Romans

Chien-loup – Serge Joncour

Au début, j’avais décidé de ne pas le lire, ce livre. Parce que la rentrée littéraire 2018 j’en ai soupé, et que j’aime pas trop les animaux. Mais le prof de violoncelle me l’a conseillé, et c’est toujours pareil, quand on me conseille un truc, faut que j’essaie…

Ce que ça raconte :

Lise n’en peut plus, de sa vie post cancer, de ces rôles de comédienne qui ne sont plus là, des ondes, partout, tout le temps. Alors elle convainc son mari de partir au milieu de la campagne, dans une vieille bâtisse à laquelle on accède par un unique chemin très escarpé, sans réseau d’aucune sorte. Il est réticent, jusqu’au moment où il croise une bête, une sorte de chien, une sorte de loup. Et cet animal les mènera sur le chemin de l’histoire de la maison, mais aussi sur celui du changement d’être…

Ce que j’en pense :

Les deux premières pages m’ont conquise immédiatement. Du rythme, une écriture maîtrisée, un vocabulaire soutenu, et une envie d’en savoir plus. Ce qui est étrange, c’est que ce rythme a assez rapidement disparu.

C’est devenu long, langoureux. Pour autant par ennuyeux, mais j’ai eu l’impression d’être avec Lise et Franck. Comme Franck j’avais envie que les choses avancent, arrivent, qu’il se passe quelque chose. Mais comme Lise j’avais ce sentiment de calme, d’espace. Nous vendre si bien ce pays sans rien, cette maison, ce territoire presque vierge sans jamais trop décrire, voilà la prouesse que l’auteur réussit. Alors bien sûr, si le contemplatif vous agace, si devoir attendre 400 pages pour le dénouement d’une histoire si peu étoffée vous ennuie, alors oui, peut être que ce livre n’est pas pour vous. Mais si vous voulez de l’espace en quelques mots, du repos, de la solitude, des jolis mots et une histoire simple et pourtant étonnante, allez y, c’est ce qu’il vous faut.

Et vous,

Vous êtes plutôt actif ou contemplatif?

Informations :

Parution : 22 août 2018

Éditions : Flammarion

480 pages

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Album jeunesse·Documentaire Jeunesse·Service presse

Toute la vérité sur le caca – Andy Seed, Claire Almon

C’est mercredi, on va faire un effort, c’est le jour des enfants donc jour littérature jeunesse…

Ce que ça raconte :

Attrape tes bottes ta casquette et tes lunettes, on part sur les pistes des animaux. Et on commencera par observer… leur caca! Mais pas que, heureusement…

Ce que j’en pense :

Un livre qui parle de caca, forcément ça ne peut que plaire aux enfants. Et aux adultes qui n’ont toujours pas dépasser le stade pipi caca. Si si, il y en existe! Et donc ce livre qui commence par « hourra du caca! » Ça ne peut que fonctionner!

Mais ce n’est qu’un prétexte pour partir sur les traces des animaux, et se mettre à observer la nature. Alors on commencera par guetter les fientes, les bouses, les grosses et petites crottes, pour repérer qui est qui. Puis le livre ouvre sur d’autres indices. Les nids, les terriers, les traces de nourritures, le guide des empreintes, les œufs etc.

Et pas seulement des animaux que l’on peut croiser par chez nous, non vous ne vous contenterez pas de l’immuable patte de pigeons pour les urbains, et des poils de sangliers pour les ruraux! On y retrouve la crotte de lion (qui ressemblent à de très grosses crottes de chats!), celles des serpents (comme des fientes d’oiseaux), ainsi que les indices associés.

Vraiment, ici, avec mes petits fans de documentaires, on a adoré. Le grand de 8 ans est prêt à partir sur la trace des animaux de nos forêts, la moyenne de 4 ans s’est passionné pour les empreintes de tout ces animaux, et la dernière de 2 ans ne peut plus croiser une chose un peu marron par terre sans hurler « maman c’est le caca de qui ça? » (J’espère qu’on croisera jamais une crotte de rhinocéros. 90cm. Beurk)

Et vous,

Ça vous tente d’observer du caca?

(Pour ceux qui ne me suivent pas encore sur Instagram j’y ai mis des images en story)

Informations :

Parution : 2018

Éditions : Larousse Jeunesse

63 pages.

