Romans

La ville orpheline – Victoria Hislop

Oui je sais qu’on m’avait conseillé « l’île des oubliés » plutôt que celui ci, mais je prends ce que je trouve à la bibliothèque, et il n’y avait que celui-ci snif.

Ce que ça raconte :

Savvas et Aphroditi Papacosta ouvrent un hôtel somptueux à Famagouste, haut lieu du tourisme Chipriote. Malheureusement nous sommes en 1972, et l’île va bientôt être déchirée en deux, divisée entre grecs et turcs, par la violence des armes. Et les familles qui gravitaient autour de cet hôtel vont voir leur destin totalement transformé…

Ce que j’en pense :

Je ne connaissais pas cette partie de l’histoire de Chypre, j’étais bien loin d’être née à cette époque, et pour moi ça a toujours été une île morcelée, mais touristique. Revenir donc sur cette partie de l’histoire est plutôt intéressant, et c’est un peu la spécialité de l’auteur, écrire de petites histoires dans la grande Histoire.

Pour autant j’ai été un peu déçue, justement a cause de cette histoire de spécialité de l’auteur. C’est construit un peu trop similairement à celui que j’avais lu il n’y a pas si longtemps « une dernière danse ». On suit des familles, avec des personnages un peu plus fort que d’autres, et les rebondissements concernent souvent une violence, un mort que la famille idolâtrait, et une trahison. J’aurais aimé un peu plus peut être, ou un développement moins long sur la Chypre « d’avant » (près de 30% du livre se consacre à la construction d’un hôtel et au faste de cette époque), et plus de temps à suivre les familles après le tournant de l’histoire. D’ailleurs, j’ai eu beaucoup de mal à situer exactement qui était qui dans ces familles. Ça n’est pas essentiel pour comprendre, mais souvent je me dis que si j’ai trop de mal à savoir qui est qui dans les relations familiales, c’est qu’un petit truc manque.

(Bon sauf dans les rougon macquart de Zola, là j’ai attaqué direct avec l’arbre généalogique à côté. Mais bon, y’a beaucoup de personnages dans beaucoup de tomes et c’est le fond de l’histoire…).

J’ai tout de même passé un bon moment, mais j’avais été beaucoup plus transportée par « une dernière danse » et cette histoire de l’Espagne. Pour autant je continue à laisser « l’île des oubliés » sur ma liste, vous m’en avez tellement parlé!

Et vous,

L’histoire de Chypre, vous connaissiez?

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thriller

Origami – Patricia Oszvald

Bon encore un thriller alors que j’avais dit que c’était pas mon truc. Mais bon, l’auteure a bien fait sa pub, et le résumé était… intrigant!

Ce que ça raconte :

Michael Conrad, avocat, a des visions violentes, et déteste la couleur rouge. C’est un avocat international reconnu, et tout à l’air de se dérouler normalement jusqu’à la découverte d’un origami sur son pare brise, puis bien après, la disparition de sa fille Lucie. Quelqu’un cache quelque chose, mais quoi?

Ce que j’en pense :

C’est compliqué parce que l’auteure ayant fait sa pub auprès de moi, je n’ai pas envie d’être trop négative. Je vais donc faire du positif négatif, en commençant par le mieux.

C’est un thriller, et donc les codes du genre sont respectés, une enquête, du suspense, des questions auxquelles on cherche les réponses et qui ne se résoudront qu’à la fin du roman. Des moments très attrayants, où on se dit  » ça y est, c’est parti, on y est, mais pourquoi, que se passe t’il, je veux savoir! ».

Malheureusement il y a aussi certains points plus difficile. Le premier, et qui ne concerne que moi, c’est le nombre de personnages. Déjà j’ai du mal avec les noms américains (je ne vous parle pas des russes 😅), mais alors quand il y en a pléthore et qu’on ne sait pas qui est important, je suis perdue. Par exemple le livre débute avec un tas d’avocats qui discutent. Bien bien mais je dois me souvenir de qui pour la suite de l’histoire?

Ensuite, un point que je reproche à beaucoup de livre autoedité : il manque un œil extérieur, une correction. Cela aurait permis d’harmoniser l’ensemble, surtout pour savoir où l’on se trouve dans l’histoire, mais aussi de faire des corrections de maladresses que l’on ne voit pas forcément lorsqu’on est auteure. Par exemple, l’utilisation intensive des points d’exclamations. Je n’ai rien contre mais lorsqu’il y en a à chaque phrase et dans chaque dialogue, ça devient compliqué à lire et à comprendre l’intention des personnages. De même que les erreurs de typographie (les points d’exclamation suivi d’une virgule dans les dialogues) sont ennuyeuses lorsque nos yeux sont formatés.

