Parution : Juillet 2019

Editions : Serge Safran éditeur

329 pages

Merci aux éditions Serge Safran éditeur et à Babelio!

essai·Service presse·Témoignage

[ESSAI] Sur le bout de la langue – Bertrand Périer

Quand le résumé vous vend un livre qui parle de mots, quelqu’un qui, comme moi, adore le mot juste, ne peux que se jeter dessus!

Ce que ça raconte :

L’auteur choisit d’illustrer des mots qu’il aime avec des anecdotes, des points sur ce mot dans sa vie. D’abord à propos de son métier d’avocat, mais aussi à propos de la musique, de couple etc.

Ce que j’en pense :

Je vais être directe : ce que j’attendais de ce livre n’est absolument pas ce que j’y ai trouvé. Ce qui est ennuyeux puisque je partais donc déçue. J’attendais des mots délicats, recherchés, qu’on déguste, le mot juste. D’ailleurs le début du livre est un peu de ce style, les mots et expressions du métier d’avocat sont présentés et donne envie d’en savoir plus. Mais peu à peu tout se perd, et l’on se retrouve à avoir des mots communs, des anecdotes sans saveur. Enfin, non, là j’exagère parce que je suis déçue, les anecdotes sont intéressantes pour ceux qui en sont friand, ceux qui aiment les recueils de pensées, les moment de vie. Moi j’ai plutôt eu l’impression de lire des billets de blog imprimés dans un livre.  J’ai totalement perdu l’idée qu’il y avait derrière ce livre, j’ai bien essayé de modifier ma vision des choses, j’y ai recherché des moments de vie étonnants, ou des recherches plus poussées sur certains mots? Mais non, on y lit juste un mot, et une trace de vie. Je suis enchantée de savoir qu’il a joué du piano et aime le violoncelle, mais quoi de plus? Je ne suis pas le public pour ce genre d’écrits.

Alors ne vous méprenez pas comme moi : c’est un livre qui parle non pas des mots, mais de la vie de l’auteur, rangée et organisée selon des grands chapitres en mots. Certains l’auraient fait par années, par lieux, par saisons que sais-je, ici c’est un rangement lexical. Ca ne lui enlève pas son intérêt, juste qu’il faut savoir ce qu’il en est pour ne pas passer à côté!

Et vous,

vous êtes de ceux pour qui le mot juste est essentiel?

Informations :

Parution : 9 octobre 2019

Editions : JC Lattès

220 pages

Merci aux éditions JC Lattès et à Netgalley France!

Romans·Service presse

Là où l’on n’a pas pied – Fabio Genovesi

C’est assez rare que je lise de la littérature italienne, pour vous dire, à part « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante, il n’y en a même pas d’autres qui me viennent à l’esprit…

Ce que ça raconte :

Fabio a 6 ans, une grand-mère, des tas de grands-pères un peu tordus mais plus le vrai qui est mort, une mère exigeante, un père pas très causant, et une maison dans une impasse où vivent tous ses grands-pères.

Puis Fabio a 8 ans, son père parle encore moins, et il découvre qu’il sait raconter des histoires. Farfelues, peut-être, mais qu’est-ce que le vrai et le faux? L’essentiel, c’est de donner aux autres ce dont ils ont besoin, n’est-ce pas?

Ce que j’en ai pensé :

Ce livre est extrêmement farfelu. L’histoire elle-même est farfelue, avec ces grands-oncles qui se prennent pour des grands-pères, qui sont totalement à l’opposé de ce que devrait être un adulte responsable. Mais rien n’est plus amusant que les farfelus, ni plus émouvant. Parce que c’est éminemment émouvant, cette façon qu’a Fabio de tenter de grandir en restant un rêveur. Il trébuche, se relève, et il avance toujours vers l’âge adulte. Oh parfois c’est un peu brouillon, c’est n’importe quoi, il faut prendre de la distance avec la réalité pure et dure, et s’autoriser à imaginer, à espérer, à transformer les choses. Alors on peut enfin rencontrer Fabio. Et sa tordue de famille, qu’on en vient à adorer.

Mais ça n’est pas l’histoire qui fait tout, c’est aussi la façon de la raconter. Je n’aime pas d’habitude les livres écrits par des adultes du point de vue des enfants. La plupart du temps, c’est totalement déconnecté de ce qu’est vraiment un enfant, comme si les auteurs avaient oublié ce qu’ils avaient été. Ils leur prête même des façons de s’exprimer qui ne ressemble à rien de ce qu’un enfant pourrait dire. A moins d’être un enfant adulte. Mais ici, l’auteur a l’air de se souvenir totalement de ce qu’est être un enfant. Quand on en est encore à se battre de toute ses forces pour distendre la réalité. Quand on tente d’écrire des histoires pour comprendre ce que l’on ne comprends pas encore. Quand l’esprit peut vagabonder pendant des heures, au lieu de trouver un truc utile à faire. Si l’on ajoute à ça cette façon enfiévrée d’écrire, j’ai eu l’impression d’avoir Fabio devant moi. Ce petit gamin qui parlerait à toute vitesse quand il serait convaincu de quelques choses, un italien que je ne comprendrais qu’à demi-mot mais tant pis, les gestes aideraient. Et puis ses oncles aussi, qui me feraient peur parce que trop emportés, mais malgré tout si tendres et si sensibles.

Ce livre m’a fait pensé tellement de fois aux films de Don Camillo, alors que ça n’est pas tout à fait la même époque. Mais leurs dignes héritiers, je crois…

Et vous,

La littérature italienne, vous en lisez? Je passe à côté de quoi?

Informations :

Editions : JC Lattès

Parution : 18 septembre 2019

400 pages

Merci aux éditions JC Lattès et à Netgalley France.