Merci Larousse Jeunesse et Babelio!

développement personnel·essai·Service presse

Donnez confiance à votre enfant – Marie-Jeanne Trouchaud

Vous aurez pu vous en rendre compte en me suivant depuis quelque temps, je lis assez peu d’essais, encore moins à propos d’éducation, mais une fois n’est pas coutume…

Ce que ça raconte :

Comment rendre votre enfant le plus en confiance vis à vis de lui, de vous, et de la vie en général? L’autrice nous présente ses théories, appuyées à d’autres bien connues, mais aussi des exemples de mises en application.

Ce que j’en pense :

Pas grand chose de neuf sous le soleil…Peut être bien si on est un tout nouveau parent, pour occuper un congé maternité, et pour avoir une vision d’ensemble de l’éducation « bienveillante ». Mais pour les autres, c’est de la redite et si vos enfants ont plus de 2 ans, inutile.

En dehors de ce point spécifique de lectorat, je suis agacée par ce genre de livre qui oscille entre la base psychanalytique (ex « si bébé ne veut pas aller dans les bras de papa, maman doit s’interroger sur la confiance qu’elle fait à ce papa »…), la base neuroscience (on ne reçoit plus du bonheur, mais de l’ocytocine, a croire que le corps humain ne fonctionne plus qu’en quantité d’ocytocine et d’adrénaline délivrée), et la base psycho des émotions.

Alors ok, tout n’est pas à jèter. Mais cela oublie souvent un point essentiel : tu peux donner tout les modes d’emploi que tu veux, chaque enfant est unique, chaque relation est unique, et croire que parce que tu fais tout bien comme dans le livre ça va marcher, c’est n’importe quoi. Et’pire. Ça fait croire aussi que si tu foires un truc une fois, t’abime tout l’avenir de ton gosse qui pourra juste s’en sortir en faisant une thérapie adulte.

Eh bien non. Alors soyons précis, ce qui est dit dans le livre correspond assez à ce que je pense de l’éducation à donner aux enfants, et c’est aussi celle que j’applique au mieux. Mais croyez moi, mes enfants sont tous différents, et j’ai beau être à fond dans La Défense de ces choses là, mon fils est né angoissé par essence. C’est comme ça. Je peux améliorer les choses au lieu de les empirer en ne soyant pas violente, en soyant au maximum sécurisante. Mais pour autant, intrinsequement, il a son propre fonctionnement, sa propre façon de comprendre et de penser, parce que c’est un humain. Et peut être que certain points vont foirer. Et peut être que d’autre vont réussir. Mais JAMAIS je n’accepterais de prendre ma part de culpabilité pour ça.

Moi mon job, et le votre, c’est d’accompagner mes enfants sur le chemin de l’âge adulte, au mieux, et en prenant en compte le fait que ce sont des individus uniques.

Alors oui, si vous ne savez pas vers où aller, si la seule éducation que vous connaissez c’est l’humiliation et la torgnole, lisez ce livre, il vous donnera des clefs. Mais rappelez vous : vous n’êtes ni fautifs de tout, ni responsable de tout. Vos enfants restent des individus uniques.

Et vous?

Vous avez des bibles éducatives?

Informations :

Parution : 18 avril 2019

Édition : Plon

160 pages

Merci Plon et Netgalley!

Romans

Anomalie – Julie Peyr

Parce qu’il fait beau, parce qu’on a juste envie de piquer une tête dans une piscine, n’est-ce pas?

Ce que ça raconte :

Mehdi a 34 ans, et il se souvient. Pour comprendre à quel moment le grain dans la machine a fait capoter sa vie. Quelle est l’anomalie? Alors il retourne en 1985, avec ses parents adoptifs, sa sœur qui prend trop de place, et cette fille qui débarque de nulle part.

Ce que j’en pense :

Une anomalie, ce livre. Parce qu’il se trouve à l’intersection des livres que j’adore et de ceux que je déteste. Parce que je l’ai dévoré en quelques heures en me disant stop arrête c’est trop. Parce que le début a l’air d’une chronique d’une pré-adolescence banale des années 80, et puis une petite anicroche dans le récit et tout bascule dans le moins banal.