Enfin, je crois que les personnages auraient mérité un peu plus de profondeur, mais ça, c’est un choix de rédaction, alors je ne dirais rien.

En somme, le livre n’est pas mauvais, le twist final intéressant, mais ça n’est vraiment pas mon style de livre. Définitivement.

Et vous,

Vous êtes sensible à ces questions d’auto édition? (Techniquement je ne sais même pas si on appelle ça de l’auto édition, mais je veux dire quand on ne passe pas par une vraie maison d’éditions qui s’occupe de tout…)

Romans

La papeterie Tsubaki – Ogawa Ito

Je vous préviens tout de suite : c’est une des mes auteures préférées, donc rien ne sera objectif. D’un autre côté, qu’est ce qui est plus subjectif qu’un avis?

Ce que ça raconte :

Poppo revient dans son village pour s’occuper de la papeterie de sa grand mère, la papeterie Tsubaki. Mais leur cœur de métier, c’est écrivain public. Et pour écrire pour les autres, il faut le bon papier, la bonne encre, les bons mots. Mais quand il faut écrire pour soi?

Ce que j’en pense :

Un doudou. Un livre dans lequel on pourrait se pelotonner pour passer une année complète au côté de Poppo. J’aime toujours autant cette façon d’écrire, descriptif mais vivant. On pourrait croire que ce ne sont que des tranches de vie, que ça ne mène nulle part qu’à ça, mais non, il y a un fil rouge le long du livre qui nous fait continuer.

L’auteure sait croquer des personnages en peu de mots, mais tellement intéressant. Bien sûr on ne saura pas tout, mais on comprend bien pourquoi, leurs histoires existaient avant nous, et existeront après nous.

Pour autant, le plus important dans ce livre, c’est la calligraphie. L’art épistolaire. Comme dans « le restaurant de l’amour retrouvé » avait pu donner envie de se mettre à la cuisine, celui ci vous donnera envie d’envoyer à nouveau des lettres manuscrites. Choisir le papier, le stylo, l’enveloppe, le timbre, les bons mots, y passer du temps juste pour qu’arrive au destinataire la meilleure lettre possible…

Et encore, ce n’est qu’en français! Parce que vous verrez que les lettres originales en japonais sont insérées dans le livre, et même si vous ne lisez pas le japonais, c’est une œuvre d’art. Rien que pour ça, ça mériterait d’être feuilleté. (Mais si vous ne lisez pas l’histoire vous passez à côté de l’essentiel tout de même).

Je n’en dirais pas plus si ce n’est que j’aurai aimé passer encore quelques jours à la papeterie Tsubaki.

Et vous,

Il y a des auteurs qui ne vous déçoivent jamais?

Romans

Trois concerts – Lola Gruber

Une chronique le jour même de la sortie du livre, si c’est pas de l’efficacité ça mes amis!

Ce que ça raconte :

Viktor Sobolevitz, grand violoncelliste, ne joue plus vraiment depuis la mort de sa femme. Et depuis qu’il a décidé de ne pas jouer les trois suites qu’un célèbre compositeur lui avait écrit.

Clarisse Villain est une jeune violoncelliste, toujours à contre-temps dans la vie, mais qui réussit à devenir l’élève de ce grand maître qui n’en prend jamais.

Mais comment construire une vie sur un chagrin? Une carrière sur l’échec?

Ont-ils choisi ce si gros instrument pour pouvoir disparaître derrière?

Ce que j’en pense :

J’ai adoré. Je ne sais pas vraiment pourquoi, je sais qu’il y a des manques, des choses qui me sont insupportables d’habitude, mais, j’ai adoré.

Au début il faut se faire à l’écriture, particulière. Un tutoiement constant, une façon de nous glisser dans la tête des personnages. Mais suffisamment maîtrisé pour que l’on y accède rapidement, et qu’on oublie peu à peu cette pirouette.

Ensuite il y a les personnages. L’auteure ne nous les offre pas tout entiers dès le début, ça peut être déroutant. Mais c’est tellement intéressant de les découvrir peu à peu, comme eux se découvrent. Et ce ne sont pas des personnages creux, sans relief. Vous n’aurez pas le vieux qui jouait comme une Dieu, la jeune fille blonde filiforme qui fait tomber tout les hommes, loin de là. Ils ont des failles, des doutes, des interrogations, des moments où ils ratent leur chemin, et où ils le retrouvent.