L’autrice croque tellement bien la pre adolescence, puis l’adolescence, et puis tout le reste aussi d’ailleurs. Le monde intérieur de chacun qui s’affiche, les peurs, les attentes, les failles, le désir. On pourrait presque se dire « oh mais, c’est nous, c’était nous ». Mais j’espère que ça n’était pas vous. Parce que sous ces tout petits airs d’anomalie, c’est la violence, c’est l’angoisse, c’est la tristesse, la disparition, le malheur qu’on tente comme on peut de fuir.

Pas de poésie, pas d’ellipse, ici les choses sont dites, et sont vécues. Et si tout semble commun, il restera ces petites anomalies, qui ont tout abimé. Et qui m’ont mise dans cette indécision. Ai-je aimé, ou pas? En fait, oui. Mais malgré tout, j’ai moi aussi été un peu abîmée…

Et vous,

Quels sont les livres qui vous ont laissé dans cet entre-deux, ceux dont on n’arrive pas a décider si on les aime ou pas?

Informations :

Parution : 23 août 2018

Éditions : des équateurs

301 pages

Feel-good·Romans

Bon rétablissement – Marie-Sabine Roger

Comment? Ce blog n’est pas moribond? Quelqu’un est toujours présent derrière le clavier? Oui oui, je suis là. Un mois et demi sans lecture, mais je suis revenue. Que voulez-vous, j’essayais de devenir bilingue en anglais, ça prend du temps! ( Soyons réaliste…Y’a encore du boulot!)

Quoi qu’il en soit, je suis revenue, et prête à recommencer mes partages de lectures. Pas récente pour celle qui suit, mais tant pis, on fera comme si!

Ce que ça raconte :

Jean-Pierre, veuf, sans enfant, bourru, solitaire, se retrouve à l’hôpital après un accident. Il ne se souvient plus de rien, mais va se retrouvé bloqué, convalescent. Et étrangement, il va rencontrer bien plus de monde pendant ces quelques mois que ces dernières années. Heureusement, la vie est bien faite, et parfois, elle donne un sacré coup de pied à l’égoïsme et à la solitude qu’on croit avoir choisie…

Ce que j’en pense :

Je croyais ne pas connaître cette auteur, mais c’était faux. C’est l’autrice à l’origine du livre adapté en film avec Gérard Depardieu « la tête en friche », que j’avais bien apprécié. Je partais donc avec un a-priori positif, et j’ai été totalement satisfaite. Dans cette mode des livres « feel-good », on se retrouve parfois avec de la littérature facile, cousue de fil blanc, un peu d’humour, et même si ça détend certainement, on pourrait presque se dire qu’en lire un c’est en lire 10.

Ca n’est pas le cas ici. Je ne dis pas que ce livre rend malheureux, bien loin de là (ça serait quand même dommage de choisir spécifiquement un livre « positif » si on en ressort à chercher une corde, n’est-ce pas…). Mais la maîtrise de l’humour, des personnages avec leur bon côté, leurs failles, le fait que l’on ne puisse pas forcément deviner à l’avance quels seront leurs choix, leurs orientations, m’ont rendu ce livre encore plus agréable que prévu à lire.

Et l’écriture est agréable, un rythme essentiel, surprenant pour un livre qui consiste surtout en un monologue intérieur écrit au présent. Mais cela rend le personnage principal éminament sympathique, malgré toutes ses tentatives de nous convaincre que c’est un mauvais homme. Tu penses, tiens!

Alors si vous voulez changer de ces éternels livres « feel-good », si vous avez aimé les livres d’Aurélie Valognes en regrettant un peu trop de facililté parfois, n’hésitez pas, celui-ci est encore mieux, promis!

Et vous,

Vous connaissiez cette autrice? Si oui, vous en avez d’autres à conseiller?

Informations :

Parution : 10 mars 2012

Editions : du Rouegue

Nombre de pages : 208 p.

Romans·Service presse

L’âme du violon – Marie Charvet

Pour une fois, un livre que j’étais impatiente de lire dès que la maison d’édition en a parlé!

Ce que ça raconte :

Giuseppe est luthier pour le maître Maggini, en Italie il y a fort longtemps. Lazlo est fils du voyage, musicien, vers 1920. Lucie est artiste en difficulté, de nos jours. Et Charles est un PDG à qui tout réussi mais qui a perdu l’étincelle que lui procurait la musique. Et il y a le violon…

Ce que j’en pense :

Beaucoup ont encensé « la tresse »de Laëtitia Colombani, ces derniers temps, ce livre est un peu construit de la même manière. En plus complet, parce que je trouvais que l’autre était vraiment…léger.

L’ennui est que j’ai eu un peu de mal à me situer sur quelques chapitres, entre ces personnages et époques différentes. Mais c’est parce que je l’ai lu en plusieurs fois, ce qui m’arrivent rarement comme vous avez pu le remarquer. Une fois que j’étais dedans, j’avais très envie de savoir ce qui allait arriver aux différents personnages, et puis, surtout, quel était réellement le lien entre tous. Étrangement, ce lien devient totalement secondaire au fil de l’histoire, on est heureux d’avoir une réponse à nos questions, mais ça n’est pas une grande révélation, juste la dernière pièce du puzzle qui permet de se dire « ah, tiens? Il est fini! », et c’est bien agréable.

En revanche, alors que ça m’arrive rarement, je trouve qu’on ressent que ce livre est un premier roman. Je ne dirais pas que l’autrice utilise de grosses ficelles ni qu’il y a de grandes maladresses, absolument pas, il est bien écrit. Mais on sent aussi une marge de progression, et je pense que le second sera encore meilleur. C’est une bonne nouvelle, parce qu’écrire un chef d’œuvre du premier coup tue parfois l’ambition dans l’œuf. Là, un premier roman maîtrisé, c’est la porte ouverte à d’autres histoires, et je n’attend que ça!

Et vous,

Vous y faites attention, à ces histoires de premier roman?

Informations :

Parution : 3 avril 2019

Éditions : Grasset

Nombre de pages : 272p.

Merci Grasset et Netgalley!

développement personnel·Romans

Félix et la source invisible – Eric-Emmanuel Schmitt

Autant prévenir tout de suite je ne suis pas très au fait de cet auteur dont je n’avais lu jusqu’à présent qu' »Oscar et la dame rose ».

Ce que ça raconte :

Félix, 12 ans, vit heureux avec sa mère, propriétaire d’un café à Paris. Jusqu’à ce que celle-ci s’absente d’elle-même. Comment la faire redevenir elle? Grâce aux marabouts? Ou faudra-t-il retourner sur ces racines africaines?

Ce que j’en pense :

D’après ce que j’ai lu, ce livre fait partie d’une série de courts romans qui explorent la spiritualité. Celui ci se consacre donc à l’animisme.

J’ai donc eu du mal sachant ça à savoir par quel bout prendre ce livre. C’est un gentil roman, très agréable à lire, à lire très vite d’ailleurs puisqu’il ne recèle aucune difficulté ni dans l’écriture ni dans l’histoire. C’est d’ailleurs pour ça que je l’avais choisi après avoir lu l’extrait publié dans le magazine « Lire », il paraissait être agréable et plein d’humour. C’est le cas. Peut être très caricatural parfois, sur les personnages, sur le déroulement, mais je dirais que c’est voulu, une sorte de conte philosophique qui met l’histoire à son service

Le problème c’est la dimension « réflexion sur la spiritualité ». Bien sûr c’est intéressant de se pencher sur cet animisme, sur la présence d’une âme dans toute chose, mais j’aurai aimé un peu plus. J’ai aimé rire au début, j’ai aimé ces « marabouts ficelles » qui te détroussent te faisant croire qu’ils peuvent tout et n’importe quoi, et surtout n’importe quoi. Mais tout le passage en Afrique est tellement court, comme si l’histoire s’arrêtait alors qu’elle commençait à peine. Mais ça aussi, j’ai bien l’impression que c’est un choix de l’auteur. Je ne pourrais donc pas le lui reproché si c’est une démarche de cycle.

Malgré tout voilà, je vous le conseille, à condition de ne pas chercher à l’intérieur ce qu’il n’est pas : ça n’est pas un roman ardu, intense, rempli de recherche et de référence difficilement accessibles. C’est un aimable roman agréable, qui, si vous le souhaitez, peut vous amener à vous poser quelques questions sur votre vision des choses. Si vous le souhaitez seulement, vous ne l’abimerez pas à ne pas le faire!

Et vous,

Vous avez lu des livres de ce cycle? Un à conseiller plus que d’autres?

Informations :

Parution : 2 janvier 2019

Éditions : Albin Michel

Nombre de pages : 234p.