Et enfin, il y a la musique. La vraie. Celle des mots et celles des notes. Je crois que c’est ça qui m’a le plus conquise. Bien sûr au début je me suis demandé si ça n’était pas un livre pour initiés. Qui peut mieux comprendre que ceux qui ont déjà passé des heures sur une partition, avec un professeur qui vous parle de tout sauf des notes, mais en fait qui ne vous parle que de ça? Mais je crois qu’on peut apprécier ce livre même sans ça, et avoir ensuite envie d’écouter des heures et des heures de violoncelle.

D’ailleurs j’ai lu ce livre en écoutant les morceaux dont l’auteure parle (sauf un, l’essentiel, mais vous comprendrez en lisant le livre). Il devrait être fourni avec un album, ou tiens, une playlist Deezer, même si je vous l’accorde le son est pas top si on est un mélomane averti. Mais si on est un lecteur curieux, ça devrait aller!

Alors voilà, c’est vraiment un livre parfaitement réussi, pas forcément « facile », mais une fois qu’on tombe dedans, on n’en ressort pas facilement.

J’en ai même lu quelques passages à mon fils de bientôt 8 ans, lui qui parfois se bat avec son violoncelle comme un boxeur…

Et vous,

Vous vous faites des playlist virtuelles quand vous lisez un livre?

Romans·thriller

Famille parfaite – Lisa Gardner

Pour commencer l’année, je sors de mes habitudes et c’est parti pour un « thriller »…

Ce que ça raconte :

Les Denbe sont une famille qui a réussi : un Père chef d’entreprise très riche, une mère créatrice de bijoux parfaite maîtresse de maison, et une fille de quinze ans sans histoire. Jusqu’à ce qu’ils disparaissent, sans laisser d’indices. Et c’est là que les secrets se révèlent…

Ce que j’en pense :

Le thriller n’est vraiment pas mon genre de prédilection, parce que je suis une trouillarde. Je ne regarde pas de films d’horreur, je ne vais pas dans les manèges à sensation, et donc je lis peu de livre à suspense. Et quand ça m’arrive, je passe 90% du livre à me retenir d’aller lire la fin…

Sauf là. Parce qu’en fait, j’avais compris extrêmement tôt le fin mot de l’histoire, et ça, c’est pas très cool quand tu lis un bouquin de 500 pages qui justement repose sur le twist final. Pourtant je n’ai pas l’habitude d’en lire et de faire mon enquête, mais trop d’indice, cher auteure, tue l’indice.

Mais reprenons au début : les 150 premières pages, j’ai eu du mal à rentrer dedans. Ok la famille se fait enlever, mais on ne peut pas dire qu’il s’y passe grand chose. Ensuite, on a l’impression de tomber dans un polar financier, et ça, c’est encore plus loin de mon univers, j’ai failli lâcher. MAIS ne faites pas comme moi, les personnages prennent enfin de l’épaisseur, et on comprend pourquoi d’autres l’ont aimé, et je suis ensuite allée jusqu’au bout sans arrêt (même en connaissant le « coupable supposé », comme quoi, ça ne fait pas tout).

Heureusement ce livre se lit facilement, il y a suffisamment peu de personnages important pour qu’on se souvienne qui est qui et qui fait quoi. De là à dire que c’est un livre excellent…

Je n’ai donc ni aimé, ni détesté, je crois que c’est un livre à réserver aux amateurs du genre, il doit y en avoir de meilleurs pour convaincre les hésitants comme moi!

Et vous,

Vous avez des titres de thriller qui pourraient me convaincre que c’est une catégorie intéressante?

Roman historique·Romans

A l’ouest rien de nouveau – Erich Maria Remarque

Déjà je voudrais remercier mon frère, à qui j’ai piqué ce livre que je n’ai jamais lu (rooo c’est bon je le remettrai dans ta bibliothèque tu t’en rendras même pas compte!).

Ce que ça raconte :

La guerre de 14-18 vue par un jeune soldat allemand d’une vingtaine d’années. Les tranchées, la faim, les ennemis qui n’en sont pas vraiment, et juste la guerre qui transforme les hommes en bêtes…

Ce que j’en pense :

J’en ai lu beaucoup des livres sur la guerre. Et même sur celle ci, cette première guerre mondiale. Et puis on était en 2018, centenaire de la fin de la guerre, donc on en a à nouveau entendu parler, de ces poilus, des tranchées, des batailles en Marne, en Somme et j’en passe, de ces gueules cassées, de cette pyramide des âges avec un trou dedans, ces jeunes qui partaient la fleur au fusil… On aurait pu croire que c’était bon, les français avaient gagnés, nous le devoir de mémoire il était rempli, et hop on clôt le chapitre.

Et puis il y a ce livre. Dont je connaissais le titre, comme beaucoup je crois, titre qu’on utilise parfois pour dire que rien n’a changé. Sans jamais m’être posée la question de ce que ça racontait. Et ça raconte la guerre. La même, la première, celle des tranchées etc. Sauf que cette fois, c’était pas du côté Français, c’est du côté allemand. Et c’est bien ça le plus violent dans cette histoire. Pas uniquement la violence réelle, les morts les obus les baïonnettes les coups de pelles. Mais aussi le fait que quelque soit le côté, c’était la même guerre. Des jeunes envoyés en pâture pour que les Nations sauvegardent leur fierté (très belle explication dans le livre par les soldats). De la chair à canons, la même des deux côtés. La peur, la souffrance, la mort, identique.

Voilà pourquoi ce livre m’a marqué. Pourtant je connaissais l’Histoire, mais avais-je vraiment pris en compte l’immense « gâchis » que ce fut?

Alors bien sûr c’est un best-seller depuis sa sortie, il y a près de 90 ans. Bien sûr on le travaille au collège, au lycée, beaucoup l’ont déjà lu. Mais peut être qu’en ces temps où l’on s’éloigne de plus en plus de cette partie de l’histoire, parfois, il faudrait jeter à nouveau un coup d’œil dans ces livres. Savoir ce que c’était vraiment, savoir à quel point la guerre est inutile et inhumaine, et comprendre que ces hommes sont ce qui nous a construit, plus de 100 ans plus tard…

Et vous,

Il y a des livres comme ça qui vous ont permis de vous décentrer du « Franco français »?

Romans

Le livre des Baltimore – Joël Dicker

Pour ceux qui me suivent sur Instagram, vous avez pu voir mon petit « râlage » à propos de ce livre : je l’avais acheté pour mon kindle quand il est sorti, comme j’avais adoré le précédent. Puis il s’est retrouvé en fin de pile à lire (on dit une pile à lire aussi sur kindle?). Et là, je le ressors, et malheur : il coûte désormais moins cher en poche qu’en version numérique. J’ai mal à mon portefeuille! En même temps, c’est de ma faute, au lieu d’acheter compulsivement, je n’avais qu’à attendre d’avoir le temps de le lire…

Ce que ça raconte :

Marcus Goldman, écrivain renommé, décide de revenir dans la maison qu’il a acheté près de la dernière demeure de son oncle, pour écrire un nouveau livre. Or voilà qu’il croise fortuitement son amour de jeunesse. Remonte alors toute l’histoire qui a conduit à leur séparation brutale : le Drame. Et il décide de nous raconter l’histoire des Goldman de Baltimore, et des Goldman de Montclair.

Ce que j’en pense :

Si vous avez lu un autre livre de l’auteur, soyez rassuré : c’est exactement le même principe d’écriture : délayé, mais donnant envie d’aller jusqu’au bout pour savoir exactement ce qu’il en est. Bien sûr c’est bien écrit, ça coule tout seul, et on se retrouve à avaler le pavé en une soirée (enfin, moi, en tout cas).

Dans celui-ci, on retrouve Marcus Goldman, qu’on a découvert dans « la vérité sur l’affaire Harry Québert ». Si vous avez comme moi regardé la série récente, méfiez vous vous aurez la tête de l’acteur dans la tête tout le long de l’histoire. Pour autant, il n’y a aucun rapport avec l’autre livre si ce n’est le héros, donc rien ne vous oblige à lire un autre pavé pour comprendre (faites le quand même, l’autre livre est bien aussi). Il fonctionne toujours de la même manière, il fait son enquête avant d’écrire un livre à son sujet, et nous fait voyager dans les différentes périodes de temps concernés. Heureusement c’est suffisamment bien fait pour qu’on ne soit pas perdu.

J’avoue que comme je le dis depuis le début de mon avis, le fait que ce soit le même principe d’écriture m’a énervé au début. Trop délayé, j’avais envie de lui mettre de grand trait dans la marge en commentant « viens en au but bon sang! ». Mais c’est Joël Dicker, ne soyons pas surpris. Et petit à petit on est pris dans l’histoire et on veut savoir, quel est et pourquoi ce Drame? (Chut je n’en dirai pas plus). D’ailleurs notons que je n’ai pas été déçue par la fin, comme on pourrait l’être quand on attend un dénouement pendant 400 pages. Non non, c’est bien ficelé.

Verdict, je vous dirais que j’ai bien aimé. Mais surtout n’enchaînez pas tout ses livres les uns à la suite des autres, vous verrez trop les redondances, et ça serait dommage de se lasser si vite d’un bon romancier!

Et vous,

Vous arrivez à retirer de votre tête la tête des acteurs dans les adaptations cinéma/télé?